1925 : Henri de Baillet-Latour,
troisième président du CIO
Le comte Henri de Baillet-Latour succéda à Pierre de Coubertin, devenant ainsi le troisième président du Comité International Olympique.
Il correspondait bien à l’image du club de gentlemen que Coubertin se faisait du CIO, et il fut élu membre du CIO en 1903. Sa première participation significative aux affaires olympiques survint en 1905, lorsqu’il contribua à l’organisation du 3e Congrès olympique à Bruxelles. Peu après, il organisa la participation de la Belgique aux Jeux de 1908 à Londres et aux Jeux de 1912 à Stockholm.
Du fait du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, les Jeux Olympiques ne purent se tenir en 1916 à Berlin comme prévu. La population belge endura de terribles souffrances pendant la guerre, le pays ayant été le théâtre d’une grande partie des combats. Avant la guerre, la Belgique avait formulé des demandes concernant la possibilité d’organiser une édition des Jeux Olympiques. En 1919, en considération des souffrances infligées au pays pendant la guerre, l’organisation de l’édition des Jeux Olympiques de 1920 fut attribuée à la ville d’Anvers, en Belgique. Avec seulement un an de préparation et un pays largement appauvri et affamé par les privations dues à la guerre, les Jeux Olympiques de 1920 furent austères, mais se sont révélés être un succès grâce aux efforts du dirigeant du comité d’organisation, le comte de Baillet-Latour.
L’année suivante, en 1921, le comte de Baillet-Latour fut récompensé en étant désigné parmi les cinq membres de la commission exécutive du CIO nouvellement constituée. En 1923, il fut élu président du Comité National Olympique belge, poste qu’il occupera pendant 19 ans jusqu’à sa mort. Lors du Congrès olympique de 1925 à Prague, après deux tours de scrutin, le comte de Baillet-Latour fut élu président du CIO pour un mandat de huit ans, succédant ainsi à Pierre de Coubertin, qui avait décidé de prendre sa retraite.
Le premier problème auquel le comte de Baillet-Latour fut confronté a été la question des sports féminins aux Jeux Olympiques. En 1929, il proposa à la commission exécutive du CIO que les femmes ne puissent participer qu'aux sports « strictement féminins », à savoir le patinage artistique, la gymnastique, la natation et le tennis. Auparavant, les femmes avaient également participé aux Jeux en escrime et, en 1928, en athlétisme. Au Congrès olympique de 1930, le comte de Baillet-Latour proposa que les épreuves féminines d’athlétisme soient supprimées du programme des Jeux Olympiques de 1932. La Fédération internationale d’athlétisme amateur (IAAF) riposta en proposant un Congrès spécial organisé par elle-même et visant à voter la suppression de l'athlétisme masculin du programme olympique, ce qui mit fin aux tentatives de retrait des épreuves féminines d’athlétisme du programme.
En 1931, la décision fut prise d’attribuer les Jeux d’été de 1936 à Berlin et les Jeux d’hiver de 1936 à Garmisch-Partenkirchen.
En 1942, le comte de Baillet-Latour mourut d’un accident vasculaire cérébral à Bruxelles, en Belgique. La Charte olympique ne prévoyait aucune disposition en matière de succession présidentielle. Ce fut donc Sigfrid Edström, en tant que vice-président, qui prit sa suite en tant que président du CIO de facto.