Débuts prometteurs pour l’équipe olympique des réfugiés à Dakar 2026 avec Arno Yafunga aux portes d’une médaille de bronze

Le judoka Arno Yafunga a signé une entrée en matière prometteuse pour l’équipe olympique des réfugiés à Dakar 2026, devenant le premier athlète de l’équipe à concourir aux Jeux Olympiques de la Jeunesse. Après un beau parcours, il est passé tout près du podium avant de s’incliner lors du combat pour la médaille de bronze.

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Entraîné au Kenya par son père, Arnold, le jeune judoka a débuté la compétition par une victoire face à son adversaire tanzanien. Soutenu depuis les tribunes du Dakar Expo Centre par ses cinq coéquipiers de l’équipe olympique des réfugiés, Arno a pu compter sur une ambiance particulièrement enthousiaste. 

Après une défaite en quart de finale contre son adversaire saoudien, Arno a bénéficié d’une seconde chance de décrocher le bronze grâce au repêchage. Il a pleinement saisi cette opportunité en remportant son premier combat par ippon, avant de se qualifier pour le combat pour la médaille de bronze à la suite du forfait de son adversaire au tour suivant.  

La médaille de bronze lui a toutefois échappé. Malgré une entame de combat prometteuse, il s’est incliné par ippon lors de son ultime affrontement.

À l’issue de son dernier combat, le jeune athlète s’est exprimé en ces termes : “Je voulais gagner une médaille et malheureusement je n’y suis pas parvenu. Mais je suis très fier de moi, de la manière dont j’ai combattu et du fait d’avoir remporté deux combats, même si j’en ai perdu deux. Toute mon équipe était présente aujourd’hui. Ils m’ont motivé, ils m’ont soutenu, et c’est aussi grâce à eux que j’ai gagné aujourd’hui. Je leur en suis très reconnaissant.”

Pur Biel, chef de mission de l’équipe olympique des réfugiés à Dakar 2026, était présent au Dakar Expo Centre pour encourager Arno. Ayant lui-même participé aux Jeux de Rio 2016 en tant que membre de la toute première équipe olympique des réfugiés, il connaît parfaitement la portée d’une telle expérience.  

"Aujourd’hui, Arno a fait preuve de force et de courage en se remettant de sa défaite en quart de finale. Il nous a tous rendus très fiers et a montré à quel point cette équipe est capable de grandes choses" a-t-il déclaré :

Et d'ajouter : "La détermination dont Arno a fait preuve aujourd’hui donnera sans aucun doute de la motivation à ses coéquipiers pour les compétitions à venir. Nous espérons poursuivre sur cette lancée dans les prochains jours."

De Kakuma aux Jeux Olympiques de la Jeunesse

Dès son plus jeune âge, Arno a été contraint de fuir la République démocratique du Congo avec son père, Arnold, qui a emmené sa famille au camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya. Alors que l’exil bouleversait leur vie et les privait de nombreux repères, Arnold a trouvé un refuge dans le judo.

“Habituellement, le matin, j’allais courir et je faisais des exercices de judo”, explique-t-il. “Les enfants [Arno et son frère Christian] me regardaient m’entraîner avant de partir à l’école, et cela a éveillé leur intérêt.” 

C’est ainsi qu’Arno s’est lui aussi tourné vers ce sport, qui l’a aidé bien au-delà du tatami. 

“J’aime le judo grâce à [mon père] et à l’exemple qu’il donne par son engagement dans l’entraînement,” explique Arno. “Je lui ai demandé de m’emmener avec lui et de m’entraîner afin que j’aie confiance en moi sur le tatami comme en dehors. Pour moi, il n’y a pas de différence. Le judo nous apprend à tomber, à nous relever et à nous protéger. Il m’aide à faire face à de nombreuses situations.” 

C’est ce sentiment de sécurité qui a conduit Arno et son père jusqu’aux Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar, où ils ont désormais marqué l’histoire. Les encouragements entendus au Dakar Expo Centre laissaient entendre que le parcours d’Arno avait inspiré de nombreuses personnes.

Arno bénéficie du programme de soutien aux athlètes réfugiés, géré par la Fondation olympique pour les réfugiés et financé par la Solidarité Olympique. Le Comité National Olympique (CNO) du Kenya est son CNO hôte, lui donnant accès aux entraînements et aux compétitions qui lui ont permis d’atteindre ce niveau.

L’équipe olympique des réfugiés participe pour la première fois aux Jeux Olympiques de la Jeunesse. Elle est composée de six athlètes qui concourent en athlétisme, en judo et en taekwondo.