Comment se préparer pour les Jeux
Historien du sport, docteur et chercheur italien à l’université de Bologne, Nicola Sbetti a analysé l’importance et les conséquences passées et présentes de l’accueil par l’Italie des Jeux Olympiques.
« Pour l’Italie, ces Jeux n’ont posé aucun problème sur le plan politique, car le gouvernement et l’opposition ont travaillé main dans la main », explique-t-il au sujet de Cortina d’Ampezzo 1956. « Les organisateurs ont davantage concentré leurs efforts sur les athlètes, plutôt que sur le public : l’objectif n’était pas de rassembler d’immenses foules, mais de réserver le meilleur accueil possible aux athlètes, délégations et journalistes. L’important était de démontrer que l’Italie pouvait organiser un événement de cette ampleur de manière efficace. »
Nicola Sbetti estime que ces quatrièmes Jeux Olympiques en Italie partageront des similarités sur le plan géopolitique et la motivation patriotique : « Le gouvernement italien va évidemment profiter des Jeux pour promouvoir l’image du pays par le biais du sport et des valeurs olympiques, comme chaque pays hôte a pu le faire par le passé. »
L’historien ne cède pas à l’inquiétude face aux appréhensions sur la capacité des Italiens à mener le projet en temps et en heure. « Lorsque l’Italie organise de grands événements, il y a traditionnellement du retard, mais au final, tout est toujours résolu et l’événement est sécurisé, prophétise-t-il. Nous en verrons sans doute un nouvel exemple cette fois-ci, mais je suis plutôt optimiste sur l’absence de problèmes majeurs au final. »
À pleine vitesse
La perspective de voir Cortina d’Ampezzo retrouver sa splendeur d’antan, telle qu’elle est dépeinte dans le classique de James Bond de 1981 Rien que pour vos yeux, avec ses montagnes enneigées scintillant sous le soleil, suscite un enthousiasme grandissant.
Les préparatifs pour les retrouvailles entre la « Reine des Dolomites » et les Jeux d’hiver ont permis de lancer des travaux d’amélioration qui bénéficieront au domaine skiable, aux infrastructures et à l’accueil touristique. Près de 20 hôtels sont rénovés ou reconstruits, tandis qu’un nouvel hôtel est sur le point d’ouvrir ses portes. De nombreux restaurants et magasins subissent une rénovation partielle ou complète, tout comme quatre parkings.
Près de 20 hôtels sont rénovés ou reconstruits, tandis qu’un nouvel hôtel est sur le point d’ouvrir ses portes. De nombreux restaurants et magasins subissent une rénovation partielle ou complète, tout comme quatre parkings.
La route d’accès à Cortina – via Belluno à la fin de l’A27 en provenance de Venise – est en train d’être élargie à plusieurs endroits. D’autres projets d’amélioration sont en cours dans le centre-ville de Cortina : la station et sa rue piétonne Corso Italia se refont une beauté.
Les organisateurs italiens s’appuient sur leur savoir-faire et leur expérience dans le domaine sportif : des compétitions internationales se déroulent régulièrement dans la région depuis les Jeux d’hiver de 1956.
Plus récemment, Cortina d’Ampezzo a accueilli les championnats du monde masculins de curling en 2010 et les championnats du monde de ski alpin en 2021 ; la province de Trente a organisé les Universiade d’hiver 2013 et les championnats du monde de ski nordique se sont tenus trois fois dans le Val di Fiemme, la dernière fois en 2013. Anterselva a été l’hôte des championnats du monde de biathlon à six reprises, la dernière édition datant de 2020.
Milan et Cortina étant séparées par 416 km, soit environ 4h30 de route, les épreuves masculines et féminines de ski alpin se disputeront à plus de 250 km de distance. Les hommes évolueront sur la redoutable piste du Stelvio à Bormio, tandis que les femmes dévaleront la piste historique de l’Olympia delle Tofane à Cortina. Les favorites italiennes Sofia Goggia et Federica Brignone auront l’avantage d’évoluer sur une piste qu’elles connaissent et devant un public acquis à leur cause.
Depuis les années 1920, Cortina a accueilli des compétitions de bobsleigh sur sa piste historique, notamment l’épreuve olympique en 1956, et neuf manches du championnat du monde entre 1937 et 1989. L’installation centenaire a fermé ses portes en 2008.
Malgré les délais, la reconstruction de la piste olympique Eugenio Monti est en cours, devant être prête pour sa pré-homologation en mars 2025. Cette structure à 16 virages de 1 650 m de long sera de nouveau équipée pour accueillir les meilleurs glisseurs du monde.
« La décision du gouvernement italien de reconstruire le Centre de Glisse de Cortina confirme le plan-cadre d’origine, souligne Andrea Varnier. Nous sommes conscients des délais serrés, auxquels veillent le COJO, le CIO et les Fédérations Internationales. »
Le Centre international de communication et le Centre de presse principal seront la seconde maison des journalistes au Centre des Congrès de Milan.
La création du village olympique principal de Milan est un projet en cours visant à créer un héritage après les Jeux de 2026 pour bâtir une communauté durable et respectueuse de l’environnement dans le quartier Porta Romana, une gare de triage désaffectée.
« Le village olympique, dont les travaux sont en avance sur le calendrier, est un bon exemple d’ingénierie inversée, déclare Andrea Varnier. Ce site qui accueillera 1 500 athlètes et officiels a en fait été conçu dès le départ comme une résidence pour le corps estudiantin. Après les Jeux, le village deviendra la plus grande résidence universitaire d’Italie, proposant un hébergement inclusif et innovant. »
Un autre village olympique temporaire sera construit à Fiames, à 5 km de Cortina.