Naissance du podium olympique

Le podium, désormais partie intégrante du décorum des Jeux, a fait ses débuts lors des IIIe Jeux Olympiques d’hiver de Lake Placid. 

5. The Olympic podium
© 1932 / Comité International Olympique (CIO) / United Archives – Tous droits réservés - Lake Placid 1932 a été marqué par la première apparition du podium olympique. En photo : les officiels prononcent leur serment durant la cérémonie d’ouverture.

Toile de fond de nombreux moments mémorables de l’histoire olympique, le podium est un symbole emblématique pour les athlètes du monde entier. Il fait partie du grand spectacle des Jeux Olympiques et représente la réalisation des rêves de toute une vie. Du haut de ces trois marches, des milliers d’athlètes emplis de joie ont pu célébrer leurs victoires, s’embrasser ou parfois pleurer tout en recevant leur médaille avec l'hymne de leur pays en musique de fond.

Au fil des ans, les podiums olympiques prendront diverses formes : ronds, carrés et plus ou moins larges. Outre les chiffres 1, 2 et 3 inscrits sur les marches – une innovation des Jeux Olympiques d'été de Los Angeles 1932 – tous ont une chose en commun : la présence des anneaux olympiques.

L’histoire du podium olympique remonte aux Jeux Olympiques d’hiver de Lake Placid 1932, durant lesquels le patineur de vitesse américain Jack Shea est devenu le premier athlète à monter sur sa plus haute marche pour prononcer le serment olympique. C’est au comte Henri de Baillet-Latour, le président du CIO en charge de remettre les médailles lors de la première cérémonie des médailles de l’édition de 1932 , que l’on doit l’idée du podium olympique, inspiré par les Jeux de l'Empire (qui deviendront les Jeux du Commonwealth), auxquels il avait assisté deux ans plus tôt à Hamilton, au Canada. En voyant les trois vainqueurs des épreuves d’athlétisme monter sur un podium de bois entouré d’une rambarde, il commença à réfléchir à sa propre version du podium pour les Jeux Olympiques.

Une réflexion qui l’amènera également à rédiger un ensemble de directives intitulées « Présentation des médailles, cérémonie de la victoire et montée du drapeau, annonces par les haut-parleurs », qui fournissent des instructions sur la manière de réaliser les cérémonies des médailles, et notamment la position des athlètes sur le podium. Ces directives ont ensuite été envoyées au comité d'organisation de Lake Placid 1932 pour les Jeux Olympiques d’hiver.

C’est pour prononcer le serment olympique que l’athlète américain Jack Shea gravira pour la première fois de l’histoire le podium olympique, avant d’y retourner quelques heures plus tard pour recevoir sa médaille d’or, décrochée à l’épreuve du 500 m. À sa gauche, se tenait le Norvégien Bernt Evensen, arrivé deuxième, et à sa droite, le Canadien Alexander Hurd, arrivé troisième. Ce positionnement correspondait au contraire des instructions formulées expressément par le créateur du podium, le comte de Baillet-Latour, alors président du CIO. Une erreur immédiatement corrigée, le médaillé d’argent s’installant à la droite du vainqueur et le médaillé de bronze à sa gauche, ce pour le reste des Jeux et à chaque fois par la suite.

Le lendemain de sa victoire à l’épreuve du 500 m, Jack Shea remonte une nouvelle fois sur la plus haute marche du podium, recouverte pour l’occasion du drapeau américain, afin de recevoir sa médaille d’or après avoir remporté l’épreuve du 1500 m. Lors des Jeux de Lake Placid 1932, seuls les médaillés des épreuves de patinage de vitesse ont reçu leurs récompenses sur le podium immédiatement après leurs épreuves. Les autres médailles ont été remises lors de la cérémonie de clôture, comme le voulait la tradition des Jeux Olympiques à cette époque.