La culture à son apogée
Les Jeux Olympiques de 1924 peuvent être considérés comme le point d’orgue du concours d’art olympique, cet événement culturel organisé pour la première fois lors des Jeux de Stockholm 1912, qui est resté au programme des Jeux pendant plusieurs années par la suite.
Le dernier concours d’art olympique s’est tenu lors de l’édition de Londres 1948. Lors des Jeux d’Helsinki 1952, ce concours a été remplacé par l’Olympiade culturelle, un programme pluridisciplinaire mêlant arts et culture, réalisé sur quatre ans entre deux éditions des Jeux Olympiques. Conçue pour explorer les corrélations entre l’art et le sport et les valeurs qu’ils partagent, l’Olympiade culturelle souligne l'importance que l’art et la culture revêtent pour les Jeux.
En tant qu’hôte des Jeux de la VIIIe Olympiade, et que capitale mondiale de la culture à cette époque, Paris souhaitait mettre en lumière le rôle majeur qu’elle avait joué dans la création du Mouvement olympique et qu’elle entendait exercer dans son développement ultérieur. Dans cette optique, le COJO a organisé un concours d’art regroupant littérature, sculpture, peinture, architecture et musique, que le fondateur des Jeux Olympiques modernes, Pierre de Coubertin, se plaisait à décrire comme le « Pentathlon des Muses ».
Le comité d’organisation s'est tournée vers les milieux artistiques réputés de la ville pour identifier d’éminents artistes, compositeurs et intellectuels pouvant remplir la fonction de juge dans chaque catégorie. Parmi les personnes qui ont répondu à cet appel figuraient les écrivains Jean Giraudoux et Paul Claudel, les compositeurs Maurice Ravel et Béla Bartók, ainsi que les peintres Maurice Denis et Fernand Léger.
Au total, 193 artistes venus de 24 pays ont participé au concours d’art de Paris 1924, dépassant largement le niveau de participation enregistré lors des deux éditions précédentes. À cette occasion, 283 œuvres ont été présentées, dont un tiers a été écarté par le jury. Les œuvres sélectionnées ont ensuite été exposées au Grand Palais. En mêlant culture et sport, les œuvres exposées reflétaient l’idéal olympique de Pierre de Coubertin, tout en conférant une plus grande crédibilité à l’art olympique au travers de leur présentation dans la plus grande ville culturelle au monde.
Konstantinos Dimitriadis a remporté la médaille d’or pour sa sculpture intitulée le Lanceur de disque finlandais, dont une reproduction en bronze est aujourd’hui exposée dans les jardins du Musée Olympique à Lausanne.