Le cyclisme africain se fait une place sur la scène mondiale 

Les initiatives de développement à long terme menées par l’UCI portent déjà leurs fruits.

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© UCI

Pour l’Union Cycliste Internationale (UCI), le développement du cyclisme en Afrique n’est pas un sprint, mais une longue et constante ascension.

Pourtant, à presque tous les égards, 2024 aura été une année exceptionnelle pour le continent.

Au mois de juillet, le cycliste érythréen Biniam Girmay est devenu le troisième Africain (et même le premier Africain venant d’un pays autre que l’Afrique du Sud) à remporter une étape du Tour de France. Qui plus est, pas moins de 26 cyclistes africains, dont un nombre record de 14 femmes, participaient un mois plus tard aux Jeux Olympiques de Paris 2024.

Cette lancée s’est poursuivie toute l’année, tous les regards se tournant vers les Championnats du Monde Route UCI de 2025 qui se dérouleront à Kigali (Rwanda), la première édition de cette compétition à se tenir sur le sol africain en ses 103 ans d’histoire.

L’UCI investit depuis longtemps dans le sport en Afrique, qui pâtit de nombreuses lacunes, notamment sur le plan du financement, de l’accès aux équipements, des occasions de participer à des compétitions de haut niveau et des formations techniques. Après l’annonce du choix de Kigali pour l’organisation de l’événement, l’UCI a redoublé d’efforts sur de nombreux fronts.

En collaboration avec l’UCI, les CNO africains ont mis à profit les subventions de la Solidarité Olympique, en particulier celles destinées au développement des jeunes athlètes, au développement des systèmes sportifs nationaux et aux stages techniques pour entraîneurs, ainsi que de plusieurs bourses individuelles pour entraîneurs.

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Les quatre programmes en question étaient tous mis en œuvre en 2024, tout comme le programme Afrique 2025, une initiative conjointe portée par l’UCI et la Solidarité Olympique dans le cadre plus large du programme de développement des jeunes athlètes. Celui-ci aide les CNO à soutenir leurs athlètes en leur offrant des opportunités d’entraînement et de participer à des compétitions grâce au soutien ciblé apporté par l’intermédiaire des FI. Le Cap-Vert, l’Érythrée et le Zimbabwe ont tous bénéficié de ce programme, ainsi que des stages techniques pour entraîneurs et des programmes de développement des systèmes sportifs nationaux, qui soutiennent le renforcement à court et à long termes des capacités des entraîneurs, des officiels et du système sportif dans son ensemble. Des bourses individuelles ont également été accordées aux entraîneurs pour leur permettre de suivre des programmes de formation en sciences du sport ou des formations axées spécifiquement sur le cyclisme.

«Nous travaillons tous les ans en étroite collaboration avec le CIO et les CNO afin de soutenir au mieux le développement du cyclisme dans différents pays», a déclaré Jean-Jacques Henry, coordinateur des projets Éducation et Détection de talents à l’UCI. «Lorsque cette démarche s’inscrit parfaitement dans la stratégie de l’UCI, nous pouvons élaborer un plan global soutenu par de nombreuses sources de financement qui nous permettront de nous assurer que tout cela ce ne soit pas juste une goutte d’eau dans l’océan. En mutualisant nos ressources, l’impact global sur le développement et la progression du cyclisme sera plus important», a déclaré Jean-Jacques Henry. «Si nous investissons suffisamment d’argent, non seulement les résultats se feront ressentir plus rapidement, mais de surcroît, les fédérations nationales pourront se développer par elles-mêmes».

Au fil des ans, athlètes, entraîneurs, mécaniciens et officiels africains ont tous bénéficié de l’aide de l’UCI. Parmi eux, on peut notamment citer le héros érythréen Biniam Girmay, qui avait été repéré dès son adolescence lors des Championnats d’Afrique juniors 2018, avant d’être invité à s’entraîner au Centre Mondial du Cyclisme (CMC), basé à Aigle, en Suisse. Biniam Girmay a également été boursier de la Solidarité Olympique pour Paris 2024.

D’autres cyclistes africains de premier plan sont de plus en plus sollicités pour endosser des rôles de mentors et d’entraîneurs, plus particulièrement ceux ayant réalisé le stage technique pour entraîneurs et les athlètes ayant reçu une bourse individuelle. L’olympien éthiopien Tsgabu Grmay, en retraite depuis peu après une brillante carrière professionnelle débutée en 2011 au sein de l’équipe de l’UCI, fait partie de ces cyclistes prisés.

«J’ai en tête un plan à long terme qui me permettra de mettre en pratique ce que j’ai appris au cours de ma carrière pour aider les jeunes et les cyclistes africains à progresser et pour faire naître plus de champions», a déclaré Tsgabu Grmay lors d’une visite à la Maison olympique à Lausanne en 2024. «Je me réjouis de m’atteler à cette tâche et de prouver au monde que nous n’avons pas encore joué toutes nos cartes.»

Un sentiment partagé par la Rwandaise Violette Irakoze Neza, une ancienne cycliste professionnelle qui a elle aussi suivi le stage technique pour entraîneurs et qui travaille actuellement avec sa fédération nationale en tant qu’entraîneure de jeunes cyclistes masculins et féminins. Elle espère d’ailleurs avoir un impact positif sur tous les cyclistes qui débutent dans ce sport en Afrique, et plus particulièrement sur les filles.

«Il est important qu’elles rencontrent d’autres filles qui pourront devenir leurs modèles et auprès desquelles elles pourront apprendre», a-t-elle déclaré. «Je vais continuer de motiver les filles et de leur montrer qu’elles peuvent y arriver. Si elles s’amusent lorsqu’elles pratiquent le cyclisme, elles pourront aller loin.»

Reste maintenant à voir jusqu’où le cyclisme pourra aller en Afrique. Mais grâce au vivier d’athlètes talentueux, à d’excellentes initiatives de développement mises en œuvre de manière collaborative et globale par de nombreuses organisations sportives, et à l’attention mondiale qui se portera sur Kigali 2025, les progrès observés en 2024 ne devraient faire que s’accélérer ces prochaines années.