Camps d’entraînement pré-Jeux : un grand coup de pouce aux petites nations
Les villages français ont été le point d’atterrissage rêvé pour les athlètes de l’ONOC et de Panam Sports
Pour les grands Comités Nationaux Olympiques (CNO), l’organisation de camps d’entraînement en amont des Jeux Olympiques est une tradition bien ancrée. Cependant, pour les plus petits CNO, le fardeau financier et logistique que représentent ces camps en fait un rêve bien souvent irréalisable.
Du moins, jusqu’à il y a peu.
Dans son plan pour 2017-2020, la Solidarité Olympique a proposé une subvention pour l’organisation de camps d’entraînement pré-Jeux dans le cadre du programme de subsides du CIO pour la participation des CNO aux Jeux Olympiques. Principal objectif de ce programme: préparer les olympiens pour qu’ils soient au sommet de leurs capacités physiques durant les Jeux. Mais il s’agit également d’un outil important pour les aider à s’acclimater au pays hôte, à tisser des liens avec les autres athlètes et avec les communautés locales, et à faire en sorte que les Jeux laissent un héritage positif et durable.
L’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Océanie (ONOC) et Panam Sports ont mis à profit ces subventions fournies par la Solidarité Olympique pour aider les athlètes des plus petits CNO à organiser en France des camps d’entraînement multisport en amont des Jeux de Paris 2024.
L’ONOC a basé son camp pré-Jeux à Divonne-les-Bains, tandis que Panam Sports a choisi la ville de Mulhouse. Ces deux villes sont situées à environ 500 km au sud-est de Paris.
«Nous venons de toutes petites îles, donc nos athlètes et officiels se sont très facilement habitués au petit village pittoresque de Divonne, où il fait bon vivre» a déclaré Inoke Bainimarama, directeur exécutif de l’ONOC. «Ça a été comme une deuxième maison pour nous».
L’ONOC a travaillé avec la Solidarité Olympique pour rendre l’ensemble du processus aussi simple et économique que possible pour ses CNO. En centralisant les fonds, l’ONOC a pris en charge l’ensemble des paiements, ainsi que la coordination logistique touchant notamment à l’hébergement, au transport et à la restauration.
« Cela nous a permis de gagner beaucoup de temps et de ressources, d’autant plus que nous n’envoyons qu'une petite équipe aux Jeux Olympiques » explique Melei Melei, secrétaire général de l’Association des Sports et Comité National Olympique des Tuvalu. Il est essentiel de centraliser les services pour l’Océanie, compte tenu de nos spécificités géographiques et de notre taille. »
Au total, 39 athlètes de huit sports, 28 entraîneurs et 17 autres professionnels de 11 CNO des îles du Pacifiques se sont inscrits pour participer au camp de Divonne.
Panam Sports a accueilli une délégation encore plus nombreuse – et même la plus grande à ce jour – à Mulhouse et dans ses environs. 211 personnes représentant 31 CNO, dont 114 athlètes de 15 sports et 74 entraîneurs ont participé au camp.
Le camp de Panam Sports a ouvert ses portes le 14 juillet, soit deux semaines avant la cérémonie d’ouverture des Jeux, donnant à tous les athlètes bien assez de temps pour se remettre du décalage horaire et se préparer sérieusement pour les Jeux.
À leur arrivée, les athlètes ont également pu bénéficier de tout ce qui leur serait proposé pendant les Jeux: infrastructures et installations de classe mondiale, équipement, hébergement, restauration, etc. Pour Andrea Carvajal, directrice des sports de Panam Sports, c’était comme organiser une petite version des Jeux Olympiques immédiatement avant les Jeux en eux-mêmes.
«Les athlètes et les CNO ont été particulièrement ravis de n’avoir à se soucier de rien», explique-t-il. «L’entraîneur d’un athlète médaillé olympique en haltérophilie m’a même dit ’vous devez continuer à organiser ce genre de camp, car pour nous, il est essentiel de pouvoir nous concentrer sur les athlètes, sur leur entraînement et sur tous leurs besoins, plutôt que de chercher un logement, vérifier si l’alimentation est de qualité et contient assez de protéines, etc.’. Ils ont particulièrement apprécié que quelqu’un prenne en charge ces questions à leur place.»
Les villes de Mulhouse et de Divonne ont toutes les deux organisé des événements culturels et sociaux pour que les athlètes puissent interagir avec la population à de nombreuses occasions. En parallèle, les Associations Continentales ont veillé à ouvrir certaines sessions d’entraînement aux écoles et au grand public pour encourager les échanges interculturels et promouvoir l’Olympisme et les valeurs olympiques.
«Je tiens vraiment à remercier ceux qui ont rendu cela possible», a déclaré la gymnaste panaméenne Karla Navas après avoir passé du temps avec 70 écoliers locaux en visite dans le camp. «Panam Sports nous a offert un autre genre d’expérience que le sport rend possible, et je tiens aussi à remercier tous les enfants qui sont venus. Ils nous considèrent comme des modèles et rêvent de devenir comme nous un jour. Cette expérience a vraiment été incroyable, et nous a également aidé nous, en tant qu’athlètes.»
Lorsque les olympiens des deux continents ont quitté leur centre respectif pour concourir à Paris 2024, il était clair que le pouvoir unificateur du sport avait une fois de plus fait son effet: tous les athlètes ont emporté avec eux une petite partie de leur communauté française d’adoption, et l’impact positif qu’ils laissent derrière eux se fera probablement encore sentir dans de nombreuses années.