Montée en puissance : l’équipe de Nouvelle-Zélande redéfinit son identité pour les Jeux Olympiques d’hiver

Le Gold Medal System élève les sportifs d’hiver néo-zélandais au rang de sérieux prétendants pour les médailles.

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© 2025 Getty Images - Luca Harrington, Fin Melville Ives, Ruby Star Andrews and other athletes of The New Zealand Team during a Milano Cortina 2026 NZOC Olympic Athlete Selection Announcement in October 2025 in Queenstown, New Zealand. At the Milano Cortina 2026 Games, The New Zealand Team comprised 18 athletes. They won three medals in total: two silver and one bronze.

Il aura fallu attendre 40 ans pour que la Nouvelle-Zélande remporte sa première médaille aux Jeux Olympiques d’hiver à Albertville en 1992, puis encore un quart de siècle pour décrocher la deuxième. Si la percée du pays dans les sports d’hiver de haut niveau a été lente, cette période appartient désormais au passé. Au cours des dix dernières années, ce pays de 5,5 millions d’habitants a formé des skieurs et snowboardeurs de classe mondiale à une vitesse impressionnante.

La snowboardeuse Zoi Sadowski-Synnott et le skieur acrobatique Nico Porteous en sont deux exemples marquants. Ils ont permis à leur pays d’atteindre un total de six médailles aux Jeux Olympiques d’hiver, avec notamment une médaille de bronze à PyeongChang 2018 et une médaille d’or à Beijing 2022, ainsi qu’une médaille d’argent pour Zoi Sadowski-Synnott.

Toutefois, ces deux anciens boursiers olympiques sont loin d’être les seuls athlètes capables de monter sur le podium. À l’approche des Jeux Olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, un vivier exceptionnel de jeunes talents s’est affirmé en 2025 pour constituer l’équipe olympique de Nouvelle-Zélande. Parmi les athlètes appelés à rejoindre Zoi Sadowski-Synnott et Nico Porteous sur la scène olympique figurent les boursiers olympiques Ruby Star Andrews, Luca Harrington, Luke Harrold et Fin Melville Ives. Tous évoluent en ski acrobatique et ont déjà décroché des résultats significatifs lors de compétitions internationales de haut niveau. Aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver de Gangwon 2024, Luke Harrold a remporté une médaille d’or et une de bronze, tandis que Fin Melville Ives a obtenu une médaille d’argent.

Portée par ses performances récentes et par l’émergence de cette nouvelle génération, la Nouvelle-Zélande aborde les Jeux en Italie non plus comme une outsider, mais comme une prétendante crédible dans plusieurs disciplines. Cette évolution soulève une question : comment une telle transformation a-t-elle pu se produire en seulement une décennie ? Selon Nic Cavanagh, directeur général de Snow Sports New Zealand, la montée en puissance du pays en ski acrobatique et en snowboard ne doit rien au hasard. Il s’agit du résultat d’un changement systémique volontaire sur le long terme.

Ce système, appelé « Gold Medal System », a été mis en place avec la création de Snow Sports New Zealand en 2017. Il regroupe différents sports, notamment les sports d’hiver adaptés, le ski alpin, le ski de fond, le ski acrobatique et le snowboard, sous une même structure. Son objectif est de diriger, soutenir et assurer le développement des athlètes, depuis le niveau local jusqu’à la haute performance. Le Gold Medal System repose sur un parcours structuré de développement des athlètes, qui commence par l’identification des jeunes talents dès l’âge de 11 à 13 ans. Ces derniers bénéficient ensuite d’environnements d’entraînement de classe mondiale, encadrés par des experts, auxquels s’ajoute une dimension plus intangible appelée « stoke ».

Ce concept de « stoke », qui renvoie à la joie intrinsèque de pratiquer en montagne sans se concentrer uniquement sur la compétition, constitue un élément clé du succès néo-zélandais. Selon Cavanagh, la culture du pays est l’une de ses plus grandes forces. Cet équilibre entre plaisir et performance permet de renforcer la motivation et la résilience des athlètes tout au long de leur carrière.

Cette approche a notamment permis à la skieuse Ruby Star Andrews de surmonter une luxation de la hanche survenue seulement trois mois avant les Jeux. Grâce à sa passion pour son sport et à sa détermination, elle a pu terminer sa rééducation à temps pour participer à Milano Cortina 2026. Elle a déclaré être extrêmement heureuse d’avoir relevé ce défi, malgré les difficultés rencontrées. Enfin, les bourses de la Solidarité Olympique ont également joué un rôle important dans cette progression. Cinq athlètes néo-zélandais ont bénéficié d’un soutien financier mensuel dans le cadre de leur préparation pour Milano Cortina 2026, afin de couvrir leurs frais d’entraînement, d’équipement et de déplacement.

« Sans les subventions de la Solidarité Olympique, plusieurs d’entre eux n’auraient pas eu les capacités financières ou logistiques de se préparer correctement pour leur qualification olympique », a déclaré Cavanagh. « Ce soutien a littéralement ouvert des portes qui, autrement, seraient restées closes. »

Les quarante ans d’attente de la Nouvelle-Zélande pour sa première médaille olympique sont aujourd'hui un lointain souvenir, qui a laissé place à une décennie de dynamisme sans précédent. Avec un système pensé pour la réussite et une équipe électrisée par son amour de la neige, les Néo-Zélandais sont entrés dans la cour des grands.

« Les progrès réalisés ces dernières années par nos athlètes de sports d'hiver sont le fruit d’années d’engagement et de dur labeur », a déclaré la secrétaire générale du CNO de Nouvelle-Zélande, Nicki Nicol. « Voir notre évolution sur la neige renforce notre vision, à savoir faire de la Team Nouvelle-Zélande une source de fierté et d’inspiration pour tous les Néo-Zélandais. »

Qu’ils remportent ou non des médailles aux Jeux de Milano Cortina, la joie de la neige ne fait que commencer pour l’équipe nationale.

Ruby Star Andrews

Ruby Star Andrews a concouru en slopestyle et en big air, terminant 17e en slopestyle et 24e en big air pour sa première participation aux Jeux Olympiques.

Luca Harrington

Luca Harrington, champion du monde en big air en titre, a terminé sixième lors de l’épreuve olympique. Il est revenu en force deux jours plus tard pour remporter sa première médaille olympique en décrochant le bronze en slopestyle.

Luke Harrold

Luke Harrold a terminé 15e en halfpipe pour ses débuts olympiques.

Finley Melville Ives

Fin Melville Ives, champion du monde en titre, est arrivé en Italie en tant que sérieux prétendant à une médaille. Ses Jeux se sont malheureusement arrêtés prématurément à la suite d’une chute sévère lors des qualifications du halfpipe, qui l’a contraint à se retirer en raison d’une fracture de la clavicule.