Une mobilisation renforcée contre le dopage à l'approche des Jeux de Milano Cortina 2026

À quelques jours de l'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver de Milano Cortina 2026, les autorités en charge de la lutte contre le dopage, qui s’exprimaient aujourd'hui devant la 145e Session du CIO à Milan, ont réaffirmé leur engagement durable en faveur de l’intégrité du sport, fondé sur la mise en place de contrôles rigoureux avant les Jeux et une dissuasion à long terme. L’Agence de contrôles internationale (ITA) a renforcé ce message en annonçant de nouvelles sanctions issues de la réanalyse d'échantillons prélevés lors des Jeux Olympiques de Rio 2016.

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© IOC/Quinton Meyer

Key facts

  • 92 % des athlètes en lice aux Jeux de Milano Cortina 2026 ont été contrôlés au moins une fois durant la phase précédant les Jeux.
  • 7 100 contrôles ont été effectués sur plus de 2 900 athlètes au cours des six mois ayant précédé les Jeux.
  • Tous les athlètes individuels neutres (AIN) participants ont été testés avant les Jeux, conformément aux recommandations formulées par l'ITA.
  • Pendant les Jeux, les contrôles seront menés à la fois en compétition et hors compétition, selon une approche fondée sur le risque et le renseignement.
  • Tous les échantillons collectés pendant les Jeux de Milano Cortina 2026 seront stockés et pourront être réanalysés pendant une période maximale de dix ans.
  • Les réanalyses des échantillons prélevés sur les athlètes ayant participé aux Jeux Olympiques de Rio 2016 ont révélé sept résultats d'analyse anormaux supplémentaires, portant leur nombre total à dix.

Un solide programme de contrôles de dopage avant les Jeux pour Milano Cortina 2026

Dans son premier rapport depuis son entrée en fonction le 1er janvier, le président nouvellement nommé du Conseil de Fondation de l'ITA, Jacques Antenen, a indiqué que 92 % des athlètes en lice aux Jeux de Milano Cortina 2026 auront été contrôlés au moins une fois durant la phase précédant les Jeux.

Lancé à l'été 2025, le programme antidopage indépendant mené avant les Jeux par l’ITA, au nom du CIO, pour l’édition de Milano Cortina 2026, a permis de garantir que les athlètes en lice étaient soumis à une approche stratégique en matière de contrôles, bien avant leur arrivée en Italie.

À cette fin, l'ITA a fourni aux Fédérations Internationales (FI) de sports d’hiver et aux organisations nationales antidopage (ONAD) du monde entier des recommandations de contrôle ciblées et fondées sur le risque. Elle a en outre mené des contrôles avant les Jeux pour le compte des FI d'hiver ayant délégué leurs programmes. Le président de l'ITA a souligné que cette approche fondée sur le risque permettait d’assurer des contrôles à la fois proportionnés et cohérents, tout en limitant les disparités entre les sports et les pays pendant la période critique précédant les Jeux.

Ainsi qu’il l’a confié : "D'une édition des Jeux à l'autre, notre objectif commun doit être de continuer à renforcer ces efforts coordonnés, afin que les athlètes puissent débuter les Jeux avec la certitude que leurs adversaires ont été soumis aux mêmes contrôles proportionnés et crédibles qu’eux."

© ITA

Protéger l’intégrité du sport grâce au stockage à long terme et à la réanalyse

Tous les échantillons collectés pendant les Jeux Olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 seront stockés dans l’installation centralisée de stockage à long terme de l’ITA et pourront être réanalysés pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans, constituant ainsi un levier majeur de dissuasion à long terme.

Dans ce cadre, l'ITA a mis en lumière les derniers résultats de son programme de réanalyse, qui a permis d’identifier des résultats d'analyse anormaux dans des échantillons fournis par sept athlètes ayant participé aux Jeux de Rio 2016 il y a près de dix ans.

Tous les échantillons réanalysés avaient initialement été analysés pendant les Jeux de Rio 2016 et déclarés négatifs. Toutefois, les avancées technologiques, notamment le développement de nouvelles méthodes de détection et l'amélioration de la sensibilité analytique, ont depuis permis aux laboratoires d’identifier des substances qui ne pouvaient être détectées à l'époque.

Avec ces nouveaux cas, l'ITA a indiqué que le programme de réanalyse des Jeux de Rio 2016 était presque achevé, portant à dix le nombre total de résultats d'analyse anormaux.

"Cela confirme que les infractions liées au dopage peuvent encore être sanctionnées de nombreuses années plus tard et doit constituer un message fort pour celles et ceux qui seraient tentés de tricher", a expliqué Jacques Antenen. Et de préciser : "Dans le même temps, nous sommes pleinement conscients qu'un moment de victoire volé ne pourra jamais être restitué a posteriori aux vainqueurs légitimes. Toutefois, tôt ou tard, la vérité finit par éclater, et les efforts déployés par le CIO et l'ITA pour faire tout ce qui est en leur pouvoir afin que justice soit rendue doivent être soulignés." 

Unir ses forces pour préserver l'intégrité du sport

Alors que le compte à rebours pour Milano Cortina 2026 se poursuit, l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) a indiqué que les efforts déployés s'accompagnaient d'une coordination et d'une application sans précédent au niveau international, assurant ainsi la mise en place d'un système de lutte contre le dopage plus solide pour préserver l'intégrité des Jeux.

Dans son discours prononcé à la Session du CIO, le président de l'AMA, Witold Bańka, a déclaré : "Notre coopération avec le CIO et l'ITA continue de renforcer l'intégrité de ces Jeux. Nous avons lancé des programmes éducatifs dans 18 langues. Plus de 5 300 athlètes et membres de leur entourage les ont suivis."

"Nous apportons également notre soutien au programme de tests menés par l'ITA avant les Jeux", a rappelé Witold Bańka. "Nous allons déployer des observateurs indépendants et des équipes qui auront pour mission d'aller à la rencontre des athlètes. Enfin, nous avons travaillé en étroite collaboration avec le laboratoire de Rome afin de nous assurer que tout est prêt. Nous voulons que ces Jeux restent dans les mémoires comme une expression de l'excellence, de l'équité et de la confiance dans des compétitions véritablement équitables".

145th IOC Session, Anti-Doping Report by the World Anti-Doping Agency (WADA) President, Mr Witold Bańka

© IOC/Quinton Meyer

L'AMA a précisé que ces mesures s'inscrivaient dans le cadre de réformes plus larges approuvées lors de la Conférence mondiale sur le dopage dans le sport organisée à Busan en décembre dernier, durant laquelle le Code mondial antidopage et les Standards internationaux 2027 ont été adoptés. Tandis que la mise en œuvre se poursuit, l'AMA a souligné que le nouveau cadre renforçait les droits des athlètes, les responsabilités et la confiance placée dans le système de lutte contre le dopage.

Démanteler les réseaux criminels pour protéger le sport propre

En dehors des Jeux, l'AMA a salué les résultats toujours plus nombreux obtenus grâce aux enquêtes axées sur le renseignement et à la coopération avec les forces de l'ordre.

"Depuis 2022, nous avons intensifié notre collaboration avec les forces de l'ordre, d'abord en Europe, puis en Asie et en Océanie. Jusqu'ici, nous avons noué des liens avec 99 pays, 97 organisations antidopage et 86 services chargés de l'application de la loi", a expliqué Witold Bańka.

"Grâce à cette coopération, nous avons mené 225 opérations conjointes et démantelé 75 laboratoires illicites et réseaux criminels. Ces opérations ont permis de saisir plus de 78 tonnes de substances destinées à améliorer les performances. Cela représente 1,6 milliard de doses de substances interdites qui n'ont pas été mises sur le marché mondial, soit 1,6 milliard de menaces pour la santé éliminées", a-t-il souligné.

Forte de ce succès, l'AMA prévoit d'étendre le projet au continent américain en 2026 et 2027, puis à l'Afrique en 2028 et 2029. 

L'AMA s'est également félicitée de la confiance grandissante accordée à son programme de lanceurs d'alerte, avec désormais plus de 600 signalements par année effectués via la plateforme "Brisez le silence", et des investissements consentis dans les secteurs de la science, des enquêtes et de la supervision de la conformité afin que les Jeux de Milano Cortina 2026 restent dans les mémoires pour leurs compétitions équitables et loyales.

International Council of Arbitration for Sport Report by the Acting President, Mr Michael B. Lenard OLY

© IOC/Quinton Meyer

Les opérations du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) aux Jeux de Milano Cortina 2026

Durant la Session, le président par intérim du Conseil International de l’Arbitrage en matière de Sport (CIAS), Michael Lenard, a expliqué que pour Milano Cortina 2026, le CIAS avait mis en place une chambre ad hoc et une chambre antidopage (CAD) du TAS. Ces deux chambres sont entrées en fonction le 27 janvier et le resteront jusqu'au 22 février.

La chambre antidopage du TAS (CAD) a pour mission de statuer sur les affaires de dopage pendant les Jeux. Aux Jeux de Milano Cortina 2026, elle sera l'autorité de première instance chargée de se prononcer sur d’éventuelles violations des règles antidopage commises par des athlètes et sur toute sanction applicable le cas échéant.

La chambre ad hoc du TAS a adapté et simplifié les règles afin de résoudre les litiges juridiques selon une procédure accélérée, parfois en moins de 24 heures après le dépôt d'une demande. Les athlètes et les fédérations de sport ont accès gratuitement à des services de qualité pour le règlement des litiges, adaptés au calendrier des compétitions olympiques.