Cap-Vert : un laboratoire de rang mondial en matière d’innovation qui partage volontiers ses expériences

Qui pourrait soupçonner le Cap-Vert, cet état insulaire situé à des centaines de kilomètres à l’ouest de la côte africaine, d’être un laboratoire d'innovation ? C’est pourtant bien le cas.  

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© NOC Cape Verde

Dernière innovation en date : un programme d’escrime.

D’escrime ! Au Cap-Vert ! Certes, avec parfois des tuyaux en plastique pour remplacer les armes et des bouteilles d’eau découpées en guise de masques. Mais pourtant un réel programme de rang mondial, qui a formé des douzaines d’entraineurs, et qui permet à André Pereira, chargé de superviser le programme au quotidien, de recevoir aujourd’hui des vidéos de sessions d’escrime sur son téléphone portable. 

« Comment a-t-il été possible de générer un tel engouement pour l’escrime ? Cela a été une expérience très enrichissante », a-t-il affirmé.

Pour ce qui est d’imaginer et de mettre en œuvre des projets dignes du 21e siècle, le Comité National Olympique du Cap-Vert s’est discrètement imposé comme un leader au fil des ans. Il fait aujourd'hui figure de modèle, que ce soit en matière de pratique ou de partage avec les autres CNO. On lui doit entre autres :

  • le renouvellement en cours de l’équipement informatique ;
  • une refonte du site web en 2018 ;
  • la production, depuis 2018, d’une brochure mensuelle intitulée Olimpicamente;
  • l’utilisation, toujours depuis 2018, de CONPaaS, une plateforme de gestion des relations clients avec 21 autres CNO ;
  • l’organisation d’un congrès pour les pays lusophones en 2021 ;
  • le développement d’un cadre de certification ISO 9001 pour 2021-24.
© NOC Cape Verde

Mais ce n’est pas tout. Depuis 2017, le CNO est activement engagé dans l’organisation de cours pour administrateurs sportifs et, en 2019, il a tenu un cours avancé en gestion sportive. Des programmes qui viennent renforcer les liens et l’esprit communautaire, d’autant plus dans un pays insulaire.

Tout comme d’ailleurs les échanges réalisés par le Comité olympique du Cap-Vert avec, par exemple, des homologues de Sao Tomé-et-Principe, du Mozambique ou de la Guinée-Bissau.

C’est dans cet esprit qu’a été créé le programme d’escrime, placé sous la direction de Leonardo Cunha, conseiller du président du CNO. Pour assurer la réussite du programme, Leonardo Cunha a recruté André Pereira, 39 ans, diplômé de MEMOS, champion de pentathlon moderne portant les couleurs du Portugal, et entraineur d’escrime expérimenté.

La première phase s'est déroulée avec le concours de 43 entraineurs issus de cinq des îles du pays : Santiago, São Vicente, Santo Antão, SaI et Boa Vista.

« Les entraineurs d’escrime doivent travailler certains points techniques en individuel avec chaque athlète », explique André Pereira. « Pour cela, ils doivent eux-mêmes avoir un niveau de compétence élevé dans la pratique ».

Vestes, masques, armes, signalisation... malgré les subventions de la Solidarité Olympique, l’escrime reste un sport coûteux. Dans un premier temps, les armes ont été remplacées par des tuyaux en plastique. Quant aux masques de protection pour les yeux, ils ont été fabriqués avec des bouteilles d’eau.

Ces 43 entraineurs ont pu ensuite initier une centaine d'athlètes, principalement des jeunes enfants, à ce sport.

Lors de la seconde phase, 17 de ces 43 entraineurs, accompagnés de trois collègues ayant suivi un programme en Italie, ont supervisé la première compétition nationale d’escrime.

Aux yeux de Leonardo Cunha, la réussite du programme revient entièrement à André Pereira. Pour sa part, celui-ci a déclaré : « Bien entendu, nous avons eu à essuyer des plâtres. Mais pour moi, ce qui compte le plus, c'est que nous avons pu évoluer dans l’environnement olympique. »

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