Acteurs du changement : des CNO donnent le ton pour un avenir à zéro émission nette

L’accord-cadre ≪ Le sport au service de l'action climatique ≫ donne lieu à une vague d’initiatives déferlant sur toute la planète

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© Melanie Gulston - Le Comité National Olympique de Trinité-et-Tobago s’est engagé à préserver les écosystèmes permettant la pratique du sport.

Lorsque le CIO s’est associé à ONU Changements climatiques pour mettre en œuvre l’accord-cadre des Nations Unies « Le sport au service de l’action climatique » (S4CA) en 2018, il a joué un rôle de catalyseur essentiel en sommant les parties prenantes du Mouvement olympique à entreprendre des actions concrètes en faveur de l’environnement. Mêlant politique et objectifs réalisables, cet accord-cadre a eu un effet galvanisant en particulier sur les Fédérations Internationales (FI) et les Comités Nationaux Olympiques (CNO), qui se sont notamment engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 50 % par rapport à leurs niveaux de référence enregistrés en 2019, à atteindre la neutralité carbone d’ici 2040, et à élaborer un plan de transition vers la neutralité carbone décrivant les mesures à prendre à court et à long terme, les obstacles et les stratégies pour mobiliser les parties prenantes.

Plus de 300 organisations sportives mondiales sont actuellement signataires de l’accord-cadre, parmi lesquelles figurent 80 CNO et cinq associations de CNO, avec un fort niveau d’engagement en Europe (21 CNO), en Afrique (21) et en Amérique (27). Le CNO de Bolivie est l’un des premiers signataires de l’accord-cadre sur le continent américain. En plus d’appliquer les bonnes pratiques lors des événements qu'il organise (notamment en utilisant des infrastructures existantes plutôt que d’en construire de nouvelles), ce CNO ne manque pas une occasion de sensibiliser les parties prenantes à l’importance des mesures en faveur de l’environnement et de leur mise en œuvre.

Soutenu par la Solidarité Olympique, le CNO du Chili s’est également imposé comme un pionnier en matière de pratiques durables, une reconnaissance qui lui a valu de figurer parmi les finalistes des prix « Action climat » du CIO en 2024. Grâce à une stratégie exhaustive axée sur la réduction des émissions de carbone et le recyclage des déchets, le CNO a obtenu des résultats tangibles sur l’environnement, notamment en intensifiant le recyclage des déchets du Centre d’entraînement olympique, passant de deux tonnes de déchets recyclés en 2022 à 98 tonnes en 2023. Cet engagement va encore plus loin en donnant aux athlètes les moyens de promouvoir le développement durable sur toutes les plateformes médiatiques.

Le CNO de Trinité-et-Tobago (TTOC) est en bonne voie pour suivre cet exemple. Ce comité est l’un des quatre CNO (avec le Botswana, la République centrafricaine et les Seychelles) à avoir déposé une demande de subvention pour la période 2025-2028 dans le cadre du programme « En route vers LA28 » en faveur de la durabilité. D’autres CNO semblent intéressés et devraient suivre cette voie.

Le programme « En route vers LA28 » exige, dans un premier temps, que les bénéficiaires soient signataires de l’accord-cadre S4CA. Il est conçu pour favoriser la mise en œuvre de politiques visant à réduire les émissions de carbone, sensibiliser à la durabilité et mettre au point des stratégies de durabilité prenant en compte les dimensions sociales, environnementales et économiques du changement climatique.

« Le sport ne tourne pas uniquement autour de la compétition. Le sport, c’est aussi faire le nécessaire pour préserver les communautés et les écosystèmes qui rendent sa pratique possible, et c’est pour cette raison que la vision de notre CNO est centrée sur la durabilité et la gestion responsable de l’environnement », a déclaré Diane Henderson, présidente du TTOC.

Le TTOC s’est lancé dans cette démarche en 2025 en formant son personnel à la gestion des émissions de carbone et en traçant une marche à suivre précise dans la perspective des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Pour la suite, le CNO prévoit de s’entretenir avec les parties prenantes et d’entreprendre un audit de durabilité complet sur lequel il pourra s’appuyer pour dresser une feuille de route stratégique visant à encadrer l’intégration de la durabilité dans chaque aspect de ses activités.

En Afrique, le CNO du Cap-Vert s’est imposé comme la référence à suivre avec ses initiatives exemplaires en matière d’action climatique. En 2020, il est devenu le premier CNO du continent à signer le S4CA et, à travers son projet « Mer olympique », il pilote les efforts de reboisement, de conservation et de restauration des écosystèmes locaux.

Inspiré par ces initiatives, le CNO des Seychelles, lui aussi basé dans un État insulaire, prend des mesures pour réduire son impact environnemental dans l’optique des Jeux de LA28. S’étant fixé pour objectif de devenir un leader régional dans ce domaine, le CNO des Seychelles est également en train de procéder à l’évaluation de son empreinte carbone et d’élaborer un plan de durabilité à long terme. Le CNO s’est déjà associé aux ministères de l’Éducation, de l’Environnement, du Tourisme et de l’Économie bleue afin de pouvoir mutualiser les financements et éviter la duplication des tâches. Il plaide également en faveur de la mise en place des systèmes régionaux pour la gestion des déchets. « Chaque nation, quelle que soit sa taille, a un rôle essentiel à jouer dans la réalisation des objectifs mondiaux en matière de climat », a déclaré Alain Alcindor, président du CNO des Seychelles. « C’est lorsque tout le monde met la main à la pâte que les effets sont les plus grands. »

Le CNO du Botswana déploie quant à lui son propre plan stratégique quadriennal, assorti d’objectifs spécifiques à atteindre chaque année dans le but de consolider ses capacités à long terme sur le plan de la durabilité. Ce plan s’articule autour de cinq piliers fondamentaux, tels que la formation du personnel à la gestion des émissions de carbone et l’adoption de directives en matière d’approvisionnement durable. « En résumé, nous commençons à mettre nos bonnes intentions en œuvre, en intégrant la durabilité dans la gouvernance, les opérations et les prises de décisions dans le cadre de notre préparation pour les Jeux de LA 2028 », a déclaré Dorothy Tlagae-Gaseitsiwe, secrétaire générale du CNO.

La dynamique collective impulsée par l’accord-cadre des Nations Unies « Le sport au service de l’action climatique » est bien la preuve que même les CNO des plus petits pays peuvent jouer un rôle déterminant dans la réalisation des objectifs climatiques mondiaux.

Les organisations sportives du monde entier se sont véritablement engagées en faveur de la durabilité dans le but de préserver les fondements mêmes sans lesquels le sport ne pourrait exister, tout en créant un héritage puissant et pérenne pour les générations futures.