Quel stress : trois positifs à la COVID à bord du vol à l’aller... mais aucun dans son équipe.
Alors que les Jeux approchaient à grands pas, Hazel Kennedy se répétait à elle-même : si nous arrivons à passer l’aéroport et à entrer dans le village, tout ira bien.
Hazel Kennedy, qui occupe pour la deuxième fois le poste de cheffe de mission pour l’équipe zambienne, est - au bas mot - une administratrice expérimentée. Ancienne secrétaire générale de CNO, elle a également été, pendant des années, membre de la commission exécutive de la FIH, la Fédération Internationale de Hockey.
Elle ne se laisse pas décontenancer facilement. En revanche, la COVID, avec son lot d'incertitudes, c’est une autre affaire. « De toute évidence, avant les Jeux, notre principale préoccupation au sujet des athlètes était de s’assurer qu’ils allaient bien », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Nous avons eu quelques frayeurs, par exemple, lorsque quelqu’un attrapait un rhume, on se demandait si cette personne allait se rétablir. Sans parler des exigences des Japonais, telles qu’on a fini par prendre peur et se demander comment les choses allaient se dérouler. La période avant les Jeux a été particulièrement stressante ».
Enfin, le moment de décoller pour le Japon est arrivé. Oh, non. Trois passagers à bord du même vol pour Tokyo que Hazel Kennedy et sa délégation ont été testés positifs à la COVID.
Heureusement, aucun d’entre eux ne faisait partie de l’équipe zambienne. « C’était terrifiant », a-t-elle affirmé.
Le métier de chef de mission, généralement soutenu par des manuels et des directives, comporte de nombreuses facettes, telles que celles que nous venons d’évoquer, dont une grande partie doit être gérée sur le tas, comme ce fut particulièrement le cas pour Tokyo.
Hazel Kennedy a occupé le poste de cheffe de mission pour la première fois à Athènes, en 2004. Elle était novice, admet-elle aujourd’hui : « La première chose que j’ai apprise était que j’avais beaucoup à apprendre ». Notamment : « Je caressais l’idée d’y aller en tant que simple administratrice et qu’il fallait juste diriger les troupes, mais ce métier est bien plus complexe. J’ai appris que je devais apprendre à connaître et comprendre les personnes sous ma responsabilité plutôt que me contenter de les superviser ».
Certaines leçons ne s’oublient pas. Par exemple : un malentendu concernant le temps d’entraînement des boxeurs. Elle a supposé que l’entraîneur savait ce qu’il était censé faire. « Ni lui, ni moi n’avons tenu compte du fait que j’étais une novice », admet-elle aujourd'hui.
Autre exemple : alors que tout semblait aller pour le mieux à Athènes, un membre du ministère a formulé cette remarque : « Je viens de constater une chose concernant la cheffe de mission. Elle n’est pas régulièrement au contact avec les athlètes. Elle est trop occupée à s’assurer que tout est bien organisé ! »
Hazel Kennedy, aujourd’hui âgée d’une soixantaine d’années, s’est mise à rire. « On aimerait bien pouvoir soulever des montagnes ». Elle marque une pause. « J’ai grandi, vous savez. Cette personne m’a aidé à grandir ».
L’équipe zambienne a finalement réussi à rejoindre le village de Tokyo et ce qui s’est produit avec les trois cas positifs à bord du vol à l’aller a pu leur servir de leçon. Lorsque Hazel Kennedy a dit à ses athlètes : « Portez un masque », ils se sont exécutés sur-le-champ.
Elle ajoute : « Ce qui s’est passé leur a certainement fait prendre conscience de l’importance de porter un masque et de faire attention. Quand on est jeune, on peut avoir l’impression que certaines personnes cherchent à nous rendre la vie difficile ».
Comme Hazel Kennedy l’avait prédit, une fois dans le village, tout s’est plus ou moins bien passé : « Rendons justice à l’équipe, nous n’avons pas eu de problèmes majeurs ».
Tokyo étant désormais de l’histoire ancienne, elle peut regarder en arrière avec un profond sentiment de satisfaction : « À mon sens, le simple fait que les Japonais aient tenu les Jeux Olympiques relève de l’exploit. Après le report, nous en étions arrivés à un point où je n’imaginais pas que les Jeux puissent avoir lieu.
Voir qu’ils ont travaillé si dur pour qu’ils se tiennent - c’était magique ».