Une solution ingénieuse
Conçu pour les épreuves d’aviron et de canoë-kayak lors des Jeux Olympiques de Rome 1960, le système de couloirs Albano a ensuite été adopté comme la norme universelle et reste toujours d’usage aujourd’hui.
Lors de sa première mise en œuvre à Rome 1960, le système a nécessité l'installation de 1 500 bouées et de 26,5 kilomètres de câbles pour les soutenir afin de délimiter des couloirs sur le lac Albano, où se sont déroulées les épreuves d'aviron et de canoë-kayak. Cette solution avait le mérite de répondre aux défis posés par le lac, lequel, situé dans le cratère d'un ancien volcan, pouvait atteindre une profondeur de 170 mètres par endroits, même à proximité du rivage. Cela voulait dire que les couloirs et les marquages de distance en usage à l’époque, qui étaient soutenus par des plateformes flottants maintenues en place par des ancres, étaient impossibles à installer.
Pour positionner le nouveau système, 14 pieux en béton armé ont été planté enfoncés dans le lit du lac, sept à chaque extrémité du parcours, chaque paire étant distante de 2 000 mètres l’une de l’autre. Les câbles supportant les bouées ont ensuite été tendus entre les pieux afin de délimiter les couloirs.
Le dessin géométrique rigide formé par les câbles et les bouées était un gage d’équité des règles du jeu entre tous les concurrents. Certifié et adopté par la Fédération Internationale de canoë-kayak (ICF) et World Rowing, les instances dirigeantes mondiales respectives du canoë-kayak et de l'aviron, pour leurs compétitions de haut niveau, le système a été rapidement baptisé du nom du lac sur lequel il a vu le jour. Il fut utilisé une nouvelle fois à Tokyo 2020, même si les bouées étaient alors suportées sur des câbles en fibre, et non en métal. La raison ? Les épreuves d’aviron et de canoë-kayak se déroulaient alors sur un site d’eau salée.