Vous avez été championne olympique à trois reprises lors de trois éditions des Jeux. Parlez-nous de ce lien étroit qui vous unit aux Jeux Olympiques.

C'est un lien qui, pour moi, est beaucoup plus fort aujourd'hui qu'à l'époque. Lorsqu'on est athlète, on vit l'expérience sportive, le défi, la compétition avec les autres athlètes différemment. Mon lien avec les Jeux Olympiques s'est renforcé au fil du temps. Aujourd'hui, avec les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver de Milano Cortina 2026, je vais pouvoir revivre, indirectement, tous les souvenirs et toutes les émotions de mes années de compétition. C'est comme si, en regardant les Jeux de l'extérieur, vous preniez soudain conscience de l'ampleur de l'événement et compreniez à quel point les exploits des athlètes restent gravés dans les mémoires.

Pendant votre enfance, avez-vous ressenti l'héritage tangible ou intangible des Jeux Olympiques d'hiver de 1956 à Cortina d'Ampezzo ? Si oui, comment ?

Je suis originaire de la Valteline, de Bormio, mais depuis que je suis toute jeune, j'ai toujours eu un lien très fort avec Cortina. J'y ai gagné ma première course importante (les championnats juniors italiens). Dès mon plus jeune âge, j'ai skié sur les pistes de Cortina. J'y suis retournée régulièrement au début de ma carrière, puis pour les championnats italiens, et enfin pour la Coupe du monde. Cortina a accueilli tellement de courses de la Coupe du monde féminine que j'ai commencé à y aller chaque année : j'ai gagné là-bas, j'ai disputé des compétitions là-bas, j'ai appris à connaître ce territoire et ses pentes emblématiques au charme particulier que nous devons aux Jeux de 1956. Et n'oublions pas le tremplin de saut à ski, symbole incontournable de ces Jeux et, désormais, de la station de Cortina elle-même.

L'édition de 1956 à Cortina ou d'autres éditions des Jeux Olympiques d'hiver ont-elles influencé votre carrière de jeune skieuse ? Vous ont-elles inspirée ?

J'ai pris part à trois éditions des Jeux Olympiques. Dès ma première participation, quelque chose a changé en moi. J'ai compris que le fait de concourir aux Jeux – et de gagner – allait transformer non seulement ma carrière d'athlète, mais aussi ma vie en général. Les Jeux d'Albertville en 1992 restent mon plus beau souvenir. C'étaient mes premiers Jeux, et j'y ai décroché ma première médaille d’or. Cette édition m'a profondément marquée ; elle a changé ma vie. Je suis passée de membre de l'équipe nationale à athlète de renommée mondiale. Le ski est devenu mon métier.

Cortina d’Ampezzo 1956, des Jeux Olympiques qui donnent un coup d’éclat à la “Reine des Dolomites”

Le retour des Jeux Olympiques d'hiver dans les Alpes vingt ans après Turin, en Italie de surcroît, a-t-il une portée symbolique ?

Les sports d'hiver vont enfin faire leur grand retour dans les Alpes. Ces Jeux seront un symbole d'unité ; ils encourageront le développement des régions de montagne. Nous verrons également sur nos écrans comment ces sports ont évolué au cours des 20 dernières années. L’impatience est à son comble.

Quels souvenirs gardez-vous de Turin 2006 ?

Aux Jeux de Turin 2006, j'ai porté la flamme. C'est Piero Gros qui me l'avait remise. Je l’ai ensuite transmise à Stefania Belmondo, qui a allumé la vasque olympique. Ce fut une expérience intense, ne serait-ce qu'au regard du stade comble. Être au cœur de l'action, et non plus simple spectatrice, fut un moment incroyable à vivre. La foule présente dans ce stade dégageait une énergie phénoménale.

Parlez-nous de votre rôle d'ambassadrice pour les Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver de Milano Cortina 2026.

En ma qualité d'ambassadrice des Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver de Milano Cortina 2026, je veux transmettre l'émotion que les Jeux peuvent insuffler – sans oublier la dimension éthique des valeurs olympiques et l'héritage que la manifestation laissera aux territoires.

En tant qu'ambassadrice de l'UNICEF et par l'intermédiaire de Sciare per la Vita OdV, une association à but non lucratif, vous défendez depuis toujours de grandes causes sociales. Pourriez-vous nous parler brièvement des projets qui vous tiennent le plus à cœur ?

Nous devons nous entraider car nous vivons dans un monde où règnent l'égoïsme et les contradictions. La richesse côtoie la pauvreté, la joie la souffrance. La maladie peut frapper n'importe qui n'importe quand, même les enfants. Avec Sciare per la Vita, notre mission est de soutenir les soins pédiatriques en Lombardie. Nous collectons des fonds pour les organismes qui se consacrent à la recherche et au traitement des leucémies en organisant des événements sportifs, récréatifs et culturels et en participant à diverses initiatives et activités.

Qu'attendez-vous de la tenue des Jeux Olympiques d'hiver dans votre région ?

Plus que des attentes, j'ai l'espoir que les habitants de nos vallées prendront conscience du caractère unique et incomparable de notre territoire. Sa richesse environnementale et la beauté de ses paysages sont extraordinaires. Les Valtelinois, bien que profondément attachés à leur terre, ont tendance à sous-estimer sa beauté et sa richesse. Ces Jeux Olympiques peuvent servir de catalyseur social, susciter une prise de conscience et apporter beaucoup, et pas seulement au niveau des infrastructures.

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