Et ensuite ? Un diplôme et une nouvelle philosophie pour une quintuple championne olympique

Personne n'est à l'abri du temps qui passe. Les Olympiens ne font pas exception. La joueuse de tennis de table nigériane Bose Kaffo a participé à cinq éditions des Jeux Olympiques, de 1992 à 2008. Aux Jeux de Pékin, elle était la porte-drapeau de son pays. Que s’est-il passé après, une fois la vasque éteinte ?

4 min lecture|
OS-2021-Nigeria-featured
© IOC

Comme elle l’a si bien dit : « la question qu’il faut se poser est plutôt de savoir ce que vous avez envie de faire après avoir mis un terme à votre carrière sportive. Il est important de trouver votre voie, un domaine professionnel dans lequel vous seriez compétent ou compétente et ce que vous souhaitez faire valoir ». Elle s’est aperçue qu’elle n’était pas uniquement définie par le tennis de table. Elle était bien plus que ça. Tellement plus.

C’est alors qu’elle a découvert un programme unique en son genre, intitulé MAiSI, un master axé sur l’éthique dans le domaine du sport. La Solidarité Olympique, par le biais de son unité chargée de l’entourage des athlètes, soutient ce cursus dispensé dans six universités en Europe. Grâce à une bourse de la Solidarité Olympique, Bose Kaffo a obtenu son diplôme en 2021, avec une spécialisation dans la gouvernance du sport pour personnes en situation de handicap.

© Bose Kaffo

Elle est devenue membre de la Commission des Sports de l’État de Lagos quelques mois avant d’obtenir son diplôme. En 2022, elle s’est présentée aux élections pour devenir vice-présidente de la Fédération nigériane de para-natation et a remporté le vote.

Pour elle, le ton était donné : « Comment puis-je mettre à profit les enseignements de ce programme pour faire la différence ? »

Être nommée à un poste convoité - ça se fête, assurément. Mais remporter une élection dans un milieu dominé par les hommes ? Au niveau de la fédération, cette victoire peut contribuer de manière significative à la dynamique du changement. Durant sa campagne, Bose Kaffo avait été claire sur le fait que « ses études en éthique et gestion intégrée lui avaient permis de comprendre les tenants et les aboutissants de la gouvernance ».

Elle a également ajouté ultérieurement : « Être une femme ne veut pas dire que je suis faible. Cela signifie que je comble une lacune ». Le tennis de table et la gouvernance du sport pour personnes en situation de handicap peuvent vous paraître deux mondes totalement éloignés,

mais ce n’est pas le cas. De quoi avez-vous besoin pour jouer au tennis de table ? Il faut des raquettes, une balle, un filet (une planche ou même des boîtes peuvent faire l’affaire) ainsi qu’une table pour jouer, qui peut être remplacée par presque n’importe quoi, par exemple une porte, une table (évidemment), une planche en contreplaqué (facile à se procurer dans le monde entier), des bureaux d’école accolés, tout un tas de choses.

De même, quels obstacles vestimentaires le tennis de table peut-il représenter, pour les filles et les femmes en particulier ? En principe, aucun.

Autrement dit, le tennis de table est inclusif. Lorsque, comme Bose Kaffo, vous avez l’habitude de voir le monde à travers le prisme de l’inclusion et que vous disposez de deux ans pour travailler sur votre avenir, il est sans doute normal de regarder autour de vous, de vous pencher par exemple sur la question du sport pour les personnes en situation de handicap, et de vous demander, premièrement, ce que signifie « handicapé », deuxièmement, quelle gouvernance est en place dans le sport pour les personnes atteintes de handicap et, plus important encore, quelles structures de gouvernance devraient être instaurées ?

Les défis - et les opportunités - à venir sont bien réels. Par exemple : la nécessité d'organiser un séminaire de formation pour éduquer les nageurs en situation de handicap, une première au Nigeria. « Vous devez commencer par là avant d’exiger de vos athlètes qu’ils aient les mêmes connaissances », a-t-elle déclaré.

Autre exemple : un para-nageur de haut niveau sait déjà nager, cela ne fait aucun doute. Mais qu’en est-il d’une personne en situation de handicap qui aimerait apprendre à nager ? Quelles règles, politiques, directives devraient être mises en place pour assurer entre autres, sa sécurité et la cohérence de son apprentissage ?

Elle a également ajouté : « il ne s’agit pas uniquement de décrocher un emploi, ni de se conformer au descriptif de poste. Cela vous transforme. Tout comme vous faites changer les choses dans la région du monde où vous résidez ». Et ensuite ? Elle est très claire à ce sujet : « Vous allez faire du tri, éliminer certaines choses pour les remplacer par d’autres. Elle marque une pause. « Voilà ce que fais ».

Actualités liées