Transférer les connaissances olympiques, élément essentiel à la réussite des Jeux 

Des bilans aux détachements, l’équipe chargée des services aux athlètes dans le cadre des Jeux aide les futurs hôtes à transformer les enseignements en heritage

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En surface, les bilans des Jeux Olympiques semblent être une procédure relativement simple de collecte d’information et d’analyse. Qu’est-ce qui a fonctionné? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné? Et comment améliorer les choses pour les prochaines éditions?

Mais pour un événement aussi vaste et complexe que les Jeux Olympiques, un tel transfert des connaissances nécessite une planification détaillée et une collaboration efficace pour être couronné de succès.

Au fil des ans, de nombreuses mesures ont été prises pour aider les futurs COJO à synthétiser l’immense quantité d’informations et de données qu’ils reçoivent pour en faire des connaissances gérables et exploitables – mais aussi adaptées à leur édition spécifique, tout en défendant au mieux les intérêts des Comités Nationaux Olympiques (CNO) et de leurs athlètes.

Le processus de bilan d’après-Jeux est certainement le plus important d’entre eux. Le bilan de Paris 2024 a été organisé conjointement par le CIO et l’Association des Comités Nationaux Olympiques (ACNO) les 21 et 22 novembre à Lausanne. Réunissant des représentants d’un vaste échantillon de CNO de différents continents, cette réunion a permis aux futurs COJO d’apprendre non seulement des expériences, des bonnes pratiques et des problèmes rencontrés par Paris 2024, mais aussi des retours formulés par les CNO sur la manière de rationaliser et d’optimiser les niveaux de service.

L’occasion également pour ces futurs COJO de poser des questions cruciales à ceux qui ont déjà vécu l’expérience: 26 CNO représentant tous les continents et des délégations de différentes tailles ont formulé leurs retours sur leur expérience de Paris 2024.

«Pour les futurs COJO, les bilans sont des occasions privilégiées d’écouter pour en apprendre plus de la part des précédents hôtes et du CIO», explique Danielle Lopez, directrice des services aux Comités Nationaux Olympiques et Paralympiques de LA28. «Mais nous y participons également pour demander des précisions du type: ’attendez, quand vous dites ça, que voulez-vous dire exactement? Pourquoi est-ce que ça a été un problème? Si vous pouviez recommencer, que feriez-vous différemment?»

Pour elle, les sujets doivent être examinés en profondeur pour que les futurs COJO puissent évaluer si un problème rencontré par le passé pourra également les concerner. Il est donc crucial de remettre les choses en contexte, ce qui nécessite de poser les bonnes questions au bon moment «pour vraiment tirer profit de ces retours».

L’organisation de groupes de discussion avec les CNO est une autre initiative de transfert des connaissances mise en œuvre par le CIO pendant les Jeux. Les CNO y sont invités à formuler leurs retours sur la planification, la communication en amont des Jeux, les opérations des Jeux, et bien d’autres sujets. Ces sessions permettent de communiquer des informations en direct, qui sont ensuite compilées et analysées pour formuler des recommandations à l’issue de la réunion finale.

De même, il est demandé à tous les chefs de mission de remplir un questionnaire sur les différents services fournis pendant les Jeux par l’équipe des services aux CNO, en collaboration avec l’ACNO. Le département des athlètes du CIO a également distribué un questionnaire distinct qui a permis de recueillir les commentaires des olympiens ayant participé aux Jeux de Paris.

Depuis Londres 2012, l’unité des services aux athlètes dans le cadre des Jeux donne au personnel des futurs COJO l’opportunité d’être détaché auprès du CIO. Ce programme permet au personnel des équipes chargées des services et des relations avec les CNO/ CNP ainsi que de la gestion des villages d’observer les activités quotidiennes au village olympique ainsi que les missions menées par l’équipe du COJO en charge des services aux CNO/CNP.

Le programme permet à l’unité des services aux athlètes dans le cadre des Jeux de montrer aux membres du personnel détachés ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, et de leur expliquer les problèmes rencontrés et les mesures prises pour les résoudre, toujours dans le but d’éviter que des difficultés similaires ne se reproduisent lors de leur propre édition des Jeux.

«Travailler directement avec le CIO dans les coulisses des Jeux m’a permis de bien mieux comprendre comment fonctionnent les équipes et comment la collaboration se passe avec les CNO», explique Antonella Cerasino, responsable des relations avec les CNO d’Europe et d’Afrique pour le comité d’organisation de Milano Cortina 2026. «Ça a été une aide précieuse car, auparavant, je n’avais qu’un regard extérieur. Le programme m’a également permis de tisser de robustes relations de travail pour l’avenir.»

Une fois familiarisés avec les opérations au village et avec leurs collègues du COJO, les membres du personnel détachés participent aux visites des membres des futurs hôtes et des autorités des villes olympiques. Il s’agit là d’une excellente opportunité pour mettre en avant les points qui leur semblent les plus pertinents ou qui présentent les plus grands risques pour leur propre édition des Jeux.

Antonella Cerasino a été détachée à Paris 2024 pendant deux semaines, durant lesquelles elle a pu travailler sur de très nombreux sujets, allant des préparatifs de la cérémonie d’ouverture à la compilation de données statistiques pour le CIO. Selon elle, pouvoir rencontrer en personne des représentants des CNO a été particulièrement bénéfique, car ces interactions lui ont donné une bien meilleure compréhension de leurs besoins et de leurs points de vue.

«J’ai pu discuter directement avec eux, comprendre les défis auxquels ils sont confrontés et réfléchir avec eux à des mesures possibles pour notre propre édition des Jeux», explique-t-elle. «Ces échanges sont d’une importance cruciale pour créer un rapport de confiance et améliorer la qualité des services.»

À travers ces bilans, ces groupes de discussion, ces questionnaires et l’expérience gagnée sur le terrain, l’unité des services aux athlètes dans le cadre des Jeux a élaboré un robuste système multidimensionnel veillant non seulement à transférer les connaissances olympiques, mais aussi à ce qu’elles soient bien comprises.

Une victoire non seulement pour les futurs Jeux Olympiques, mais aussi pour tous les CNO et les athlètes qui y prendront part.