Faire le buzz – avec un peu de bon sens, vous pouvez, vous aussi, vous imposer sur les réseaux sociaux
Depuis déjà des années, dans toutes les organisations sportives, l'un des objectifs est d’être présent sur les réseaux sociaux. Vous voulez toucher les adolescents ? Les jeunes dans la vingtaine ? Ces jeunes si prisés ? Soyez présents sur les réseaux sociaux ! La douche froide vient souvent de dirigeants pourtant chevronnés : nous ne savons pas comment nous y prendre. « Chevronnés », sous-entendu de toute évidence que ces personnes ont plus de 40 ans.
Comment être présents sur les réseaux sociaux ? Voici quelques précieux conseils, formulés par Michelle Chai, Directrice des opérations du Conseil olympique de Malaisie, fin de la quarantaine, et qui se considérait avant Tokyo 2020 comme tout sauf une experte en la matière : « Nous communiquions ce que nous [le Comité National Olympique] voulions communiquer, au lieu de ce que les fans voulaient savoir. C’est cette tendance que nous avons simplement dû inverser », ce qu’a fait le CNO pendant les Jeux de Tokyo, et qui a donné des résultats incroyables. « Pour moi, c’était simplement une question de bon sens ».
Un atelier du programme Digital Accelerator de l’ACNO a évalué l’amélioration des performances de 204 CNO lors des Jeux de Tokyo et déterminé que le Conseil olympique de Malaisie se classait à la première place du podium général — avec une croissance de 488 pour cent. Croissance absolue : plus 44 500. Sur Facebook, le Conseil olympique de Malaisie s’est élevé à la première place du classement (c’est à dire la croissance la plus élevée) ; n° 2 sur Instagram ; n° 7 sur Twitter.
Quelques chiffres bruts, avant et après les Jeux de Tokyo :
- Facebook : 8 880 - 59 300
- Instagram : 1 500 - 16 500
- Twitter (2 800) - 6 200
Une augmentation de 488 pour cent est-elle un argument à mettre en avant auprès des sponsors ? La réponse coule de source.
La stratégie du Conseil olympique de Malaisie pour Tokyo : se concentrer sur les 30 athlètes nationaux, en publiant leurs calendriers, leurs résultats, des citations et, très importants, des vidéos. « Notre plus grand succès a été notre suivi des gymnastes du pays », explique Michelle Chai. « En racontant leurs histoires, nos athlètes sont devenus plus humains ».
Le projet s'est appuyé sur des modèles prêts à l’emploi. Mettons qu’un athlète remporte une médaille. Le modèle — quelque chose comme « Victoire de la Malaisie ! » — peut être immédiatement appliqué sur une photo ou une vidéo.
Un conseil plein de bon sens : les CNO peuvent se rendre là où les médias accrédités sont interdits. C’est-à-dire dans les coulisses. C’est-à-dire obtenir des informations et des contenus exclusifs. C’est-à-dire exactement ce que veulent les fans. Et à quel prix ? Un téléphone portable. Un trépied. Et voilà !
Deux étudiants d’une université locale ont pris en charge une grande partie du travail en aval. Pour deux raisons : 1/ ils étaient à même de comprendre les réseaux sociaux, étant donné qu’ils font pleinement partie de leur génération et 2/ ils étaient tout simplement ravis d’apporter leur aide. Et ils ont sans doute traité une grande partie des photos et vidéos de Tokyo. Le CNO n’a remboursé les vols que de deux photographes accrédités.
« Nous manquions tout simplement de ressources », explique Michelle Chai. « Nous avons dû nous montrer plus créatifs. Nous avons dû exploiter à 100 % toutes nos ressources ».
Les ateliers de l’ACNO sur les réseaux sociaux ont « vraiment aidé » le CNO. Et, pour ceux qui avanceront certainement que chaque CNO est différent, nous sommes bien d’accord. Il est évident que le CNO du Brésil est différent de celui du Sénégal, lui-même différent de celui de la Malaisie, etc. – « Mais lorsque vous regardez ce que les autres CNO font, vous pouvez vous inspirer de leurs idées en piochant à par-ci, par-là ».
Où que l’on soit, les bases restent les mêmes : l’important, ce sont les athlètes et la manière de raconter leurs histoires.
« Tout le monde n’était pas convaincu que nous devions changer notre manière de procéder », a précisé Michelle Chai, en parlant d’avant les Jeux de Tokyo, alors que l’essentiel de la présence du Conseil olympique de Malaisie sur les réseaux sociaux se résumait à de banales annonces. Après les Jeux, les résultats parlent d'eux-mêmes : pour ce CNO comme pour tous les autres, ce qui compte, c’est de se concentrer sur les athlètes et sur leurs histoires.
« Nous avons été vraiment ravis quand nous avons commencé à voir les résultats. Et quand nous avons pu dire à ceux qui doutaient de nous « nous avons fait les choses différemment. Et ça a porté ses fruits” ».