Le bronze, l'argent et maintenant l'or en plus d’un doctorat en ingénierie électrique !
Hugues Fabrice Zango, spécialiste du triple saut du Burkina Faso, a d'abord remporté la médaille de bronze aux championnats du monde d'athlétisme de Doha (QAT) en 2019, puis aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Lors des championnats du monde de 2022 à Eugene (USA), il remporte l’argent.
Hugues Fabrice Zango, spécialiste du triple saut du Burkina Faso, a d'abord remporté la médaille de bronze aux championnats du monde d'athlétisme de Doha (QAT) en 2019, puis aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Lors des championnats du monde de 2022 à Eugene (USA), il remporte l’argent.
Puis, aux championnats du monde 2023, qui se sont déroulés à Budapest (HUN), il décroche l’or, grâce à un saut à 17,64 m lors de son cinquième essai. Une première, pour lui comme pour son pays.
« C'est un bonheur indescriptible ! », a-t-il déclaré.
D'autant plus qu'au début de l'année 2023, Hugues Fabrice Zango a terminé sa thèse de doctorat en ingénierie électrique à l'Université de Reims - dans le nord de la France - où il vit depuis maintenant plusieurs années. Il doit soutenir sa thèse en automne 2023 et aura ainsi l’occasion de décrocher « une nouvelle médaille d’or ».
Après sa victoire, il a expliqué que la bourse de la Solidarité olympique lui avait permis de bâtir cette victoire. En effet, cette bourse lui a permis d’effectuer deux choses simultanément entre les Jeux Olympiques de Tokyo et ceux de 2024 : subvenir à ses besoins de base tout en recherchant des sponsors.
« Je suis vraiment libre, surtout dans ma tête a-t-il déclaré. Cette bourse me permet de me détendre l’esprit. Grâce à elle, je n’ai pas besoin d’être stressé pour me préparer ».
Lors de grands championnats, tout le monde est fort sur le plan physique. Ce qui fait un champion, en fin de compte, c'est ce qui se passe dans la tête. C’est grâce à son mental que Fabrice Zango a remporté l'or.
Dans les mois qui ont suivi les championnats du monde à Eugene, Zango et son entraîneur, l'ancien grand spécialiste français du triple saut Teddy Tamgho, ont étudié sans relâche les concours des rivaux de Fabrice Zango.
« Je n'ai jamais vu un homme aussi motivé », a déclaré Teddy Tamgho.
Ils savaient par exemple que les Cubains Lazaro Martinez et Cristian Napoles réalisaient pratiquement toujours leurs meilleurs sauts lors de leurs premiers essais. Martinez a fait 17,41 au premier essai, Napoles 17,40 au quatrième.
Avant le cinquième essai, Tamgho dit à son protégé : « Détends-toi, tu peux le faire. Tu es prêt. Tu n'as pas besoin d'être stressé. Apprécie simplement, un seul saut suffit pour réaliser ton objectif. »
« Si je saute 17,60 m, je suis champion du monde, se dit Zango. Il suffit de sauter 17,60 m, détends-toi ! »
Objectif réussi : 17,64 m
« Je savais que tu étais capable d’être champion du monde un jour, a déclaré Tamgho. Et maintenant, c'est un cadeau pour toutes ces années de travail acharné. »
Aujourd'hui, Paris 2024 se profile à l'horizon. Mais d’abord, bien sûr, la dernière étape de son doctorat, dont les travaux devraient être particulièrement pertinents dans l’industrie minière ainsi que dans d’autres secteurs.
« J'en rêvais depuis le début de mon doctorat a déclaré Fabrice Zango. Est-il possible de combiner les deux projets ? Est-il possible d'être enfin champion du monde ? Obtenir des médailles, je l'ai fait. Mais être champion du monde et doctorant, c'est quelque chose de fou. »