Donner l'exemple : une session des COE met en lumière les bénéfices concrets de la bonne gouvernance
Des responsables de CNO démontrent comment il est possible de consolider la confiance, les financements et les performances en procédant à changements proactifs
Si elles sont indispensables, les discussions autour de la bonne gouvernance sont rarement palpitantes. Les Comités Olympiques Européens (COE) méritent donc tous nos louanges pour avoir su organiser une table ronde sur le sujet en obtenant un taux de satisfaction exceptionnel de 92,3 % auprès des participants. Organisée conjointement par le CIO, la Solidarité Olympique et le Bureau de représentation des COE auprès de l'UE, la discussion informelle sur les « principes fondamentaux de la bonne gouvernance et pistes d’amélioration » s’est tenue lors du 45e Séminaire des COE et du Forum de la Solidarité Olympique, les 3 et 4 octobre 2025 à Malte. Les participants à ces échanges ont exploré comment les parties prenantes olympiques passaient de la théorie à la pratique pour faire de la bonne gouvernance un catalyseur de croissance et de crédibilité.
Loin des présentations traditionnelles, l’objet était de favoriser les échanges et l’apprentissage entre pairs parmi les 49 CNO européens participants.
« L’objectif [était] simple : créer un environnement propice aux échanges ouverts entre les CNO, partager leurs expériences et acquérir des connaissances pratiques qui leur seront utiles au quotidien », a déclaré Spyros Capralos, président des COE et membre de la commission exécutive du CIO.
En tant que chef de file du Mouvement olympique, le CIO a été le principal moteur de la réforme en matière de gouvernance impulsée ces deux dernières décennies. Il a donné aux CNO les moyens de renforcer leur propre structure de gouvernance par le biais de ressources telles que la plateforme de gouvernance des CNO, utilisée par plus de 90 % des CNO à travers le monde depuis son lancement en 2016.
Les « principes universels de base de bonne gouvernance au sein du Mouvement olympique » sont le fondement même de tous ces efforts. Introduits par le CIO en 2009 et actualisés pour la dernière fois en 2022, ils fournissent à tous les CNO les lignes directrices nécessaires pour exercer leurs fonctions avec davantage d’intégrité et de responsabilité.
À l’occasion d'une table ronde interactive, quatre représentants de CNO ont fourni des enseignements sur les réformes de la gouvernance en situation réelle : Annamarie Phelps, membre du comité exécutif des COE et vice-présidente de l'Association olympique britannique, Petra Gantnerova, responsable des relations internationales au CNO de Slovaquie, Beat Wachter, secrétaire général du CNO du Liechtenstein, et Peter Sherrard, directeur général et secrétaire général du CNO d’Irlande.
Conscients qu’il incombe aux CNO de montrer l’exemple et de défendre les valeurs olympiques sur leurs territoires, les intervenants ont démontré comment des réformes durables en matière de gouvernance ont été un puissant moteur de crédibilité, de confiance et de croissance pour leurs CNO. En renforçant progressivement leurs cadres de gouvernance, les CNO de toutes les tailles ont réussi à trouver de nouvelles sources de financement publiques et privées, à renforcer la confiance des parties prenantes et à élargir leurs rôles et responsabilités.
En Irlande et au Liechtenstein, les réformes ont conduit à des améliorations concrètes sur le plan institutionnel, notamment à une augmentation significative des financements et à des relations plus étroites avec les autorités publiques et les partenaires. La Slovaquie a présenté des exemples concrets de modernisation des institutions et d'amélioration de la reddition de comptes en procédant à des réformes structurelles, telles que la mise en place de mécanismes de contrôle indépendants, la définition de règles plus claires en matière de gouvernance et l'adoption d’une législation sportive plus rigoureuse.
Pour ce qui est du Royaume-Uni, il a été démontré sur le terrain que c’est en haut de l’échelle que commence la bonne gouvernance. Il ne suffit pas d’élaborer des règles et des réglementations : elles doivent être rigoureusement appliquées par les responsables. La direction doit être composée de membres pouvant légitimement représenter les sports qu’elle gouverne, qui consultent régulièrement les principales parties prenantes et qui mettent à profit les connaissances de spécialistes pour mettre en œuvre les stratégies clés. En définitive, pour que l’ensemble du système s’imprègne de cette culture, les CNO doivent promouvoir la bonne gouvernance auprès de leurs fédérations membres.
Toutes ces interventions ont fait ressortir un message commun : la bonne gouvernance n’est pas une entreprise ponctuelle, mais un engagement sans relâche qui exige des efforts constants, une coopération permanente et un apprentissage continu. Les intervenants ont souligné qu’il ne fallait pas se laisser intimider par la mise en œuvre des réformes de gouvernance, car tous les outils, normes et bonnes pratiques existent déjà. Le véritable défi réside dans la capacité à les adapter efficacement aux contextes nationaux et à les appliquer de manière cohérente au fil du temps.
Après une séance de questions-réponses enrichissante, le séminaire s’est conclu sur un consensus entre les CNO, les COE et leur Bureau de représentation auprès de l'UE, ainsi que le CIO, selon lequel la bonne gouvernance n’est pas une fin en soi, mais un moteur de confiance, de performances et de durabilité. Elle permet de mieux gérer les risques, d’accroître l’attractivité des organisations auprès des partenaires et sponsors potentiels, et contribue, en définitive, à favoriser la résilience du Mouvement olympique.