Rio 2016 : un catalyseur de rénovation urbaine et de progrès social en des temps difficiles
S'agissant de la première édition à se tenir en Amérique du Sud, l'organisation des Jeux Olympiques de Rio 2016 est venue avec son lot de défis, mais a laissé en héritage des avantages durables pour Rio de Janeiro, le Brésil, et le peuple brésilien.
Les Jeux Olympiques de Rio 2016 ont conduit à des améliorations sur le plan de l’éducation, à l’expansion de l’infrastructure de transport et à l’adoption de pratiques commerciales plus durables. Les installations sportives ont été soit ouvertes au public, pour des activités sportives ou culturelles, soit transformées en écoles publiques, soit démontées et réutilisées pour la construction de parcs publics.
L’essor économique que le Brésil a connu au début des années 2000 a motivé la décision de déposer sa candidature pour les Jeux Olympiques de 2016, tant dans l'optique d'améliorer l’image du pays que de dynamiser l’économie de Rio de Janeiro. Les principaux objectifs de cette candidature étaient de transformer la ville, de favoriser l’inclusion sociale et de renforcer les programmes en faveur du développement de la jeunesse, de l’éducation et du sport, mais aussi d'accélérer les projets touchant au social, à la mobilité et à l'environnement. La régénération urbaine et la restructuration du réseau de transport de la ville étaient au cœur du plan d’héritage.
Cependant, la crise politique et économique dans laquelle le Brésil a plongé au milieu de l’année 2014 a paralysé les progrès réalisés lors des 11 années précédentes, suite à une combinaison de facteurs intérieurs et extérieurs au pays, ayant conduit à l'enliser dans l’une des plus graves récessions de son histoire, dans un contexte de crise politique qui a culminé avec la destitution de sa présidente.
Malgré cela, l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques a pu réduire les effets de cette crise économique nationale dans la ville hôte. Une étude de l’IPEA (institut brésilien de recherche économique appliquée) montre que la préparation et la livraison des Jeux ont contribué à dynamiser l’activité économique à Rio. Durant les trois années qui ont précédé les Jeux, les revenus des 5 % de personnes les plus pauvres de la ville ont augmenté de 29,3 %, tandis que 82 % de la croissance économique locale est attribuable aux créations d’emploi liées aux Jeux. Le PIB par habitant de Rio est revenu à son niveau de 2007, et qu’il aurait été 7,5 % plus faible en l’absence des Jeux.
Une étude réalisée par la Fundação Getulio Vargas a mis en lumière plusieurs changements sociaux positifs durant la période de sept ans séparant l’attribution des Jeux à Rio de Janeiro et leur tenue en 2016. Celle-ci a évalué les changements touchant à la qualité de vie des habitants de Rio sur les plans de l’éducation, du transport, des services publics et de l’inclusion numérique, sur la base de 38 facteurs allant de la gestion des eaux usées à la collecte des ordures ménagères, en passant par la durée moyenne de scolarisation et les revenus des ménages par habitant.
Au total, 36 de ces indicateurs démontrent des améliorations et seulement deux révèlent des détériorations. En 2014, les habitants de Rio avaient 147,4 % plus de chance d’être raccordés au tout-à-l'égout qu’en 2008, et 46,2 % plus de chance de voir leurs déchets ménagers être collectés. En outre, l'étude de 10 indicateurs sociaux montrant une dégradation sur la période de 1970 à 2010 a révélé une amélioration pour 8 d’entre eux entre 2008 et 2016 suite à l’attribution des Jeux de la XXXIe Olympiade à Rio.
Les Jeux de 2016 ont exploité le pouvoir catalyseur du sport pour améliorer l’éducation des Brésiliens, notamment par les biais des programmes Transforma et Impulsiona ainsi que par l'intermédiaire des lycées d'éducation olympique (GEO). Les programmes Transforma et Impulsiona ont bénéficié a plus de huit millions d’élèves et continuent aujourd’hui de fournir un soutien pédagogique aux écoles. Ils ont entrainé un changement de comportement positif chez les élèves, ainsi qu’une augmentation de l'activité physique et du nombre de sports pratiqués dans les écoles brésiliennes, outre les sports phares du pays que sont le football, le volleyball et le basketball.
Pour leur part, les 12 lycées d'éducation olympique (GEO) de Rio offrent un enseignement à temps plein à des milliers d'enfants dans toute la ville, leur permettant d'améliorer leurs compétences sportives tout en recevant la meilleure éducation possible en classe.
En outre, plusieurs sites de compétition de Rio 2016 ont été transformés en écoles publiques proposant un programme d'enseignement sportif amélioré. Il convient néanmoins de souligner que ces deux projets d'héritage ont mis de nombreuses années à porter leurs fruits, un délai pouvant être attribué à des problèmes de gouvernance, créant un certain scepticisme quant à l’héritage de Rio 2016.
La Carioca Arena 3, qui a accueilli les épreuves olympiques de taekwondo et d'escrime ainsi que les épreuves paralympiques de judo en 2016, est désormais un établissement d’enseignement sportif spécialisé accueillant 900 étudiants, tandis que la Carioca Arena 2, site des épreuves olympiques de judo et de lutte ainsi que des épreuves paralympiques de boccia, ouvrira ses portes en tant que branche de l'Institut fédéral d'enseignement technique en 2025.
La Future Arena, un site sportif temporaire de 12 000 places qui a accueilli des compétitions de handball olympique et de goalball paralympique, est un bon exemple de conception innovante et durable. Elle a depuis été convertie en quatre écoles accueillant près de 2 000 élèves des quartiers défavorisés de l’ouest de la ville.
Grâce aux Jeux, l'infrastructure de transports publics de la ville a été améliorée plus rapidement. La création du réseau de bus rapides (BRT) et du système de véhicules légers sur rail (VLT), la construction de la ligne 4 du métro et l'amélioration du réseau ferroviaire SuperVia ont permis de réduire considérablement les temps de trajet, tandis que le nombre de trajets quotidiens effectués dans des transports à grande capacité a plus que doublé.
Les Jeux de 2016 ont également permis de faire progresser le sport de haut niveau au Brésil. Basé dans le centre aquatique Maria Lenk – site où se sont déroulées les épreuves de natation artistique, de plongeon et de water-polo des Jeux Olympiques – le centre d’entrainement de l’équipe du Brésil accueille 200 athlètes brésiliens évoluant dans 12 disciplines olympiques et organise des camps d’entrainement pour les athlètes d'autres équipes nationales.
Le centre abrite également le laboratoire olympique, un établissement à la pointe de la technologie spécialisé dans la science du sport, dont la raison d’être est non seulement de favoriser l’amélioration des performances des athlètes du Brésil à travers des programmes d’évaluation et de surveillance, mais aussi de réduire les risques de blessure. Financé par le ministère de la Science, de la Technologie et de l’Innovation, le laboratoire est le fruit d’une collaboration entre le CNO brésilien et neuf établissements d’enseignement et de recherche.
Rio 2016 marque également la première apparition de l’équipe olympique des réfugiés du CIO aux Jeux Olympiques. Symboles d’espoir et d'inclusion, cette équipe de 10 athlètes concourant sous le drapeau olympique a permis de sensibiliser le public aux défis auxquels doivent faire face les réfugiés tout en luttant contre les préjugés négatifs dont ils sont bien souvent victimes. L'équipe était composée de deux nageurs syriens, de deux judokas congolais, d’un marathonien éthiopien et de cinq coureurs de demi-fond sud-soudanais. Depuis lors, l’équipe olympique des réfugiés n’a cessé de grandir : elle comptait 29 athlètes originaires de 11 pays à Tokyo 2020 et 37 athlètes à Paris 2024.
Suite à la première apparition de cette équipe à Rio 2016, la Solidarité Olympique a lancé un programme de soutien aux athlètes réfugiés qui donne aux Comités Nationaux Olympiques (CNO) des moyens pour identifier et soutenir les athlètes réfugiés et les préparer pour les compétitions de haut niveau. Le CIO a également créé l’Olympic Refuge Foundation, qui tire parti du pouvoir du sport pour favoriser la protection, le développement et l’autonomisation des enfants et des jeunes vulnérables.