La visibilité de l’équipe olympique des réfugiés à Dakar 2026, en dehors de l’aire de compétition

Lorsque l’équipe olympique des réfugiés a fait son entrée dans le stade Abdoulaye Wade lors de la cérémonie d’ouverture, elle a franchi un tournant historique, avec sa première participation à une édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse, après des débuts olympiques lors des Jeux de Rio 2016.

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© IOC/ THOMAS PILLING

Outre une tenue jaune vif facile à repérer de loin, l’équipe ne passe pas inaperçue, que ce soit au village olympique de la jeunesse ou ailleurs. Où qu’ils aillent, ses membres sont largement salués pour ce qu’ils représentent.

Cet accueil chaleureux est le signe que l’Afrique a adopté l’équipe olympique des réfugiés. C’est l’esprit de la teranga qui l’emporte lors de chaque interaction avec ces athlètes.

La presse n’a de cesse de vouloir s’entretenir directement avec ces jeunes et l’équipe reçoit quantité de demandes de photos. Ses athlètes ont été très heureux de rencontrer Kirsty Coventry, la présidente du CIO, lors de sa visite au village olympique de la jeunesse. Elle a alors pris le temps de les saluer et de leur glisser des mots d’encouragement.

© IOC/Greg Martin

Cette visite a été suivie par celle d’Edem Wosornu, haut-commissaire adjointe chargée de la protection au sein de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ainsi que par celle d’Abdouraouf Gnon-Kond, directeur régional pour le HCR.

Une occasion de dialoguer

Pour les athlètes de l’équipe olympique des réfugiés, ces JOJ sont aussi l’occasion de rencontrer des personnes venues du monde entier, dont certains, bien qu’originaires de régions complètement différentes, ont dû surmonter les mêmes difficultés.

Après son arrivée au village olympique de la jeunesse à Diamniadio, la porte-drapeau Lourance s’est exprimée sur ce que cela signifie : « Depuis que j’ai commencé le sport, ma vie a véritablement changé. Je peux dorénavant voyager à travers le monde et apprendre la culture d’autres personnes ».

© IOC/ UBALD RUTAR

En visite à l’emblématique Monument de la Renaissance de Dakar, les jeunes athlètes réfugiés ont été rejoints par l’équipe syrienne de baseball à 5, qui a été constituée grâce à un programme de la World Baseball Softball Confederation (WBSC), avec le soutien de la Solidarité Olympique et de l’Olympic Refuge Foundation. Cette équipe est entièrement composée de réfugiés syriens qui vivent dans le camp d’Az’raaq, en Jordanie. Le programme a donné à ces jeunes du camp d’Az’raaq un moyen de pratiquer un sport et de participer à des compétitions sur la scène internationale.

Cette équipe est à l’image de la population de Syrie, contrainte à des déplacements depuis de nombreuses années, même si on observe que les Syriens sont de plus en plus nombreux à revenir dans leur pays. Le HCR estime en effet à 1,8 million le nombre de Syriens rentrés au pays.

Bien qu’ils ne parlent pas la même langue, tous les athlètes ont partagé une compréhension mutuelle, qui a conduit à une franche camaraderie entre eux.

© IOC/ THOMAS PILLING

Le lendemain, les jeunes athlètes se sont rendus au Complexe Tour de l’Œuf afin d’apporter leur soutien à l’équipe syrienne qui affrontait le pays hôte. Ils ont encouragé leurs homologues réfugiés qui ont, vaille que vaille, réussi à décrocher une victoire de 2 à 1 sur le Sénégal.

Il faut dire que l’équipe syrienne de baseball à 5 a traversé un parcours semé d’embûches pour être en lice aux JOJ. Sa participation a d’ailleurs été en partie possible grâce au soutien du Comité International Olympique (CIO), de l’Olympic Refuge Foundation et de la World Baseball Softball Confederation.

Une équipe unique représentant des millions de personnes

Dans l’esprit du premier événement olympique organisé sur le continent africain, l’équipe olympique des réfugiés à Dakar 2026 se compose d’athlètes tous d’origine africaine.

Les six membres de l’équipe participent à des compétitions dans trois disciplines sportives différentes :

  • Arno, 15 ans, (CNO hôte : Kenya ; sport : judo, hommes, moins de 55 kg)
  • Clement, 16 ans (CNO hôte : Kenya ; sport : athlétisme, 800 m hommes)
  • Florence, 16 ans (CNO hôte : Ouganda ; sport : athlétisme, 200 m femmes)
  • Lourance, 16 ans (CNO hôte : Kenya ; sport : taekwondo, femmes, moins de 49 kg)
  • Nyataba, 17 ans (CNO hôte : Kenya ; sport : athlétisme, 800 m femmes)
  • Rachid, 16 ans (CNO hôte : Ouganda ; sport : athlétisme, 200 m hommes)

Cette équipe constitue un tremplin pour permettre à de jeunes athlètes réfugiés de se démarquer. Elle souligne également le rôle joué par l’Afrique pour s’atteler au problème des populations déplacées dans le monde.

La participation de cette équipe intervient à un moment où plus de 117 millions de personnes sont déplacées à travers le monde, dont 39 millions en Afrique subsaharienne. Près d’un tiers de ces déplacés sur le continent [africain] sont des réfugiés et des demandeurs d’asile dont environ la moitié environ sont des enfants.