Le camp d'entraînement préparatoire aux Jeux de Panam Sports est une réussite sur toute la ligne, tout le monde y gagne
Sur quelles données s’appuyer pour mesurer le succès du camp d’entraînement préparatoire aux Jeux Olympiques, établi par Panam Sports à Tachikawa, à l’ouest de la capitale japonaise ?
Sur des chiffres ? Bien sûr : 133 athlètes, 26 CNO, quatre sports (judo, natation, athlétisme, volleyball de plage), ce qui en fait probablement l’un des camps les plus diversifiés de ces derniers temps.
Les chiffres ne suffisent pas ? Abordons la question des cœurs et des esprits. À ce sujet, Ivar Sisniega, triple champion olympique (1980, 1984, 1988) de pentathlon moderne, devenu ministre chargé des sports au Mexique et, depuis 2017, secrétaire général de Panam Sports, a déclaré : « C’était une situation gagnant-gagnant ».
Bien évidemment, l’idée de mettre en place un camp, plus particulièrement un camp d'entraînement préparatoire aux Jeux, n’est pas une nouveauté. Il est monnaie courante que les pays les plus grands en organisent.
En revanche, monter un camp d'une semaine, en mettant l'accent sur les petits pays, en pleine pandémie... La tâche n’a pas été facile.
Un homme d’affaires local, Masamichi Murayama, de Tachihi Holdings KK, a collaboré avec l’association.
Quelques points forts :
— Le champion olympique grenadien au 400 mètres, Kirani James, a participé à une course amicale avec l’un des membres du personnel de Panam. Celle-ci était organisée par Harvey Glance, médaillé d’or au relais 4x100 m pour les États-Unis à Montréal en 1976 et qui, en qualité d’entraîneur, a ensuite dirigé un programme d’athlétisme largement couronné de succès à l’université d’Alabama, dans le cadre duquel il a entraîné, entre autres athlètes, Kirani James. Qui a remporté cette course amicale ? Eh bien, c’est Kirani James. Qui reçoit encore aujourd’hui des appels et des messages de Harvey Glance ? Le personnel de Panam Sports.
— Qu’en était-il des installations et de la restauration ? « Tout était incroyable » a pu les qualifier Leila Martinez, joueuse cubaine de volleyball de plage. « L’ambiance était très bonne, tout le monde était très sociable... La nourriture était délicieuse, variée et saine. Je me suis fait quelques buffets avec un peu de tout ce qui était proposé ».
Secret : des bonbons américains étaient mis à la disposition de tous dans la zone de repos. Quelques-uns ont-ils été emportés à l’hôtel ? Chut.
— Citons également la visite dans une école locale, Ishikawa-gakuen Kobato, où les enfants avaient passé des mois à fabriquer des panneaux de bienvenue et à décorer leur école avec des œuvres d’art, à organiser des courses de relais dans leur petit gymnase et à réaliser des vidéos sur leurs invités venus de très loin ?
Les enfants, masqués, agitant des drapeaux et applaudissant, ont dû rester dans une file de bus scolaires colorés le jour de l’arrivée des athlètes et des entraîneurs, en raison de la pandémie. Sous la pluie. La pluie dissimulant peut-être quelques larmes.
« C’était vraiment touchant. J’ai adoré », a déclaré Emilie Grand’Pierre, nageuse défendant les couleurs d’Haïti. « Quelle joie de voir ces enfants là-bas. J’en suis encore plus heureuse d’être ici, et encore plus prête pour la compétition ».
Selon Ivar Sisniega, tout s’est tellement bien passé, que des travaux sont en cours pour mettre sur pied un camp Panam Sports préparatoire aux Jeux de Paris 2024, encore plus grand et mieux organisé, qui sera situé à Mulhouse, en France, non loin de la frontière suisse : 400 athlètes et entraîneurs, 35 pays.
Quand tout le monde est gagnant, a-t-il ajouté, il est normal de vouloir reproduire l’expérience, en plus grand et en mieux. Ce camp préparatoire aux Jeux de Tokyo n’était pas une simple illustration de la solidarité dans toute sa diversité, il a révélé sa véritable nature, « avec Panam Sports et le CIO aidant les athlètes, mais aussi les athlètes et les entraîneurs soutenant les athlètes de pays qui n’étaient pas les leurs ».