Une rencontre de muscles et d’esprits

Stockholm 1912 a été la première édition des Jeux Olympiques à comprendre dans son programme un concours d’art, un événement culturel faisant le pont entre l’ère moderne et les Jeux de l’Antiquité, qui fit partie intégrante des Jeux pendant des années par la suite.

2. A meeting of muscles and minds
© 1912 / Comité International Olympique (CIO) – Tous droits réservés - Les Suisses Monod et Laverrière remportent la médaille d'or au concours d’architecture sportive avec leur projet de stade olympique moderne.

Le dernier concours d’art a été tenu lors de l’édition de Londres 1948. Lors des Jeux d’Helsinki 1952, ce concours a été remplacé par l’Olympiade culturelle, un programme pluridisciplinaire mêlant arts et culture, réalisé sur quatre ans entre deux éditions des Jeux Olympiques. Son objectif : explorer les corrélations entre l’art et le sport et les valeurs qu’ils partagent, en soulignant l'importance que l’art et la culture revêtent pour les Jeux.

Se disputant en parallèle des compétitions sportives, le concours d’art de Stockholm 1912 portait sur cinq catégories, désignées collectivement sous le nom de « Pentathlon des Muses » : architecture, littérature, musique, peinture et sculpture. Comme pour les athlètes, les artistes étaient récompensés par des médailles d'or, d’argent et de bronze. Des sous-catégories vinrent compléter le programme lors d’éditions ultérieures des Jeux, telles que la littérature dramatique, lyrique et épique ; la musique orchestrale et instrumentale ; le chant solo et en chorale ; les dessins, les arts graphiques et les peintures ; les statues, les reliefs, les médailles, les plaques et les médaillons.

Le principal objet des concours d’art était de donner lieu à des discussions et de promouvoir des idées parmi les athlètes et les spectateurs. Pierre de Coubertin, qui considérait que l’entraînement du corps et la culture de l’intellect et de l’esprit étaient le fondement même de l’Olympisme, était un fervent défenseur de l’organisation de ces concours. En effet, son rêve était de bâtir une société au sein de laquelle les artistes et les athlètes pourraient s’inspirer les uns des autres.

Cette conception de l'Olympisme trouve ses racines dans les Jeux de l’Antiquité, dans le cadre desquels athlètes, philosophes, érudits, poètes, musiciens, sculpteurs et autres personnalités éminentes se réunissaient pour mettre en lumière leurs innombrables talents.