Arshad Nadeem : quand la persévérance se transforme en or  

Quand un dur labeur et un nouvel équipement permettent de battre un record olympique à Paris 2024

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© 2024 Getty Images - Olympic Scholarship-holder for Paris 2024 Arshad Nadeem set a new Olympic record in javelin en route to gold.

Lorsqu’on lui a demandé de résumer ses exploits durant les Jeux Olympiques de Paris 2024, le lanceur de javelot pakistanais Arshad Nadeem a simplement déclaré:

Je n’arrive toujours pas à y croire
Arshad NadeemDécrochant une médaille d’or olympique

Et il y a de quoi. À Paris 2024, Arshad Nadeem a écrasé la concurrence pour remporter une médaille d’or avec un lancer à 92,97 m, battant par la même occasion le record olympique ;

soit 3,52 m de plus que le médaillé d’argent et champion olympique en titre Neeraj Chopra, son rival indien qu’il n’avait pas réussi à battre lors de ses neuf précédentes tentatives, lui-même ayant fait un lancer dépassant de 0,91 m celui du double champion du monde grenadien, Anderson Peters.

Étonnamment, Arshad Nadeem, boursier olympique pour Paris 2024, ne s’intéresse pas outre mesure au classement final. «Je ne m’intéresse pas aux performances des autres», a-t-il admis. «Je ne me mesure pas aux autres athlètes. Ma compétition, je la joue contre moi-même».

Le lancer d’Arshad Nadeem à Paris est une amélioration impressionnante par rapport à ses débuts olympiques à Tokyo 2020, où il a terminé cinquième avec un lancer à 84,62 m.

L’athlète de 27 ans attribue ses progrès continus, qui lui ont notamment permis de remporter une médaille d’or aux Jeux du Commonwealth de 2022 et une médaille d’argent aux Championnats du monde d’athlétisme de 2023, aux enseignements tirés de sa première participation aux Jeux, ainsi qu’à l’entraînement drastique qu’il s’est imposé après cette expérience.

«Ma première participation remonte aux Jeux de Tokyo 2020, durant lesquels j’ai découvert ce qu’était une compétition olympique, mais aussi qu’elles étaient certaines de mes faiblesses», explique-t-il. «Ce que le monde a pu voir [à Paris 2024], c’est le fruit de l’expérience acquise lors de cette précédente édition, des points faibles dont j’ai pris note, et sur lesquels je me suis donc concentré à l’entraînement.»

Arshad Nadeem a également fait bon usage de la bourse que la Solidarité Olympique lui a octroyée en amont des Jeux de Paris. Grâce à cette bourse, il a pu bénéficier de meilleures opportunités d’entraînement à l’étranger et s’acheter de l’équipement indispensable.

«Cette bourse de la Solidarité Olympique m’a été très bénéfique», explique Arshad. «Elle a notamment eu un fort impact sur mon entraînement, en me permettant de me rendre en Afrique du Sud.»

«J’ai également pu m’acheter de l’équipement,» ajoute-t-il, avant de montrer ses achats. «Regardez ! De bons javelots en graphite, que je ne pouvais pas m’acheter avant.»

© 2024 Getty Images

On raconte qu’Arshad Nadeem a utilisé le même javelot pendant près de huit ans avant de passer à ce nouveau modèle. Une anecdote qui vient nous rappeler les difficultés majeures que rencontrent certains athlètes à travers le monde, et qui ne rend que plus impressionnante l’ascension d’Arshad Nadeem, de ses humbles débuts au sein d’une communauté rurale de fermiers jusqu’à son statut de champion hégémonique.

Au Pakistan, un pays obnubilé par les sports d’équipe comme le cricket et le hockey, Arshad Nadeem est un OVNI dans le paysage sportif. Sa victoire olympique est la toute première du pays dans un sport individuel, et la première médaille d’or olympique du Pakistan tous sports confondus depuis 40 ans.

Son triomphe inattendu en individuel à Paris 2024 a fait d’Arshad Nadeem une star du jour au lendemain dans son pays, où des milliers de personnes sont venues le féliciter lors de son retour des Jeux. Fidèle à lui même, Arshad Nadeem a su garder la tête froide face à une telle adulation, alors même qu’elle aurait pu mettre à l’épreuve la patience des athlètes les plus célèbres.

J’ai vraiment été honoré de l’amour, de l’affection et de l’estime que m’ont témoigné les Pakistanais… mais ça ne m’est pas monté à la tête. Je suis toujours ce bon vieux Arshad. J’aime aider les autres, j’aime passer du temps avec ma famille. C’est ce qui m’a donné l’énergie nécessaire pour travailler plus dur et améliorer mes performances. On peut dire que mes réussites n’ont fait qu’alimenter ma passion.
Arshad NadeemDécrochant une médaille d’or olympique

De quoi inquiéter les autres athlètes du monde entier cherchant à décrocher l’or en javelot dans les années à venir.

La Solidarité Olympique

La Solidarité Olympique redistribue la part des droits de diffusion des Jeux Olympiques par le biais de programmes offerts aux 206 Comités Nationaux Olympiques. Tous les programmes de la Solidarité Olympique ont pour ambition de développer et promouvoir le sport à travers le monde et d'encourager la participation des athlètes aux Jeux Olympiques.