Saint-Moritz 1948 : l’émergence d’un monde épuisé par la guerre
Les deuxièmes Jeux Olympiques d'hiver de la station suisse, organisés 20 ans après les premiers, ont été un véritable moteur qui a contribué à dynamiser un monde encore convalescent dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale.
Après une interruption de 12 ans due au conflit mondial, les Jeux Olympiques d'hiver firent leur retour dans la station suisse de Saint-Moritz qui s’en est vue confier l’organisation pour la deuxième fois en 20 ans. Premier grand événement sportif international organisé depuis 1936, les Ve Jeux Olympiques d'hiver furent qualifiés de “Jeux du renouveau”. Signe bienvenu d'un retour à la normale après le conflit mondial sanglant, ces Jeux servirent de tremplin à la résurgence du Mouvement olympique.
La Suisse ayant conservé sa neutralité pendant la guerre, le choix de ce pays d'accueil s'est imposé de lui-même. Face aux difficultés financières rencontrées par de nombreux pays, plusieurs concurrents arrivèrent à Saint-Moritz peu équipés, voire totalement démunis. Parmi eux… les skieurs norvégiens, qui furent contraints d’emprunter les skis de l'équipe américaine le temps de participer à la compétition. Ce sont ces histoires de coopération qui ont contribué à l'esprit des “Jeux du renouveau” et à l'émergence d'un sentiment de camaraderie entre les athlètes, dont beaucoup n'avaient pas voyagé depuis longtemps. L’envoi par les 28 Comités Nationaux Olympiques (CNO) en lice d’un nombre record de 669 athlètes à ces Jeux, qui ont en outre bénéficié d'une couverture médiatique sans précédent, n'a fait qu'ajouter au sentiment ambiant, nourri d'espoir et d'optimisme.