Grands moments sportifs 

Le coureur de fond tchécoslovaque Emil Zátopek, star de l’athlétisme lors des Jeux d’Helsinki 1952. 

3 min lecture|
4. Sporting highlights
© 1952 / Comité International Olympique (CIO) - Tous droits réservés - Le Tchécoslovaque Emil Zátopek, spécialiste des courses de fond, ici en photo en tête du marathon masculin le 19 juillet 1952, était la grande vedette des Jeux d’Helsinki 1952.

Médaillé d’or au 10 000 m et finaliste au 5 000 m à Londres quatre ans plus tôt, Emil Zátopek a défendu son titre olympique avec brio lors de la plus longue des deux épreuves, s’imposant avec 100 mètres d’avance et établissant un nouveau record olympique.

S'il enregistre un autre record olympique en remportant l’or au 5 000 m, c’est au marathon, épreuve à laquelle il n’avait encore jamais participé auparavant, qu’il réalise sa plus belle performance. Après avoir décidé à la dernière minute de prendre part à la course, Emil Zátopek a commencé par suivre le rythme du Britannique Jim Peters, détenteur du record du monde à cette époque, avant d'accélérer la cadence dans les dernières étapes pour creuser l’écart et décrocher un nouveau record olympique. Pionnier de l’entraînement par intervalles, Zátopek est le seul athlète à avoir remporté ces trois épreuves lors d’une même édition des Jeux Olympiques.

La sprinteuse australienne Marjorie Jackson a été presque aussi performante que Zátopek. Grande favorite du 100 m femmes, d’autant plus que la coureuse danoise légendaire, Fanny Blankers-Koen, était tombée malade en demi-finales, Jackson n’a pas déçu en établissant un nouveau record du monde grâce auquel elle a décroché une médaille d’or. Une performance qui la fera rentrer dans l'histoire en tant que première Australienne du XXe siècle à remporter un titre olympique en athlétisme. Peu de temps après, Jackson a remporté une deuxième médaille d’or et enregistré un autre record au 200 m, un bâton mal rattrapé lui ayant coûté une troisième médaille au relais 4 x 100 m. À seulement 20 ans, Jackson s’est retirée de l’athlétisme juste avant la tenue des Jeux Olympiques suivants, pour entreprendre plus tard une carrière dans la politique. Elle a participé à la cérémonie d'ouverture des Jeux de Sydney 2000, en aidant à porter le drapeau olympique.

Au football, la Hongrie a été sacrée championne olympique. Forte de joueurs légendaires tels que József Bozsik, Nándor Hidegkuti, Sándor Kocsis et Ferenc Puskás, l’équipe des « Magnificent Magyars » (pour reprendre l’un de leurs nombreux surnoms) a révolutionné le football. Avec une formation inédite en 4-2-4, les Hongrois ont tracé les premières lignes du « football total », pratiqué par les grandes équipes néerlandaises dans les années 1970 et caractérisé par des joueurs capables d’évoluer à différents postes. Les Magyars, qui ont dominé la journée, ont encaissé seulement deux buts, mais en ont marqué 20, décrochant l’or à l’issue de la compétition. Grands favoris de la Coupe du monde organisée en Suisse deux ans plus tard, ils sont battus à la surprise générale par l’Allemagne de l’Ouest, à 3 buts contre 2, sonnant la fin d’une époque.

Parmi les autres athlètes qui ont marqué les Jeux d’Helsinki 1952, il ne faudra pas oublier le boxeur américain Floyd Patterson, qui a remporté l'or dans la catégorie des poids moyens, devenant par la suite le premier boxeur à décrocher deux fois le titre de champion du monde des poids lourds. Son compatriote, John Davis, a perpétué une remarquable série de 14 ans de victoires consécutives en remportant l’or en haltérophilie dans la catégorie des super-lourds. Dans le même temps, du côté des compétitions équestres, les femmes concouraient pour la première fois aux côtés des hommes dans des épreuves mixtes. La danoise Lis Hartel a remporté la médaille d’argent en dressage malgré sa paralysie sous les genoux.