Des avancées technologiques
Les Jeux Olympiques ont toujours favorisé le progrès et l'innovation. Les VIIIe Jeux Olympiques d'hiver n'ont pas fait exception, avec plusieurs nouveautés majeures.
Ces Jeux ont en effet été retransmis en direct à la télévision dans tous les États-Unis, la chaîne CBS enregistrant chaque épreuve et fournissant 31 heures de couverture en noir et blanc de l’événement. La chaîne américaine versa 50 000 USD au comité d'organisation pour les droits télévisés, un chiffre éclipsé par les 963 million d’USD que NBC a investis dans la diffusion et la couverture en streaming des Jeux Olympiques d'hiver de PyeongChang 2018.
Les VIIIe Jeux Olympiques d'hiver bénéficièrent de plusieurs innovations technologiques, dont l'une a vu le jour grâce à l'aide de CBS. Doutant de savoir si un skieur n’avait pas manqué une porte dans l'épreuve de slalom masculin, les officiels ont consulté les techniciens de la chaîne de TV pour revoir la bande de la course et déterminer ce qui s'était passé. C'est ainsi qu'est née la retransmission instantanée, bientôt suivie de la retransmission au ralenti. Ces deux modes de diffusion sont aujourd’hui devenus incontournables dans la retransmission des événements sportifs.
Les Jeux Olympiques d'hiver de 1960 ont également été le théâtre d’évolutions dans le domaine du chronométrage, avec la mise à disposition par Longines des Chronocinégines. Doté d'une caméra 16 mm reliée à une horloge à quartz, cet instrument se targuait d’une précision au centième de seconde près. Il fournissait une bande de film composée d’un ensemble de cadres permettant aux juges de suivre le mouvement des athlètes à l’'approche de la ligne d'arrivée et lors de son franchissement, donnant ainsi naissance à la désormais célèbre photo-finish.
Des ordinateurs furent également utilisés pour calculer les temps des athlètes et imprimer le classement des épreuves avec une rapidité jamais vue. Présenté deux ans plus tôt à l'exposition universelle de Bruxelles, le RAMAC 306 d'IBM fournissait des résultats complets et précis dans les minutes qui suivaient la fin des épreuves, et non plusieurs heures après, comme c'était le cas auparavant. Cet ordinateur a trouvé toute son utilité dans les compétitions de saut à ski, qui nécessitaient d'importants calculs de distance et de points de style pour déterminer le classement de l’épreuve. Les ordinateurs allaient continuer à jouer un rôle croissant lors des éditions ultérieures des Jeux. Aux Jeux Olympiques d'hiver d'Innsbruck 1964, notamment, des terminaux en ligne permirent de collecter les résultats, qui étaient imprimés sur chaque site de compétition.
Le progrès technologique a cependant parfois causé des problèmes, comme lors des Jeux Olympiques d'hiver de 1960. Les juges de patinage de vitesse ont d'abord eu du mal à utiliser les systèmes électroniques de chronométrage et les tableaux d'affichage fournis par Longines. Ils contournèrent la difficulté en utilisant des chronomètres manuels pour chronométrer les courses d'entraînement.
Les Jeux Olympiques d’hiver de 1960 se sont également accompagnés d’innovations en matière d’équipements sportifs. Le skieur français Jean Vuarnet avait troqué ses traditionnels skis en bois contre une paire en aluminium riveté et décrocher ainsi la médaille d'or de la descente masculine. Les travaux d’avant-garde sur les skis en métal se sont poursuivis dans les années 1960, favorisant leur acceptation par les plus grands champions du monde et révolutionnant le sport.
De leur côté, les patineurs et les joueurs de hockey sur glace qui participèrent aux Jeux Olympiques d'hiver de 1960 ont bénéficié des machines de resurfaçage de la glace utilisée pour préparer les patinoires. Ces appareils d’un genre novateur qui permettaient d’obtenir une surface parfaitement lisse restent la référence pour les machines de resurfaçage de la glace utilisée aujourd'hui.