Panama : un bureau pour la pratique du sport en toute sécurité, à la fois porte-parole et lieu d'écoute
Eileen Coparropa est probablement l’athlète olympique du Panama la plus célèbre de notre époque. Non seulement pour avoir participé à trois Jeux Olympiques consécutifs — en 1996, 2000 et 2004 — mais aussi pour avoir été le porte-drapeau de son pays lors de ces trois éditions.
Ainsi, lorsque Damaris Young, avocate du sport, a été la première femme à être élue présidente du CNO du Panama en mai 2021, elle s’est tout naturellement rapprochée de l’ancienne nageuse olympique, qui occupe aujourd’hui un poste de direction pour une chaîne de cafés connue dans le monde entier.
La question de Damaris Young était simple : quelle doit-être notre priorité ? Réponse d’Eileen Coparropa : s'il y a bien une chose que vous devez faire, c'est de créer au plus vite un bureau chargé de la protection.
« Pour faire simple, nous avons donc cherché à regrouper dans un même bureau tout ce qui pourrait être utile » a déclaré Damaris Young. Les missions de ce bureau ? Sensibiliser afin de dissuader, voire même d’empêcher, les abus et le harcèlement sexuels.
Mais également créer un environnement dans lequel les athlètes, les entraîneurs et les autres parties prenantes peuvent explorer de manière constructive les problèmes touchant à la santé mentale. Le « Bureau pour une pratique du sport en toute sécurité relevant du CNO du Panama » dispose de sa propre directrice à temps plein, Maria Carla Sayavedra. « Elle est dorénavant conviée à parler de ces problèmes » explique Damaris Young. « Maintenant, nous avons une voix. Nous sommes une voix. »
Cette initiative du Panama est née en parallèle d’une attention renforcée du CIO — à travers un groupe de travail sur la « prévention du harcèlement et des abus dans le sport » — concernant l’aide à apporter aux CNO et aux Fédérations Internationales pour élaborer des politiques de prévention du harcèlement et des abus.
De bien belles paroles ? Bien entendu. Mais dans un pays comme le Panama, où le CNO doit se porter garant de toutes les activités (car il ne bénéficie d’aucun fonds du gouvernement), comment déterminer quelles priorités sont vraiment prioritaires ?
« Nous devons réellement suivre une approche stratégique », explique Damaris Young. Ce qui souligne d’autant plus l’importance de l’initiative du Panama pour une pratique du sport en toute sécurité. « Nous avons eu un impact... et nous avons fait bouger les choses », ajoute-t-elle.
Selon Damaris Young, d’ici la fin de la deuxième année d’existence du bureau, les responsables espèrent toucher 1 000 personnes liées au monde du sport au Panama, par le biais de divers ateliers – lors des Jeux sud-américains de la jeunesse, des Jeux panaméricains de la jeunesse, des Jeux boliviens, des Jeux d'Amérique du Sud, des Jeux d'Amérique centrale et enfin, des Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes.
« Chaque fois que nous enverrons une délégation, ses membres viendront au bureau pour la pratique du sport en toute sécurité du CNO afin que nous leur expliquions, par exemple, ce que signifie vraiment le concept de « consentement », explique Damaris Young.
Un sérieux progrès ? Irréfutablement. La route est-elle encore longue ? Sans l’ombre d’un doute, notamment en ce qui concerne la prochaine phase du projet : établir une procédure judiciaire. Selon Damaris Young, l’Assemblée nationale du Panama réfléchit actuellement à une mesure visant à mettre en place une telle procédure.
Ce qui ne veut pas dire, comme elle le souligne, que le bureau pour la pratique du sport en toute sécurité n’est qu’un simple premier pas dans la bonne direction. Il joue un rôle crucial. « À mes yeux, ce bureau revêt une importance primordiale. Il a tout d’abord permis de sensibiliser à l’idée que si quelque chose n’est pas normal, il faut en parler. Ensuite, les personnes concernées savent désormais où se rendre le cas échéant. Aujourd’hui, tout le monde sait une chose : il existe un endroit où l'on écoute ce que j'ai à dire »