“Le parcours olympique de Beijing :
des Jeux dont l'héritage s'inscrit dans la durée”
13 juillet 2026, par
Kirsty Coventry
Présidente du CIO
Cet article d'opinion a été initialement publié dans China Daily le 13 juillet 2026.
Il y a vingt-cinq ans, Beijing se voyait confier l'organisation des Jeux Olympiques. C'était le début d'un parcours olympique extraordinaire pour la Chine.
Pour moi, les Jeux Olympiques de Beijing 2008 restent l'un des moments mémorables de ma vie d'athlète. Je me souviens encore de l'atmosphère unique qui régnait alors : l'énergie de la ville, la fierté de ses habitants, les couleurs et la créativité de la cérémonie d'ouverture, et ce sentiment que le monde entier s'était donné rendez-vous en un seul et même lieu.
Deux sites en particulier me sont restés en mémoire. En tant que nageuse, le "Cube d'eau" occupera toujours une place à part dans mon cœur : c'est là que j'ai vécu certains des moments les plus marquants de ma carrière. Quant au "Nid d’oiseau", il est devenu l’une des images emblématiques des Jeux Olympiques de Beijing 2008, l'écrin d'une cérémonie d’ouverture qui a fait découvrir au monde entier la culture et la créativité chinoises.
Lorsque je suis retournée à Beijing pour les Jeux Olympiques d'hiver de 2022, cette fois-ci en tant que membre du CIO, j'ai redécouvert ces souvenirs sous un jour nouveau. Le "Cube d'eau" était devenu le "Cube de glace", site olympique consacré au curling. Le "Nid d'oiseau", lui, accueillait de nouveau des cérémonies d'ouverture et de clôture inoubliables.
Ces deux exemples illustrent avec force ce que peut être une seconde vie pour des infrastructures sportives. Mais ils soulèvent aussi une question plus large.
Le véritable héritage des Jeux Olympiques ne se résume jamais à ce qui reste une fois la flamme éteinte. Ce qui compte, c'est ce que les Jeux permettent d'accomplir par la suite.
Davantage de jeunes se tournent-ils vers le sport ? Davantage de communautés s'y investissent-elles ? Les athlètes peuvent-ils s'entraîner et concourir dans de meilleures conditions ? Une ville se prépare-t-elle mieux pour l'avenir ?
Ce sont ces questions qui devraient guider tout hôte de la manifestation olympique dès le premier jour, afin que les Jeux apportent davantage aux communautés locales, tout en laissant une empreinte environnementale plus légère.
C'est cela, des Jeux durables. Tout commence par des choix responsables en matière de ressources – sites, transports et énergie – mais l'ambition va bien au-delà : créer des bénéfices qui perdurent.
Beijing montre à quoi cela peut ressembler. Les Jeux Olympiques de 2008 n'ont pas seulement laissé des infrastructures olympiques. Ils ont contribué à accélérer la transformation de la ville, grâce à des investissements dans les transports, les espaces publics et d'autres aménagements qui profitent encore aujourd'hui à ses habitants. Ils ont aussi suscité un véritable engouement pour la pratique sportive, donnant un nouvel élan à une culture du sport plus large en Chine – une culture où toujours plus de personnes peuvent bouger, jouer et pratiquer une activité physique.
Les Jeux Olympiques d'hiver de Beijing 2022 ont porté cet héritage encore plus loin. Cinq sites hérités de 2008 ont été réutilisés, l'ensemble des sites olympiques ont fonctionné à l'énergie renouvelable, et des technologies bas carbone ont été déployées. Ces Jeux ont également accéléré la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Beijing à Zhangjiakou, réduisant considérablement le temps de trajet entre les deux villes.
Mais surtout, ces Jeux ont fait découvrir les sports d'hiver à plus de 350 millions de personnes à travers le pays. Yanqing et Zhangjiakou sont devenues des pôles majeurs pour la compétition et l'entraînement aux sports d'hiver, dotés d'installations accessibles aussi bien au grand public qu'aux athlètes locaux – autant de nouvelles perspectives et de réels avantages sociaux et économiques pour les communautés locales.
Ensemble, ces exemples montrent ce que peut être un héritage olympique lorsqu'il dépasse le cadre de l'événement lui-même : plus d'opportunités, plus de participation et une place plus grande accordée au sport dans la vie quotidienne des habitants.
Lors de mon dernier voyage en Chine, j'ai pu voir cet héritage à l'œuvre : dans l'ampleur et l'énergie des Jeux nationaux de 2025, organisés dans le Guangdong, à Hong Kong et à Macao, dans la fierté que la population tire de sa culture sportive, et dans l'enthousiasme de toutes les générations pour le sport et l'activité physique.
C'est important, car le sport ne se résume pas à la compétition.
Il rassemble les peuples. Il aide les jeunes à prendre confiance en eux et à forger des valeurs essentielles. Il contribue à la santé des communautés. Il crée un sentiment d'appartenance. Et il donne chacun de l'espoir et de l'ambition.
C'est là toute la force du sport : donner à chacun une raison de partager les rêves des autres.
Dans un monde de plus en plus divisé, c'est aussi pour cela que l'esprit olympique compte tant. Les Jeux Olympiques nous rappellent que des personnes venues des quatre coins du monde peuvent se retrouver dans un esprit de paix et d'amitié. Ils nous rappellent que, même si nous venons de cultures et d'horizons différents, nous pouvons partager des moments de joie, de respect et d'admiration.
Le parcours olympique de Beijing – de l'attribution des Jeux il y a vingt-cinq ans, aux Jeux de 2008, jusqu'aux Jeux d'hiver de 2022 – montre tout l'intérêt de regarder au-delà de l'événement lui-même.
Le meilleur héritage olympique ne se limite jamais à ce qui subsiste une fois les Jeux terminés. Il se poursuit dans la vie quotidienne des habitants, au cœur des communautés, et à travers les générations à venir.