Le sport leur ouvre la voie : de l'aire de compétition aux conseils d'administration
Plusieurs femmes dirigeantes aux Jeux Olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026 façonnent l'avenir des sports d'hiver en occupant des postes clés au sein des Fédérations Internationales (FI). Il s'agit notamment de Fiona Stevens (NZL), membre du conseil de la FIS, Regula Meier (SUI), présidente de l'ISMF, Elena Sorina Ticu (ROU), membre du comité exécutif de la FIL, et Kim Forge (AUS), vice-présidente de World Curling. Chacune a puisé dans son expérience sur l'aire de compétition pour éclairer la manière dont elle exerce son leadership au sein du Mouvement olympique.
Ce qu'il faut retenir
- La représentation féminine dans les instances dirigeantes du sport continue de croître, les femmes représentant 43,4 % des membres du CIO.
- 60 % des FI (d'été et d'hiver) ont atteint ou dépassé l’objectif de 30 % de femmes au sein de leurs instances décisionnelles les plus élevées.
- Le sport permet aux femmes de passer de la compétition à des rôles de direction au sein du Mouvement olympique.
- D'anciennes athlètes occupent de plus en plus souvent des postes de décision de haut niveau au sein des FI et d'autres organisations sportives.
Fiona Stevens, Regula Meier, Elena Sorina Ticu and Kim Forge montrent comment le sport peut propulser les athlètes féminines bien au-delà de la compétition, en les dotant de la confiance, de la résilience et des compétences nécessaires pour endosser des rôles de leaders. Pour elles, le sport était plus qu'une passion ; c'était aussi un terrain d'entraînement qui les préparait à exercer des responsabilités au-delà de l'aire de compétition.
Fiona Stevens : des compétences au-delà des pistes
La carrière de Fiona Stevens en ski alpin l’a menée aux quatre coins du monde, que ce soit sur le circuit de la Coupe du monde de la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) ou aux Jeux Olympiques d’hiver de Lake Placid 1980. Elle a ensuite poursuivi une carrière dans le monde des affaires et cofondé la Fondation Snowvision, une organisation caritative qui soutient les athlètes des sports de neige en Nouvelle‑Zélande.
Aujourd'hui, elle continue d’influencer l'avenir des sports de neige en tant que membre du conseil de la FIS et responsable du comité des femmes de l’organisation. Pour Fiona Stevens, les enseignements tirés de sa carrière sportive ont profondément façonné sa manière d’exercer son leadership.
"Le sport vous apprend ce que j'appelle les compétences difficiles à acquérir dans la vie", dit-elle. "Des choses comme le souci du détail, l'organisation, la résilience, l'engagement et la façon de gérer la pression."
Si vous pouvez pratiquer un sport à un haut niveau, vous vous distinguez des autres et vous disposez d'un ensemble de compétences unique. Participer aux Jeux Olympiques et pratiquer son sport au plus haut niveau, c'est quelque chose d'exceptionnel.
Cette expérience sportive a été un facteur clé pour m’ouvrir des portes sur le plan professionnel.
Lorsque j'ai passé mon deuxième entretien d'embauche après avoir quitté le sport, les recruteurs se disputaient presque pour m’engager. Et cela tenait en grande partie au fait que le mot "olympienne" figurait sur mon CV", explique-t-elle.
L'expérience de Fiona Stevens l'a convaincue que le sport pouvait jouer un rôle important en aidant les femmes à développer leur confiance en elles et leurs compétences en matière de leadership.
"En termes de plateforme pour les femmes, je pense que c'est extrêmement puissant. C'est une source d’émancipation et d’autonomie ", ajoute-t-elle. "Le sport m'a permis d'acquérir un grand nombre de compétences différentes que les employeurs recherchent pour des postes exigeants."
Regula Meier : encourager les femmes à aller de l'avant
Pour Regula Meier, présidente de la Fédération internationale de ski-alpinisme ( ), le chemin vers la gouvernance sportive a commencé lorsqu'elle a découvert le ski-alpinisme et rejoint la communauté croissante des athlètes en Suisse. Ce qui avait commencé comme une passion pour la montagne s’est peu à peu transformé en responsabilités de leadership – d’abord comme arbitre en Suisse, puis au sein du conseil de l'ISMF, et enfin, en 2021, en tant que présidente de la Fédération. À Milano Cortina 2026, elle a supervisé les débuts olympiques historiques et couronnés de succès de ce sport.
Tout au long de ce parcours, les leçons qu'elle a tirées du sport ont façonné sa manière d'aborder le leadership.
Faire du sport vous donne beaucoup de ressources et de compétences que vous pouvez utiliser plus tard dans le management. Il faut de la discipline, de l'autodiscipline. Il faut être concentré, tout en faisant preuve d'ouverture d'esprit. Vous devez prendre des décisions et vous y tenir.
Pourtant, elle est convaincue que l'un des principaux obstacles à l'accès des femmes aux postes de direction n'est pas la capacité, mais la confiance en soi.
"Pour moi, le fait que ce soit une femme ou un homme n'a pas d'importance. Ce qui est important, c’est que la personne fasse du bon travail", explique-t-elle. "Mais je pense que les femmes sous-estiment souvent leurs compétences."
C'est la raison pour laquelle Regula Meier estime que les dirigeantes visibles, telles que Kirsty Coventry, présidente du Comité International Olympique (CIO), peuvent jouer un rôle essentiel en encourageant les autres à aller de l'avant.
"Il est important que nous ayons davantage de modèles comme Kirsty pour que les femmes puissent se lever et dire : "Bien sûr, moi aussi je peux le faire"", insiste-t-elle. "Et lorsqu’elles me demandent comment, je leur réponds : ne sous-estimez pas vos compétences. Levez-vous. Vous êtes fortes."
Elena Sorina Ticu : de l'athlète à la défenseure du changement
Le parcours d'Elena Sorina Ticu dans les sports d'hiver a commencé sur la piste de luge, où elle a représenté la Roumanie aux Jeux Olympiques d'hiver de Lillehammer 1994.
Après s'être retirée de la compétition, elle est restée très impliquée dans le sport, d'abord en tant qu'entraîneure, puis en tant que présidente de la Fédération roumaine de bobsleigh et de luge. Aujourd'hui, elle est également vice-présidente de la Fédération Internationale de Luge (FIL) et a récemment obtenu un doctorat en sciences du sport.
Pour Elena Sorina Ticu, passer du statut d’athlète à celui d’administratrice s’est imposé comme une progression naturelle. "Je suis ici grâce au sport. Toute ma carrière sportive m'a préparée à ce moment", dit-elle. "Aujourd'hui, j'essaie d'aider d'autres anciennes athlètes à devenir des leaders au niveau national et international."
Elle est également convaincue qu'il est essentiel de multiplier les opportunités et de renforcer la formation afin de permettre à davantage de femmes d’accéder à des postes de direction dans le sport.
"Certains aspects de la vie sont encore dominés par les hommes, mais les femmes peuvent tout faire", affirme-t-elle. "Nous sommes dévouées et motivées, nous devrions donc avoir les mêmes opportunités et les mêmes formations pour atteindre le plus haut niveau dans le domaine du leadership sportif."
C'est la raison pour laquelle la promotion des femmes dans le sport reste l'une des priorités d'Elena Sorina Ticu.
Je continuerai à promouvoir d'autres femmes dans le sport parce que je suis convaincue que nous pouvons réellement créer le changement et contribuer à rendre nos sports plus visibles et plus intéressants pour le monde.
Kim Forge : le leadership se construit par le sport
Pour Kim Forge, vice-présidente de World Curling, la transition d’athlète à dirigeante sportive internationale s’est construite au fil de décennies d’engagement dans le sport qu’elle chérit.
L'Australienne a représenté son pays en curling 135 fois sur la scène internationale, participant à huit championnats du monde, avant de se lancer dans la gouvernance sportive. Elle a été présidente de la Fédération australienne de curling et a été élue vice-présidente de World Curling en 2024.
Kim Forge affirme que les enseignements tirés de sa carrière d’athlète continuent d’influencer sa manière d’exercer son leadership.
"Le sport a façonné ma vie bien au-delà de la compétition", explique-t-elle. "Il m'a appris la résilience, la discipline et à travailler sous pression, mais il m'a surtout appris à diriger avec intégrité. Il m'a enseigné le leadership."
Aujourd'hui, Kim Forge s'attache à créer des opportunités pour que d'autres puissent suivre ses traces.
Lorsque nous siégeons au conseil d’administration et prenons des décisions, il est de notre responsabilité de demeurer ouverts et de veiller à élargir la voie pour la génération suivante dans le domaine du sport. Pour moi, le leadership consiste à élever les autres tout en progressant soi‑même.
Le sport leur ouvre la voie
Tout au long du mois de mars, le CIO célèbre le pouvoir transformateur du sport en mettant en avant le rôle qu’il a joué dans le parcours des femmes qui ont concouru, entraîné ou exercé des fonctions dirigeantes aux Jeux de Milano Cortina 2026. Suivez les échanges durant tout le mois et découvrez d'autres récits inspirants sur les différentes plateformes olympiques.