Irlande : oser rêver et oser espérer grâce à l’initiative Dare to Believe

Sarah Lavin a participé à l’épreuve du 100 m haies pour l’Irlande lors des Jeux de Tokyo 2020. Quelle surprise donc de la retrouver dans une salle de classe irlandaise, cette même Sarah Lavin qui concourrait aux Jeux Olympiques. De quoi impressionner ! 

4 min lecture|
OS-2021-ireland-featured
© Dare to Believe

Comme l’explique Amy, 12 ans, élève de l'école primaire Holy Rosary à Wicklow, une petite ville d’environ 10 000 habitants au sud de Dublin : « Ça a été vraiment, vraiment cool de rencontrer Sarah Lavin, une Olympienne qui a représenté notre pays. Elle nous a dit qu’elle aussi avait été une enfant, comme nous, qui pratiquait du sport et des activités, et qu’aujourd’hui elle participait aux Jeux Olympiques. Et ça, c’est vraiment cool. »

Tel est l'objectif du programme Dare to Believe, subventionné par la Solidarité Olympique. Ce qui était un programme pilote entame en 2022 sa troisième année scolaire. Dans les années à venir, il est amené à se développer non seulement en Irlande, mais aussi en dehors du territoire, avec une formule où tout le monde est gagnant : les écoliers, les enseignants et, point essentiel, les athlètes.

Dare to Believe est le fruit du rêve de deux amies, toutes deux prénommées Roisin – Roisin Jones et Roisin McGettigan.

Elles ont toutes les deux ont quitté l’Irlande pour se rendre à Providence, dans le Rhode Island — et suivre notamment les enseignements de Ray Treacy, célèbre entraineur d’athlétisme et de cross-country au Providence College. Roisin Jones y est restée le temps d’obtenir son MBA. Roisin McGettigan s’est quant à elle rendue aux Jeux de Beijing 2008, où elle compte parmi les finalistes de l’épreuve de steeple.

Suite à cela, elle a été invitée pendant des années à intervenir dans des écoles. De ses propres dires, elle n'était pas très douée. « Il faut bien le reconnaitre, je n'étais pas assez préparée. » Elle a donc cherché des moyens de pallier le problème : « Nous avons demandé à bénéficier d’un programme. La réponse : silence total ». Le projet est resté en suspens pendant encore quelque temps. « Mais impossible de se défaire de cette idée. Nous étions convaincues de devoir le faire, convaincues de l'importance des personnes qui jouent un rôle de modèle ».

Et c’est là où Roisin Jones entre en jeu. « Il y a ceux qui rêvent » explique Roisin McGettigan, « et ceux qui agissent. Moi, je suis celle qui rêve et Ro, » Jones donc, qui entre-temps avait fait ses armes dans le monde des affaires, « c'est l’entrepreneuse ».

Toutes deux se sont rapprochées du Conseil olympique d'Irlande, qui a été intéressé par leur projet, mais ne disposait pas des fonds nécessaires pour les aider. Elles se sont donc tournées vers la Solidarité Olympique. Verdict : Go !

Comme l’explique Roisin McGettigan, Dare to Believe « consiste à inculquer des valeurs et enseigner le respect », en soulignant que le fondateur des Jeux Olympiques modernes, Pierre de Coubertin, a toujours été convaincu que l’Olympisme devrait avoir une place dans les écoles.

Autre particularité : les athlètes sont rémunérés pour chaque visite. Un budget qui représente une part importante des coûts du programme. Est-ce que cela en vaut la peine ? Sans aucun doute possible. Car si les athlètes sont unanimes quant à leur volonté de donner en retour, il est également important, comme Roisin Jones l’explique, qu’ils « se sentent valorisés ».

© Dare to Believe

La première année, nous avons organisé des visites dans 63 écoles, auprès de 6 000 enfants au total. La deuxième, le programme a été grandement étendu et a dû évoluer dans un contexte de pandémie, pour traiter à la fois des Jeux de Tokyo (reportés) et des Jeux Olympiques d’hiver de Pékin : 46 visites, mais dans 624 écoles, représentant 55 000 élèves. Objectif pour 2022-23 : 100 visites, 500 écoles, environ 40 000 jeunes.

Des chiffres ne qui ne seront pas aussi impressionnants que ceux de l’année précédente, une année exceptionnelle pour avoir vu se dérouler deux éditions des Jeux. Et pour l’année scolaire 2023-24, qui précédera aux Jeux de Paris ? L’objectif est « audacieux », des mots mêmes de Roisin McGettigan : atteindre toutes les écoles d’Irlande.

Depuis février 2021, Roisin Jones est directrice du programme Dare to Believe auprès du Conseil olympique d’Irlande. Elle explique : « Le programme fait découvrir aux enfants un monde dont certains ignoraient peut-être même l'existence, un monde de possibilités. Certains de ces athlètes, » comme Sarah Lavin, « sont considérés comme des super-héros. Ils sont impossibles à atteindre. »

Et pourtant ils sont là. En personne. « Ces héros deviennent une réalité tangible... l’impact auprès des enfants est tout simplement magique. »

Actualités liées