Yassine Aouich, skieur marocain : « Aller aux Jeux, c’est ma médaille d’or »

Une histoire de résilience et de solidarité

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© IOC - Yassine Aouich leads Team Morocco into the stadium at the opening ceremony of the Beijing 2022 Winter Games

Yassine Aouich n’a rien d’un touriste olympique. Mais bien qu’il soit un skieur aguerri, il avait bien conscience de n’avoir aucune chance de remporter une médaille face à ceux qu'il appelle affectueusement les « grands ». Son rêve à lui : se hisser jusqu’aux Jeux.

Un rêve qu'il a réalisé, malgré un parcours semé d’embuches. Avec peut-être 25 jours d’entraînement hivernal et une échéance angoissante pour tenter d’accumuler des points pour se qualifier. Pas d’entraîneur. Des moyens financiers ? Très peu. Ses skis ? Achetés par ses propres moyens. Sa femme, professeure d’anglais, et son jeune fils ? Au Maroc, à la maison, l’encourageant pendant qu’il parcourait la Bosnie, le Monténégro et le Liechtenstein pour essayer de gagner des points. À cet égard, la bourse olympique a été d'une aide précieuse, en contribuant à alléger les difficultés et en l’épaulant dans son processus de qualification. A-t-il contracté la COVID-19 en cours de route ? Bien évidemment.

Comme il le dit lui-même aujourd'hui : « l’histoire ne serait pas très intéressante si la vie n’était qu’un long fleuve tranquille ».

D’été comme d’hiver, les Jeux Olympiques sont la scène sur laquelle s’expriment la volonté et la persévérance dont l’être humain est capable de faire preuve. Mais pour reprendre les termes du fondateur des Jeux modernes, le baron Pierre de Coubertin, le plus important aux Jeux Olympiques n’est pas de gagner mais de participer, pas de triompher mais de combattre.

Vous voulez du combat ? Nous vous donnons Yassine Aouich.

Au cours des 40 et quelques dernières années, le Maroc a envoyé aux Jeux d’hiver un total d’environ deux douzaines de skieurs alpins.

Yassine Aouich a grandi dans les massifs de l’Atlas, où il pratiquait le ski. Cependant, le ski de compétition n’est encore que très peu connu dans la région, à tel point que le Morocco World News s’est senti obligé, dans un article publié deux semaines avant les Jeux de Beijing, de préciser que le ski alpin est « un sport qui consiste à dévaler des pentes enneigées sur des skis équipés de fixations à talons fixes ».

Yassine Aouich poursuit son rêve depuis une douzaine d’années. Il a participé à des compétitions en Espagne, au Liban, en Türkiye, au Pakistan, en Grèce et en Afrique du Sud. Il a concouru aux championnats du monde. A-t-il décroché une médaille ? Comme il se plaît à le dire : « Le minimum, ce doit être dans les 250 jours par saison... allons bon. Ce sport. Il coûte très cher ! »

Mais un rêve ne doit pas être abandonné. C’est impossible. En terminant septième à un slalom géant tenu à Malbun, au Liechtenstein, en décembre 2021, il décroche suffisamment de points pour se rendre à Beijing : « J’ai prié. Et j’ai pleuré. J’ai la foi. »

Majd Chekroun, directeur des relations internationales du Comité Olympique Marocain, a déclaré que le CNO était « ravi » d’avoir pu aider Yassine Aouich à se rendre à Beijing grâce au programme de bourses de la Solidarité Olympique (marquant la huitième participation du pays aux Jeux Olympiques d’hiver), tout en soulignant que Yassine Aouich lui-même avait fait preuve d’une « motivation incroyable » afin de remporter les points nécessaires pour participer aux Jeux de Beijing.

Yassine Aouich a porté le drapeau marocain lors de la cérémonie d'ouverture. L’épreuve du slalom géant s’est tenue quelques jours plus tard, sous la neige et en plein brouillard. Au portillon de départ, « Je tremblais ». Il prend le départ, passe cinq ou six portes, puis chute. « Je voulais terminer en beauté », a-t-il déclaré. « Je voulais foncer. C'est une course de ski. Tout est une question de temps. Soit vous allez vite, soit vous rentrez chez vous ».

Aucune honte à avoir. La star américaine Mikaela Shiffrin, elle aussi, a chuté aux Jeux de 2022. Tout comme Yassine Aouich. Et alors ?

C'est un skieur en paix qui est arrivé en bas de la piste.

Le simple fait d’être aux Jeux Olympiques, c’est ça ma médaille d’or.
Yassine AouichBeijing grâce au programme de bourses de la Solidarité Olympique

La Solidarité Olympique

La Solidarité Olympique redistribue la part des droits de diffusion des Jeux Olympiques par le biais de programmes offerts aux 206 Comités Nationaux Olympiques. Tous les programmes de la Solidarité Olympique ont pour ambition de développer et promouvoir le sport à travers le monde et d'encourager la participation des athlètes aux Jeux Olympiques.