Neil ECKERSLEY
Olympienne artiste - Peinture : Beijing 2022
Jeux Olympiques :
Los Angeles 1984,Seoul 1988
Judo

Figé dans le temps
Il s’agit d’une peinture à l’acrylique sur toile. Elle représente l’énergie et l’essence même d’un moment précis dans le temps que les athlètes et les entraîneurs appellent souvent la ‘‘zone’’, sorte d’état de grâce.
En tant qu’athlète, la seule manière dont je puisse décrire ce moment si particulier est en reprenant l’image de l’expérience que l’on qualifie de sortie du corps, lorsque le temps n’existe plus et que tout semble à l’arrêt. Le lac gelé représenté ici semble se fondre dans le paysage et l’on ne distingue plus aucune différence, ni aucune séparation entre le lac devenu glace, l’horizon et le ciel hivernal.
À mes yeux, cela représente parfaitement cet instant précis où l’athlète est totalement concentré pour réaliser sa meilleure performance. Il est comme déconnecté, sans véritable conscience de la réalité qui l’entoure.
Les couleurs sur la gauche représentent l’athlète, qui se tient à la limite, prêt à franchir le seuil pour basculer dans l’inconnu. Le parcours de l’athlète semble parfois solitaire, vécu dans l’isolement, mais la détermination à réussir et à atteindre son plein potentiel est totale, quel que soit le résultat final.
© 2021 - Neil Eckersley

L’appel de Beijing
Cette peinture abstraite représente le paysage urbain hivernal emblématique de Beijing, ville hôte.
Cette œuvre célèbre l’appel lancé à la jeunesse du monde entier, afin qu’elle se rassemble et participe aux Jeux Olympiques d’hiver de Beijing 2022 sous la bannière des valeurs olympiques d’amitié, de respect et d’excellence.
Paradoxalement, l’idée de départ de cette œuvre a surgi de mes souvenirs des cérémonies de clôture des deux éditions des Jeux Olympiques auxquelles j’ai participé en tant qu’athlète. Je me souviens très clairement des paroles prononcées par le président du CIO, alors que la cérémonie touchait à sa fin, et qui disaient : “Je convie la jeunesse du monde à se réunir dans quatre ans … ’’.
Dans cette peinture, j’ai représenté les bâtiments à l’état brut. L’observateur peut y distinguer les structures d’acier, encore entièrement dénudées au stade initial de la construction, avant que viennent s’y ajouter les couches de béton et de revêtements divers.
Bien que ces bâtiments y apparaissent vulnérables, avec une structure entièrement découverte et exposée aux rigueurs de l’hiver, ils n’en sont pas moins hauts, forts et suffisamment robustes pour résister aux éléments.
© 2021 - Neil Eckersley

Ville de glace
Cette œuvre, qui se présente sous forme de triptyque, est peinte à l’acrylique sur toile.
La ville de tous les espoirs, des désirs, des ambitions et des rêves surgit, comme par magie, tel un mirage flottant au-dessus du paysage glacé.
Cette peinture représente le dévouement des athlètes et des olympiens dans leur désir d’atteindre le but et le rêve d’une vie quotidienne faite d’efforts pour devenir le meilleur ou la meilleure dans le sport choisi, cela tout en s’engageant pleinement à servir les valeurs fondamentales du Mouvement olympique et cette recherche de l’excellence, de l’amitié et du respect de soi comme des autres, tout au long de leur parcours olympique.
Le troisième volet, sur la droite, montre un soleil rayonnant, qui apporte la chaleur, la compassion, le sentiment d’appartenance, ainsi que la reconnaissance de l’engagement des olympiens dans leur quête de l’excellence. Il symbolise aussi toute l’équipe et la communauté qui soutiennent l’athlète olympien au cours de sa carrière sportive.
© 2021 - Neil Eckersley
Neil Eckersley OLY a représenté la Grande-Bretagne en judo lors des Jeux Olympiques de Los Angeles 1984 et de Séoul 1988. C’est lors des Jeux de Los Angeles qu’il a remporté la médaille de bronze dans la catégorie extra-léger (– 60 kg).
Après s’être adonné à la peinture à titre de thérapie pour surmonter la perte tragique de son frère aîné, Neil pratique désormais la peinture en tant qu’artiste professionnel depuis 15 ans. Il considère également la peinture comme un moyen de l’emporter sur ses problèmes de dyslexie, car cela lui permet de s’exprimer ouvertement et de manière créative, sans recourir à l’usage des mots.
Son travail artistique numérique est rempli de vie, d’émotions, et son art est très clairement influencé par les environnements qui l’ont entouré en Norvège, où il a vécu durant huit ans. Il vit maintenant à Lancaster, au Royaume-Uni, où il possède et gère son propre studio artistique. Il travaille également en qualité de professeur de judo, afin de rendre à son sport tout ce que celui-ci lui a apporté. Pour plus d’informations, veuillez consulter : www.olyart.no.
Séance de questions-réponses avec l’artiste
Pour moi, c’est un rêve devenu réalité. J’étais un enfant dyslexique qui vadrouillait dans les rues de Salford, au nord de Manchester, et mon rêve était de représenter mon pays aux Jeux Olympiques. Par chance, j’avais vu Neil Adams remporter une médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Moscou 1980, ce qui a été le grand tournant de ma vie. Je me rappelle avoir dit à mon père, l’un de mes plus grands supporters, que j’irais aux prochains Jeux Olympiques. Comme toujours, la réponse de mon père a été : ‘‘C’est formidable Neil, alors comment vas-tu t’y prendre ?’’. Heureusement, avec beaucoup de détermination et de travail, je suis parvenu à atteindre cet objectif en participant aux Jeux de Los Angeles 1984, où j’ai gagné une médaille de bronze. Ensuite, j’ai également pris part aux Jeux Olympiques de Séoul 1988, pour lesquels j’ai eu l’honneur d’être le capitaine de l’équipe.
Elles sont tout pour moi. Ce sont mes principes de conduite chaque fois que je prends une décision, que ce soit en tant qu’entraîneur ou en tant qu’artiste. Je me réfère aussi en particulier à ces valeurs lorsque je traverse des moments difficiles dans la vie. Les valeurs olympiques ont toujours été une source de réconfort et de soutien. Étant un olympien, je suis toujours guidé par ces principes et ces valeurs que j’applique au quotidien. Je pense que c’est une obligation pour moi de servir d’exemple pour les autres.
Bien que je ne sois pas très religieux, je ressens les Jeux comme étant spirituels. J’explique aux gens que les Jeux sont bien plus qu’une manifestation sportive. Ils réunissent l’humanité tout entière, afin de célébrer la participation et l’accomplissement.
Vis le moment présent, maîtrise ce qui est maîtrisable et continue de “Tenter d’accomplir de grandes choses”.
À mes yeux, l’approche est fondamentalement la même. En tant que judoka, j’avais la réputation d’être ouvert, d’avoir une grande liberté de pensée et d’être créatif. Mais je n’en étais pas moins très discipliné, professionnel et entièrement axé sur ma volonté de devenir aussi bon que je pouvais l’être. Ensuite, j’ai appliqué les mêmes principes et adopté le même état d’esprit dans ma carrière d’artiste au niveau international.
C’est un grand honneur pour moi de faire partie de ce remarquable projet et j’ai vraiment le sentiment d’avoir une nouvelle occasion de représenter mon sport, mon pays et tous les olympiens, sur la scène olympique. Comme toujours, ce qui compte à mes yeux n’est pas la destination, mais le voyage.