Trois questions à Nuria Puig
Depuis son arrivée au CIO en 1993, Nuria Puig, manager senior en charge des relations universitaires au Centre d’Études Olympiques (CEO), a assisté à 16 éditions des Jeux Olympiques et a été le témoin de la croissance remarquable du CEO et de son réseau. Alors qu'elle se prépare à prendre sa retraite anticipée à la fin de l'année, nous nous sommes entretenus avec elle afin de revenir sur cet exceptionnel parcours.
Quelles sont les évolutions les plus significatives dont vous avez été le témoin au CIO et au CEO?
Le CEO a connu des transformations remarquables, une véritable métamorphose. Lorsque j'ai rejoint l'organisation dans les années 1990, il s'agissait seulement d'une équipe interne chargée de l'information et de la documentation au service du CIO, avec une petite bibliothèque essentiellement nationale. Aujourd'hui, le CEO est une initiative mondiale qui établit des partenariats et conduit des activités à l'échelle internationale. Il est devenu la référence en matière de connaissances olympiques, offrant un accès gratuit à une collection unique de ressources via l’Olympic World Library, et assurant la promotion des études et de la recherche olympiques à travers le monde. Il est désormais reconnu, tant au sein du CIO qu’en dehors, comme la structure clé favorisant des relations constructives entre le CIO et la communauté universitaire.
Quant au CIO, résumer 32 ans d'évolution en quelques mots constitue un véritable défi. Si sa mission de promotion de l'Olympisme à l'échelle mondiale demeure inchangée, presque tout le reste a évolué. À titre d'exemple, lorsque j'ai commencé, il n’y avait pas de site web, et encore moins de réseaux sociaux. Le personnel comptait moins de 100 personnes (à la demande du président Juan Antonio Samaranch) et nous nous connaissions tous. Le département des sports regroupait moins de dix collaborateurs, en charge des relations avec les Fédérations Internationales et les Comités Nationaux Olympiques, et responsables des Jeux. Les revues de presse quotidiennes étaient littéralement découpées et collées à partir des journaux. Bref, une autre époque !
De quoi êtes-vous le plus fière ?
Dans mon domaine des relations universitaires, je suis particulièrement fière d'avoir contribué à transformer une page blanche en une stratégie claire et ambitieuse qui renforce la présence des études olympiques dans les universités et favorise une collaboration fructueuse avec des universitaires passionnés par le Mouvement olympique et le sport international.
Ce parcours a été rendu possible grâce à la perspicacité et au dévouement de mes collègues, ainsi que de plusieurs générations d'universitaires, à commencer par ceux qui ont rejoint le premier conseil de recherche en 1998 (aujourd'hui le comité de sélection).
Ensemble, nous avons construit une culture de collaboration entre le CIO et la communauté universitaire, et constitué un réseau mondial dynamique d'universitaires activement engagés en faveur du Mouvement olympique. La création d'un réseau de plus de 80 centres d'études et de recherche olympiques à travers le monde est une réalisation qui me tient particulièrement à cœur.
Enfin, je suis surtout très fière de voir nombre de nos anciens boursiers devenir des professeurs respectés qui continuent à faire progresser les études olympiques. Ces liens et ces accomplissements sont un héritage que je chérirai toujours.
Quels sont vos meilleurs souvenirs ?
Après 32 ans, il m’est difficile de choisir certains souvenirs plutôt que d'autres. Mon rôle m'a offert le privilège de rencontrer des personnes remarquables, issues de cultures et d'horizons variés, dont bon nombre sont devenues des amis : des collègues du CEO et du CIO, des membres du Mouvement olympique, ainsi qu’un nombre incalculable d’étudiants, de professeurs et de chercheurs. Je garde en particulier en mémoire les échanges avec les universitaires, dont les points de vue peuvent parfois diverger, mais qui demeurent toujours unis par leur passion pour l'Olympisme et le pouvoir du sport.
Je me souviens également avec émotion de mes voyages pour participer à des réunions et à des conférences sur tous les continents, souvent enrichis d’expériences culturelles inattendues qui ont rendu chaque déplacement inoubliable.
Et, bien sûr, assister à toutes les éditions des Jeux d'été depuis mes Jeux "à domicile" à Barcelone, à l'exception de Tokyo 2020, a été un privilège unique. Vivre sur place le symbolisme et l'énergie des Jeux est une expérience véritablement incomparable.
Merci à toutes celles et ceux qui ont fait de ce parcours quelque chose de vraiment exceptionnel !
Le Centre d’Études Olympiques
Le Centre d'Études Olympiques du CIO est la principale source de connaissances olympiques. Sa mission consiste à partager ces connaissances en diffusant des informations, en facilitant l'accès à ses archives et sa bibliothèque uniques, en permettant la recherche et en favorisant le dialogue entre la communauté universitaire et le Mouvement olympique.