Un tremplin pour la médecine et la science du sport

Les Jeux Olympiques de 1928 ont été le cadre du tout premier Congrès mondial de la médecine du sport, symbole des progrès significatifs réalisés dans ce domaine.

04. A springboard  for sports medicine and science
© 2014 / Comité International Olympique (CIO) / MORATAL, Christophe – Tous droits réservés - La Fédération Internationale de Médecine du Sport (FIMS) a organisé son premier Congrès mondial de la médecine du sport durant les Jeux Olympiques d’Amsterdam 1928. Ci-dessus, une réunion de la FIMS au siège du CIO à Lausanne, en novembre 2014.

Dévouée à fournir les meilleurs soins médicaux possible aux athlètes, l’Association Internationale Médico-Sportive (AIMS) (rebaptisée la Fédération Internationale de Médecine Sportive (FIMS)) a été fondée par un groupe de médecins du sport lors des Jeux Olympiques d’hiver de Saint-Moritz 1928. À peine quelques mois plus tard, l’AIMS organisait le premier Congrès mondial de la médecine du sport lors des Jeux Olympiques d’Amsterdam 1928, invitant 280 praticiens spécialisés dans le domaine du sport, provenant de 20 pays, à discuter de sujets médicaux fondamentaux.

La FIMS travaille en étroite collaboration avec les Fédérations Internationales de sport, le CIO et des organisations nationales et internationales spécialisées dans la médecine du sport ou des domaines connexes. Depuis son siège à Lausanne, en Suisse, la FIMS est l’organisation faîtière de quatre associations continentales et de 177 associations nationales à travers le monde, regroupant 125 000 professionnels de la médecine sportive de 117 pays. 

Affilié au Conseil international pour l’éducation physique et la science du sport (CIEPSS) et à l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), la FIMS publie des articles scientifiques dans divers journaux, dont l’International SportMed Journal, organise des formations et des événements régionaux et internationaux, et accueille tous les deux ans le Congrès mondial de la médecine du sport.

La création de son prédécesseur, l’AIMS, reflète un intérêt grandissant pour les problèmes de santé associée à la pratique sportive et l’émergence d’un nouveau domaine, la « médecine du sport », un terme d’ailleurs utilisé pour la première fois lors de la création de l’AIMS. 

Cet intérêt grandissant se reflète dans une étude réalisée lors des Jeux Olympiques de 1928 portant sur l’évaluation scientifique de la taille des cœurs des athlètes. Pour réaliser cette évaluation, deux professeurs en médecine ont examiné environ 300 athlètes dans deux pièces du stade olympique, pour démontrer que les coureurs de fond et de demi-fond, les cyclistes, les nageurs et les rameurs de haut- niveau avaient des cœurs plus grands que la moyenne.

Compte tenu de leur grande concentration d’athlètes de haut niveau issus d’un large éventail de nationalités, ethnies et milieux, les Jeux Olympiques ont été à de nombreuses occasions une opportunité pour les scientifiques d’étudier les performances sportives et d’explorer les facteurs de réussite. Lors des éditions ultérieures des Jeux, il a souvent été demandé aux athlètes de remplir des formulaires très détaillés dans le cadre de projets de recherche médicale.

Le Japon a particulièrement investi dans ce domaine scientifique émergent, en cherchant à comprendre les facteurs de réussite du nageur Yoshiyuki Tsuruta, médaillé d’or au 200 m brasse lors des Jeux d’Amsterdam 1928. Souhaitant comprendre comment il avait remporté l’épreuve, les scientifiques japonais ont utilisé des caméras sous-marines pour analyser sa brasse. Grâce à ces analyses, les techniques de nage ont été corrigées, notamment au niveau du roulement des épaules, ce qui a révolutionné ce sport.

Un investissement qui s’est révélé fructueux : alors qu’aucun nageur nippon ne s’était présenté à l’édition d’Anvers 1920, le pays a remporté 11 médailles dans le bassin de Los Angeles 1932, dont une autre médaille d’or en brasse pour Yoshiyuki Tsuruta. Les 83 médailles olympiques remportées par les nageurs japonais jusqu’aux Jeux de Tokyo 2020 représentent près de 19 % du total du pays, faisant du Japon la cinquième nation la plus médaillée de tous les temps en natation.