Héritage des Jeux régionaux dans les Îles Salomon : des changements essentiels perceptibles au quotidien

Un exemple très concret de l’héritage d’un événement sportif

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The Pacific Games
© Les Jeux du Pacifique ont contribué à laisser un important héritage aux Îles Salomon : un système de santé publique amélioré, grâce à une formation médicale axée sur le sport, même pour les blessures les plus courantes, coordonnée par la commission médicale de l’ONOC.

Lorsque des Jeux multisports sont organisés dans l’une des nations les plus reculées du Pacifique, ce n’est pas qu’une question de sport. Ces événements changent la donne.

« Malheureusement, le sport n’est pas financé par le gouvernement dans la plupart des pays », déplore la Fidjienne Cathy Wong, membre de la commission médicale de l’ONOC. Les budgets sont trop serrés dans cette partie du monde. Les gouvernements ne peuvent tout simplement pas se le permettre. « C’est pour cette raison que nous nous sommes demandé de quelle manière le sport pouvait venir en aide au gouvernement », a-t-elle ajouté.

La 17e édition des Jeux du Pacifique, qui s’est tenue dans les Îles Salomon en novembre et début décembre 2023, en est la preuve éclatante. En un mot : l’héritage.

Soutenues par les programmes mondiaux de la Solidarité Olympique, en coordination avec les programmes continentaux d’Océanie, les sessions de formation dispensées dans le cadre de ces Jeux ont permis non seulement de former une nouvelle génération de secouristes et de personnel médical, mais aussi de produire une application mobile, la première aux Îles Salomon, permettant de collecter et partager des données relatives aux incidents médicaux.

En outre, 14 défibrillateurs (DAE) et 20 kits de premiers secours ont été achetés pour les sites des Jeux, et ont par la suite été donnés à d’autres établissements tels que l’hôpital national de référence.

Situées au nord-est de l’Australie, les Îles Salomon sont un archipel composé de six îles principales et de près de 900 petites îles. Population totale : 734 000 personnes. Près des deux tiers de la population ont moins de 34 ans. La capitale, Honiara, se trouve sur l’île la plus grande, Guadalcanal. Près de 150 000 personnes vivent à Honiara et dans ses environs.

Les sacs de premiers secours sont monnaie courante dans de nombreux pays. Ils peuvent contenir, par exemple, des bandages, des médicaments, du ruban adhésif, des ciseaux de traumatologie, un stéthoscope, des instruments de diagnostic, etc. Avant les Jeux du Pacifique, il n’était pas habituel d’avoir un sac de premiers secours à disposition aux Îles Solomon, a déclaré Belladonna Potoi, médecin aux Samoa et membre de la commission médicale de l’ONOC.

L’un de ces défibrillateurs a été utilisé pendant les Jeux du Pacifique. Un journaliste fidjien a fait un malaise au stade de rugby. Un membre du personnel, spécialement formée pour ces Jeux, savait quoi faire : « J’ai mis ma formation en pratique », a-t-il affirmé aux officiels, après avoir réanimé le journaliste, qui a ensuite été conduit à l’hôpital.

Potoi a également ajouté « j’ai dit à mon équipe que je serais heureuse s’il ne se passait rien d’autre. C’est une réussite. »

L’origine de la démarche remonte à 2018, l’année précédant les Jeux du Pacifique aux Samoa, voire à 2015, les Jeux ayant été organisés en Papouasie-Nouvelle-Guinée cette année-là.

© Sport for good: d'abord pour les Jeux du Pacifique, puis pour l'usage quotidien sur les îles Salomon, 14 défibrillateurs - le secrétaire général de l'ONOC, Rick Blas, en a officiellement présenté un - et trois des 20 trousses de premiers secours.

Selon Belladonna Potoi, la réunion de préparation tenue un an avant l’édition aux Samoa avait révélé certaines « lacunes » en Papouasie-Nouvelle-Guinée : la formation des secouristes et la coordination générale des ressources afin que tous les athlètes, entraîneurs, officiels et volontaires puissent avoir accès aux premiers secours en cas de besoin.

Aux Samoa, explique-t-elle, les responsables des sports et du gouvernement ont collaboré pour créer un modèle pilote pour l’île en 2019, dans l’idée de le reprendre pour l’appliquer aux Îles Salomon en 2023, mais à plus grande échelle. En 2019, il y avait 3 500 athlètes. En 2023 : 5 000. Aux yeux de Potoi, tout a été ici question de communication, de renforcement des capacités et de coordination. Comme l’a précisé Cathy Wong « vous devez pouvoir compter sur un système de soutien irréprochable si vous souhaitez obtenir d’excellents résultats ».

Deux semaines après les Jeux, Belladonna Potoi a affirmé qu’une centaine de personnes avaient été formées : des policiers, des pompiers, des urgentistes, du personnel hospitalier et de la Croix-Rouge. Ancré non loin, le navire-hôpital American Mercy Hospital a été d’une utilité précieuse pour les organisateurs. Sa capacité à produire de la glace « nous a sauvé la mise », selon Cathy Wong.

Cathy Wong et Belladonna Potoi ont toutes deux reconnu que cette expérience avait permis de tirer des leçons importantes, notamment sur la nécessité de former du personnel médical spécialisé plus spécifiquement dans le sport pour la prochaine édition des Jeux, qui se tiendra à Tahiti en 2027.

« La Solidarité Olympique a laissé un héritage concret ici », a déclaré Belladonna Potoi. « Elle n’a pas seulement aidé les Jeux du Pacifique, mais elle a laissé un héritage aux Îles Solomon, en contribuant à améliorer les services médicaux en place.