Grenoble 1968 : sacre de la « capitale des Alpes »
Les Jeux Olympiques d'hiver de Grenoble 1968, la deuxième olympiade de sports d'hiver organisée en France après Chamonix 1924, ont été un tremplin à la croissance de cette ville nichée au cœur des Alpes qui a vu sa population doubler dans les années 50 et 60. Cette impulsion pour le développement de la ville et les travaux d'amélioration des voies de transport et de l'urbanisme pour l'accueil des J.O. de Grenoble 1968 ont été un véritable facteur de croissance économique aidant Grenoble à devenir la ville innovante et moderne qu'elle est aujourd'hui.
Grenoble demeure fière de son statut de ville hôte des Jeux Olympiques et des célébrations anniversaires ont régulièrement lieu, en plus des efforts de conservation de son patrimoine olympique. Ainsi, sept des neuf sites de Grenoble 1968 sont encore utilisés aujourd'hui. Les trois sites dans les limites de la ville sont utilisés par des écoles et des clubs locaux, et accueillent des compétitions et des événements. En outre, les stations de ski qui ont accueilli les épreuves olympiques de 1968 ont bénéficié d'une visibilité internationale sans pareil et se sont développées après les Jeux grâce à l'industrie du tourisme. L'Isère est aujourd'hui le quatrième département français qui accueille le plus de touristes.
Une ville prospère
Avec plus d'un demi-million d'habitants, Grenoble est l'un des plus importants centres européens de recherche, de technologie et d'innovation. La ville est reconnue pour son expertise en technologies de l'information, en biotechnologie et en énergies alternatives. De nombreuses entreprises réputées y sont installées. En mettant Grenoble sur le devant de la scène internationale, les Jeux Olympiques d'hiver l'ont rendue attractive aux yeux de ces entreprises.
Le développement des transports suite aux Jeux Olympiques d'hiver a été l'un des principaux facteurs de croissance de la ville. La nouvelle autoroute la reliant à Genève est l'un des meilleurs exemples de tremplin pour l'économie régionale. Le développement des infrastructures grenobloises a boosté les efforts de la ville de se présenter comme la « capitale des Alpes » et contribué à son développement industriel, scientifique et universitaire, ce qui, en retour, a stimulé l'économie locale.
Entretenir la flamme
Les J.O. de Grenoble 1968 sont encore présents dans les esprits et dans le quotidien des Grenoblois, et font l'objet de commémorations, d'œuvres d'art et de multiples projets. La ville abrite plusieurs sculptures extérieures spécialement créées pour le tout premier Symposium de sculpture en France à l'été 1967 et pour les Jeux Olympiques d'hiver l'année suivante. On retrouve aujourd'hui beaucoup d'entre elles en bordure de trois sentiers pédestres créés en 2018 en célébration du 50ᵉ anniversaire des Jeux Olympiques d'hiver.
Pendant six mois, la ville a souhaité faire de ce cinquantenaire un anniversaire inoubliable avec un nombre impressionnant d'événements, dont le tout premier Festival olympique de France, en parallèle des Jeux Olympiques d'hiver de PyeongChang 2018, et les premiers Jeux Olympiques d'hiver du sport scolaire de l'ISF qui a rassemblé 500 jeunes athlètes de 19 pays. Une fresque commémorative géante peut encore être admirée sur la façade d'un bâtiment d'un quartier résidentiel qui a servi de centre de presse pour les Jeux Olympiques de 1968. Elle dépeint différentes scènes des Jeux, dont un portrait du grand skieur français Jean-Claude Killy, triple médaillé d'or olympique en ski alpin.
Un élan pour le ski de fond et le hockey sur glace français
La station d'Autrans a accueilli les épreuves de biathlon, de ski de fond et de combiné nordique des Jeux Olympiques d'hiver de Grenoble 1968 et jouit depuis du statut de capitale française du ski de fond. Ses 180 kilomètres de sentiers ont conquis les skieurs de tous niveaux et accueillent chaque année depuis 1979 la Foulée Blanche, une semaine de courses sportives. Autrans a également servi de site aux Championnats du monde de ski sport adapté 2019 et sa Maison des sports propose de nombreuses autres disciplines tout au long de l'année comme le tennis, le VTT et la randonnée.
Les J.O. de Grenoble 1968 ont également servi de tremplin au hockey sur glace en France, un sport quasi inconnu avant les Jeux. Les matchs du tournoi masculin de hockey sur glace ont eu lieu à guichet fermé au Stade de glace et à la patinoire municipale et ont suscité le vif intérêt du public français partout dans le pays. Le nombre de clubs et d'inscriptions a flambé avec les Jeux et il existe aujourd'hui plus de 80 clubs de hockey sur glace en France. Parmi les plus connus, on retrouve le Grenoble GMH 38, couramment appelé les Brûleurs de Loups.Fondé en 1963, le club évolue en Ligue Magnus, le plus haut niveau français. La ligue compte 12 équipes.