Un tremplin pour Chamonix et pour l’industrie locale du ski
Les premiers Jeux Olympiques d’hiver ont fait s’envoler la notoriété nationale et internationale de Chamonix en tant que destination touristique hivernale. Ces Jeux ont également enclenché une dynamique concertée de promotion de la station et des sports d’hiver comme autant d’activités de loisirs.
Située dans les Alpes françaises, Chamonix est très réputée pour sa proximité avec le Mont-Blanc, plus haut sommet des Alpes qui culmine à 4 810 mètres. Elle est aussi très connue pour être une station de ski prisée et cosmopolite. Le Brévent et les Grands Montets, deux des cinq domaines skiables qui s’étirent le long de la vallée de Chamonix, attirent, à eux seuls, 650 000 visiteurs par an. Pris conjointement, les cinq domaines skiables de la vallée de Chamonix offrent quelque 150 kilomètres de pistes, desservies par 65 remontées mécaniques. Avec ses 20 kilomètres de long, la Vallée Blanche est la plus longue descente de ski hors-piste du monde. On y accède par le téléphérique de l'Aiguille du Midi qu’empruntent chaque jour, même en été, pas moins de 5 000 personnes.
Depuis qu’elle a accueilli les premiers Jeux Olympiques d’hiver, la ville est devenue un hôte expérimenté dans l’organisation de grands événements sportifs en saison hivernale. Après les championnats du monde de ski alpin de la FIS de 1937 et 1962, Chamonix est également une étape du circuit de la Coupe du monde de ski alpin de la FIS. En janvier 2021, par exemple, la ville a organisé deux épreuves de Coupe du monde de slalom masculin dans le cadre de l’Arlberg Kandahar, un événement légendaire du calendrier de ski alpin que la station accueille conjointement avec plusieurs autres stations alpines. Pendant les mois d’été, cependant, des événements comme le Marathon du Mont-Blanc et l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, attirent dans ce petit coin des Alpes françaises des coureurs par milliers, démontrant que Chamonix, c’est plus que le ski.
L’organisation des Jeux lui a permis de concurrencer ses rivales de Saint-Moritz et Davos, de l’autre côté de la frontière suisse. Malgré une réputation déjà bien établie avant 1924 de première place française pour les sports d’hiver, la station s’est appuyée sur le prestige acquis avec l’organisation de ces Jeux pour devancer ses rivales nationales et attirer une clientèle internationale, orchestrant, dans la foulée, l’aménagement de ses infrastructures de transport et d’hébergement.
Chamonix a également exploité le potentiel du ski alpin. Même si ce sport ne figurait pas au programme des Jeux de 1924, il avait acquis une popularité croissante dans les pays nordiques. Les autorités locales ne tardèrent pas à reconnaître sa capacité à entraîner dans son sillage l’expansion de la station. Elles consacrèrent donc les années qui suivirent les Jeux de 1924 à moderniser la station, en lançant plusieurs projets ambitieux. Au chapitre de ces entreprises d’envergure figurèrent la construction du téléphérique de Planpraz en 1927, suivie, trois ans plus tard, par l’ouverture d’une deuxième télécabine, celle du Brévent. Le téléphérique de l’Aiguille du Midi, et ses superbes panoramas du haut de ses 3 842 mètres, fut inauguré en 1955. Le téléphérique de La Flégère transporta ses premiers passagers un an plus tard. La création de ces équipements permit le décollage de la station de sports d’hiver de Chamonix. L’arrivée de visiteurs venant de France et de plus loin renforça son image de haut-lieu des sports de montagne, et de l’alpinisme avant tout.