Wish : comment augmenter la part de femmes entraîneures  

Un programme de leadership ouvre la voie aux femmes entraîneures de haut niveau.

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En comptant autant d’hommes que de femmes parmi les athlètes, les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont marqué une étape historique de la parité dans le sport.

Si des progrès significatifs ont été réalisés sur l’aire de compétition, il reste encore fort à faire hors de celles-ci, tout particulièrement en ce qui concerne l’entourage des athlètes. De vastes disparités subsistent entre les genres en ce qui concerne les postes à responsabilités et les entraîneurs.

Dans le but de lutter contre ce déséquilibre, la Solidarité Olympique a lancé le programme WISH (Women In Sport High-Performance pathway) pour la période 2021-2024.

Financé par une enveloppe d’un million d’USD versée par la Solidarité Olympique sur une période de quatre ans, le programme a été pensé pour donner aux femmes entraîneures les moyens de réussir au plus haut niveau dans le monde du sport. Chaque programme court sur une période de 21 mois et comprend des sessions en ligne, des activités de mentorat et une semaine en résidence à l’Institut du sport de l’Université britannique de Hertfordshire.

En plus de bénéficier de formations sur le leadership et de développer leurs compétences dans leur sport de prédilection, les participantes sont également formées à des sujets de base tels que le mentorat, la construction d’un réseau et le renforcement de la confiance. Selon l’équipe de formation, ces derniers sujets ont été les aspects les plus gratifiants du cours pour les participantes.

«Parfois, la seule chose dont une personne a besoin, c’est que quelqu’un croit en elle. C’est cette confiance qu’offre WISH», explique la légendaire entraîneure d’aviron britannique Rosie Mayglothling, une des pionnières du projet qui a évolué pour devenir le programme WISH. «Nous ne nous contentons pas de cocher des cases. Nous aidons au contraire les femmes à voir ce dont elles sont capables de faire et nous leur donnons les outils pour y parvenir.»

À ce jour, 120 entraîneures de 22 sports, relevant de 59 CNO, ont bénéficié du programme WISH. Dix anciennes participantes du programme ont endossé la fonction d’entraîneur à Paris 2024 dans sept sports.

Parmi elles, Happiness Burutu faisait partie des entraîneurs de l’équipe de lutte nigérienne à Paris 2024. À ses yeux, le programme WISH a eu un profond effet sur elle en amont des Jeux, en lui donnant une plus grande confiance en elle qui lui a permis de mieux communiquer avec les athlètes.

«Le programme m’a donné les connaissances et le soutien dont j’avais besoin pour être au top de mes capacités», a-t-elle déclaré. «En amont de Paris 2024, le programme m’a également aidé à me développer, sur le plan physique bien sûr, mais aussi sur le plan mental et émotionnel.»

L’Irlandaise Noelle Morrissey comptait également parmi les participantes du programme WISH à avoir entraîné des athlètes dans le cadre des Jeux de Paris 2024. Touchée par les récits de ses paires lors de ce programme, cette entraîneure d’athlétisme a décidé de s’engager pour faire tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir les femmes qui entraînent des athlètes de haut niveau.

«Le programme WISH m’a ouvert les yeux sur les problèmes que rencontrent les femmes dans différents contextes et m’a permis de réaliser que, malgré les défis auxquels je dois faire face, je suis plutôt bien lotie», explique-t-elle. «Certains entraîneurs m’ont qualifiée de ’chanceuse’ au lieu de reconnaitre mes compétences et mon expérience. Mais après avoir entendu les récits de mes paires du programme WISH, je suis plus que motivée à l’idée de défendre la place des femmes dans l’entraînement de haut niveau, alors que je n’y avais jamais pensé auparavant».

Une des composantes les plus puissantes du programme s’est développée d’elle-même: un réseau de soutien s’est formé entre les différentes promotions et l’équipe de formation, et est rapidement devenu une véritable source de force pour les participantes. Selon Elizabeth Pike, directrice du projet WISH, celui-ci a le potentiel de changer la donne dans le monde du sport.

«Lors de ce programme, nous n’abordons pas uniquement la manière de se développer soi-même, mais aussi de développer les autres» explique la lauréate du Trophée mondial du CIO «Champions de l’égalité des genres, de la diversité et de l’inclusion» en 2024. «La collaboration est une composante cruciale. Nous avons invité les participantes de nos quatre premières promotions à se retrouver dans le cadre de notre programme Coach Connect, et toutes déclarent bénéficier désormais d’un très robuste réseau de soutien. Elles apprennent les unes des autres, se soutiennent les unes les autres et se valorisent les unes les autres pour gagner en visibilité.»

Comme dans n’importe quel domaine traversant un tournant sur le plan culturel, le monde de l’entraînement de haut niveau ne va pas changer du jour au lendemain. Mais avec du temps, un travail soutenu et un réseau de soutien en perpétuelle évolution, il est absolument certain que la situation est amenée à s’améliorer.

«Aujourd’hui, nous avons ces diplômées exceptionnelles sur le terrain qui militent en faveur du changement tout en étant des exemples vivants de ses impacts positifs» conclut Elizabeth. «Il est certain que nous allons voir les choses bouger à l’avenir.»

Tous ces éléments sont de bon augure pour que les entraîneures soient mieux représentées lors des prochaines éditions des Jeux Olympiques, ainsi que dans le cadre de toutes les compétitions nationales, continentales et internationales du monde.