Le lien entre Lillehammer et Sarajevo qui a aidé à promouvoir la paix

Les villes désireuses d'accueillir les Jeux Olympiques envoient souvent des délégations aux Jeux afin de promouvoir leur candidature. Lillehammer n'a pas dérogé à la règle puisqu'en 1984, elle avait dépêché une délégation aux Jeux Olympiques d'hiver de Sarajevo.

Le lien entre Lillehammer et Sarajevo qui a aidé à promouvoir la paix
© 2001 / International Olympic Committee (IOC) / LOCATELLI, Giulio - All rights reserved / Meeting of the Bosnia and Herzegovina National Olympic Committee at the Zetra Olympic Hall in Sarajevo, in the presence of representatives of the Lillehammer 1994 and Albertville 1992 Olympic Winter Games.

Cette visite a eu des effets qui se sont fait sentir longtemps après la candidature. Elle a marqué la naissance d'un lien durable entre les deux villes.

Lorsque la guerre en Bosnie a éclaté en 1992, avec le siège de Sarajevo qui s'en est suivi, Lillehammer, élue dans l'intervalle ville hôte des Jeux de 1994, a souhaité, avec le CIO, montrer sa solidarité à une ville qui l'avait accueillie huit ans auparavant.

C'est la raison pour laquelle Juan Antonio Samaranch, président du CIO de 1980 à 2001, a rétabli le principe de la Trêve olympique, une tradition datant de l'Antiquité dont le but était de promouvoir la paix, l'amitié et la compréhension, avant de se rendre en personne à Sarajevo.

Quant à son successeur, Jacques Rogge, il a apporté son soutien à l'association Olympic Aid, fondée lors des Jeux Olympiques d'hiver de Lillehammer 1994. Cette organisation internationale à but non lucratif, dirigée par des athlètes, a mis le sport et le jeu au service du développement des jeunes et des communautés. Elle est toujours en activité aujourd'hui sous le nom de Right to Play.

Durant les Jeux Olympiques de 1994, le maire de Sarajevo et son épouse ont été accueillis à Lillehammer, tandis qu'une délégation composée d'élus locaux et d'universitaires de Lillehammer se sont rendus à Sarajevo lors d'une visite dite "de solidarité".

Parmi eux figuraient Inge Eidsvaag, en charge de l'Institut Nansen, et Steinar Bryn, l'un des professeurs de l'Institut. Très actifs durant la visite, les deux hommes ont poursuivi leur action, créant le Centre Nansen pour la paix et le dialogue (NCPD).

Ce Centre assure la promotion, partout dans le monde, de la paix, des droits de l'homme, du dialogue et de la réconciliation en proposant des cours et en partageant les connaissances acquises sur le terrain. Il a depuis apporté son concours dans diverses zones en conflit, telles que les Balkans, l'Afghanistan et l'Iraq. Il est toujours basé à Lillehammer au sein de l'Institut Nansen.

Après la guerre en Bosnie, le NCPD a aidé au rapprochement des parties adverses, favorisant ainsi le dialogue entre elles. Les rencontres qui ont eu lieu à l'époque sont toujours citées en exemple et le Centre opère toujours dans des régions qui étaient ou sont encore en conflit : les Balkans de l'Ouest, l'Afghanistan et l'Iraq.