Los Angeles 1932 : les débuts olympiques de la Cité des Anges
Les premiers Jeux Olympiques de Los Angeles – deuxième édition à être organisée en dehors de l’Europe – ont connu un succès retentissant.
Alors même qu'ils étaient organisés au beau milieu de la Grande Dépression, les Jeux de la Xe Olympiade ont tout de même été rentables, dégageant 1 million d’USD de profits, notamment grâce à l’approche prudente adoptée en matière de finances. Les recettes ont été tirées des ventes de billets, des intérêts bancaires, de la vente d’équipement après la tenue des Jeux et de certaines initiatives telles que des émissions d’obligations d’État et des concessions. Le résultat net a en outre été amélioré par le fait que tous les sites de compétition étaient déjà existants, à l’exception de deux d’entre eux, ainsi que grâce aux économies réalisées sur la construction du village olympique.
Étalés sur seulement 16 jours, les Jeux de Los Angeles 1932 étaient à cette époque l’édition la plus courte jamais organisée. Loin d’être une exception, ce format de compétition n’a depuis lors plus beaucoup changé, les Jeux d’été durant entre 15 et 18 jours depuis cette édition.
Le comité d’organisation a fait appel à un large éventail de dirigeants locaux issus de divers secteurs d’activité, notamment des propriétaires de journaux, des promoteurs immobiliers et des pontes du cinéma hollywoodien. Ces derniers ont ainsi pu capitaliser sur les Jeux pour favoriser le développement de la ville et de la région. En travaillant de concert, les Jeux ont pu atteindre un public plus large. La fusion du sport avec le secteur du divertissement en plein essor de la ville a permis aux Jeux Olympiques de gagner en prestige. Les producteurs hollywoodiens courtisaient les athlètes, à l’instar du quintuple champion olympique de natation Johnny Weissmuller, qui a signé avec les studios MGM et a joué dans Tarzan, l’homme singe, sorti quelques semaines avant le début des Jeux.
Les Jeux de la Xe Olympiade ont contribué au rayonnement de Los Angeles à l'échelle nationale comme internationale, lui donnant une image de destination de choix dans les domaines de la santé, du divertissement, du glamour et du sport. Cela a notamment donné naissance à la notion de « mode de vie à la californienne » et a attiré de nombreux visiteurs dans la ville. Le secteur local de la mode a gagné en visibilité sur la scène mondiale avec ses vêtements inspirés par le sport, tandis que les 30 000 palmiers plantés le long de ses grandes avenues et de ses grands boulevards en préparation des Jeux sont devenus un héritage durable et emblématique de la ville.
La culture olympique est profondément ancrée dans la ville. En 1939, le Comité de Californie du Sud pour les Jeux Olympiques (SCCOG, Southern California Committee for the Olympic Games) a été constitué par les dirigeants publics William May Garland et Paul Helms, à la demande de l’organisme connu aujourd'hui sous le nom de Comité Olympique et Paralympique des États-Unis (USOPC). Depuis sa création, le SCCOG a joué un rôle déterminant dans la protection de l’héritage olympique et dans l’institutionnalisation de la candidature à l’organisation des Jeux Olympiques. Suite au succès des Jeux de 1932, le SCCOG a monté 10 dossiers, en partenariat avec la ville de Los Angeles, pour se porter candidat à l’organisation des Jeux Olympiques dans les années qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale. La précieuse expérience acquise dans le cadre de ces candidatures successives a fini par porter ses fruits lorsque Los Angeles a été sélectionnée pour les Jeux Olympiques de 1984. Le SCCOG a encore une fois joué un rôle déterminant dans l’attribution à la ville de sa troisième édition des Jeux, qui se tiendra en 2028.
Les Jeux Olympiques de 1932 ont énormément contribué à démocratiser la pratique du sport auprès des résidents de la ville, qui se sont rués dans les sites des Jeux tant pour participer que pour assister aux épreuves sportives. Le stade olympique et l’auditorium olympique sont devenus des parties intégrantes du tissu sportif de la ville, tandis que certains sites tels que le stade d’aviron, qui a été cédé à la ville de Long Beach après les Jeux, ont été classés monuments historiques par la suite.