Argentine : un programme de gestion pour provoquer un réel changement – et ouvrir les esprits
En tant que membre de l'équipe masculine de basketball argentine, Fabricio Oberto a remporté une médaille d’or à Athènes en 2004, puis une médaille de bronze à Beijing en 2008. Aujourd’hui ? Cofondateur d’une équipe d’e-sport, il a récemment aidé à organiser une formation sur le sujet pour le programme MOSO du Comité National Olympique argentin. MOSO est l’acronyme du livre sur lequel les cours sont basés (Managing Olympic Sports Organisations) et correspond en Argentine aux cours avancés en gestion sportive de la Solidarité Olympique.
Par le biais du MOSO, Elena Iñiguez a créé le premier championnat national de patinage artistique d’Argentine. Elle a ensuite rédigé un projet de manuel des opérations. Aujourd’hui ? Elle travaille pour l’Union internationale de patinage.
Diego Martin Adrover a évolué pendant des années dans le tir à l’arc. Grâce au MOSO, qu'il qualifie comme « une expérience sans pareil et très enrichissante », il a pu élaborer un plan stratégique pour ce sport. Aujourd’hui ? Il est président de la Fédération argentine de tir à l’arc.
Le MOSO — qui, comme son nom l’indique, vise à améliorer la gestion — est loin d’être propre au COA, le Comité National Olympique d’Argentine.
Mais le COA offre un brillant exemple de l'excellence des résultats que le MOSO peut produire, celui-ci ayant formé des centaines d'acteurs du changement aujourd’hui impliqués dans des Fédérations nationales ou d’autres organismes. Tous semblent accorder le crédit de cette réussite à sa directrice, Silvia Dalotto-Marcó.
Son mantra : « Nous essayons de rester réalistes et de réellement changer les choses »
Silvia Dalotto-Marcó est une athlète inscrite à l’International Marathon Swimming Hall of Fame, qui dirige depuis 2014 le MOSO d’une main douce, mais ferme. Chaque année, le programme accueille entre 40 et 50 candidats ; environ un quart d'entre eux abandonnera. « À mon sens, il y a deux façons de procéder », explique-t-elle. « Vous pouvez agir pour faire bouger les choses. Ou vous pouvez vous contenter de parler. Suivre le programme MOSO, c’est être prêt à travailler à la dure. Nous allons au-delà des attentes de la Solidarité Olympique ».
En ce qui concerne les attentes de la Solidarité Olympique, son message est clair : « À la différence d’autres programmes de gestion sportive, l’objectif final du MOSO dispensé en Argentine n’est pas seulement de présenter une belle publication. Il ne s’agit pas de rédiger un dossier rempli de citations, d’auteurs et de commentaires. Si vous ne pouvez pas mettre sur pied un projet réalisable visant à faire bouger les choses, que ce soit au niveau de la direction ou de l'institution, ce cours n’est pas fait pour vous. Peu importe qu’il soit majeur ou mineur : il doit y avoir du changement ».
Chaque étudiant pourra soutenir son dernier projet lors d’une présentation orale de 10 minutes. Rien de plus. Et pas une seconde de plus. « Tout doit être clair dans votre esprit », explique Silvia Dalotto-Marcó. « Exercez-vous. Soyez clairs. Soyez concis. »
Ceux qui ont terminé la formation ne tarissent pas d’éloge au sujet de Silvia Dalotto-Marcó, sur les deux tuteurs qui l’épaulent ou sur le programme en général.
« Aujourd’hui, je trouve plus facilement des solutions. Grâce à ces outils, je pense d’une manière différente », a déclaré Juan Ignacio Ugliarolo, para-surfeur ayant suivi le programme il y a deux ans. Aujourd’hui ? Il est éducateur sportif reconnu à l'échelle nationale.
« La capacité de la directrice et de l’ensemble de l'équipe à se réinventer pour mener le cours à bien est simplement incroyable, et constitue en elle-même une expérience d’apprentissage, » explique Javier Eduardo Vijande Penas. Par le biais du MOSO, il a créé une licence pour les clubs affiliés à l’association nationale de football. Il a également ajouté : « la manière d’aborder chaque situation est applicable à tous les projets que nous pouvons imaginer. »
« Le programme a eu une réelle influence sur moi », a affirmé Lautaro Moreno, « et je leur serai éternellement reconnaissant pour les outils qu’ils m’ont transmis et que je peux aujourd’hui utiliser en tant que manager sportif. » Lautaro Moreno a abandonné le cours en 2017. Mais il est revenu pour le mener à terme en 2020.
Il conclut par ce qui est sans doute le plus beau compliment que peut recevoir un programme de ce type : « Ils m’ont ouvert l’esprit ».