Des femmes mieux acceptées dans le milieu sportif

Amsterdam 1928 a marqué une étape importante en matière d’égalité des genres aux Jeux Olympiques.

03. Increased acceptance of women in sport
© 1928 / Comité International Olympique (CIO) – Tous droits réservés - Lors des Jeux Olympiques d’Amsterdam 1928, les femmes ont pu concourir dans cinq épreuves d’athlétisme : le 100 m, le 800 m, le relais 4x100 m, le saut en hauteur et le lancer du disque.

Au total, 277 femmes ont concouru à Amsterdam 1928, ce qui représente moins de 10 % de tous les athlètes, mais reste une nette amélioration par rapport au 2 % de Paris 1900, première édition des Jeux à laquelle les femmes ont pu participer.

Une évolution qui n’a été possible que par une meilleure adhésion au sein de l’opinion publique et par la pression grandissante exercée par les athlètes féminines. Durant les premières années des Jeux Olympiques modernes, les experts médicaux s’accordaient à penser que les femmes ne devaient pratiquer des activités physiques qu’avec modération, afin de rester en forme et de pouvoir porter des enfants, invoquant que l’exercice intense faisait peser un effort excessif sur leurs organes reproducteurs. Certains docteurs cités dans des journaux, tels que le London Daily Mail, ont même pu déclarer que les femmes pratiquant des sports d’endurance « deviendraient vieilles de manière prématurée ».

Lors des éditions précédentes, les femmes avaient déjà pu participer aux épreuves de tennis, de golf, de tir à l’arc, de patinage, de sports aquatiques et d’escrime. Après des années de pression exercée par les athlètes féminines d’Europe et le succès rencontré par la Fédération Sportive Féminine Internationale (FSFI) et de ses Jeux Olympiques féminins, la Fédération Internationale d’athlétisme amateur et le CIO ont fini par autoriser les femmes à participer à cinq épreuves d’athlétisme lors d’Amsterdam 1928 : le 100 m, le 800 m, le relais 4x100 m, le saut en hauteur et le lancer du disque. Lors de cette édition, une compétition de gymnastique artistique féminine a également été organisée, et quelques femmes ont également pu intégrer les équipes de voile 8 m.

Une couverture médiatique falsifiée de l’épreuve du 800 m – et notamment l’abandon inventé de plusieurs compétitrices, et un supposé état de détresse physique des concurrentes sur la ligne d’arrivée – a laissé croise à tort que l’épreuve était trop exténuante pour les femmes. Le tollé fut tel que le CIO décida de retirer le 800 m femmes du programme olympique. Il faudra attendre Rome 1960 pour voir réapparaitre l’épreuve, marquant la première édition des Jeux depuis Amsterdam 1928 où les femmes ont pu participer à des épreuves de plus de 200 m. Le 1 500 m femmes a fait son apparition à Munich 1972, et le marathon féminin à Los Angeles en 1984.

Le succès relatif des Néerlandaises lors des Jeux d’Amsterdam 1928 – et notamment la médaille d’or remportée par l’équipe de gymnastique, suscitant une couverture médiatique euphorique de la presse nationale – a donné au sport féminin une impulsion considérable dans le pays. Avec ce changement progressif des mentalités, les femmes se sont engagées dans la pratique sportive avec ferveur et ont commencé à concourir dans de nombreux autres sports, tels que le hockey ou l’aviron.

Depuis lors, l’évolution a été progressive avant d’atteindre la parité aux Jeux Olympiques. On comptait 34 % de participantes à Atlanta 1996 et 48 % pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Paris 2024 a montré l’exemple en organisant pour la première fois des Jeux Olympiques parfaitement paritaires, les femmes ayant reçu la moitié du quota de 10 500 athlètes.